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1er février 2024
Danemark : plus d'un maître de chien sur trois a donné des cannabinoïdes à son chien, presque jamais avec l'avis de son vétérinaire

« Bien qu'aucun produit cannabinoïde vétérinaire ne soit autorisé au Danemark, les propriétaires de chiens supplémentent leur animal avec des cannabinoïdes », constate une enquête en ligne dont les résultats ont été publiés fin janvier. Pour ses sauteurs, « cela confirme la nécessité de disposer de davantage de connaissances fondées sur des preuves dans le domaine de la thérapie vétérinaire par les cannabinoïdes ».
Le cannabis récréationnel n'est pas autorisé au Danemark, mais le cannabis médical l'est depuis 2018, et cette réglementation exclut explicitement la prescription vétérinaire. De fait, « il n'y a pas de médicaments vétérinaires à base de cannabis autorisés, ni aucun supplément ou additif alimentaire vétérinaires à base de cannabinoïdes qui soient enregistrés par » les autorités compétentes. « Par conséquent, il est illégal de vendre ou de prescrire des cannabinoïdes pour le traitement de patients vétérinaires », soulignent les auteurs. Qui complètent en signalant « de nombreuses mentions anecdotiques de tels usages chez les animaux de compagnie ». Pour tenter d'obtenir des données sur cette pratique des maîtres, ils se sont donc orientés vers une enquête anonyme.
L'enquête a été approuvée par le comité d'éthique de la faculté vétérinaire de Copenhague. Elle a été annoncée sur la page Facebook de l'hôpital universitaire petits animaux de la faculté, ainsi que relayée par des sociétés canines et d'éleveurs. Dès l'introduction, le motif de l'enquête et son caractère anonyme étaient précisés, ainsi que le nombre de questions (huit principales avec certains compléments en fonction des réponses aux questions principales) et la durée estimée pour le compléter. Les deux premières questions étaient sur la région de résidence et le poids du chien. La question suivante portait sur l'usage d'au moins un produit cannabinoïde sur leur animal. Si la réponse était affirmative, une série de questions suivait, tentant de cerner les produits utilisées, la voie d'administration, le motif, le mode d'achat, etc. Dans tous les cas, il était possible de fournir une réponse ouverte. Enfin, tous les participants, y compris ceux ayant répondu par la négative à la question sur les cannabinoïdes, étaient interrogés sur l'éventualité d'administration d'autres « remèdes d'herboristerie » à leur chien.
Le questionnaire en ligne a été ouvert de juillet à novembre 2019, et a fourni 2 002 réponses exploitables, alors que seules trois études antérieures du même type ont été publiées, toutes réalisée sen Amérique du nord et aucune ne portant sur plus de 1 070 répondants. Dans le cas présent, les réponses proviennent pour l'essentiel de deux grandes zones urbaines : celle de la capitale (52 % des répondants) et celle du Jutland central (17 %). Les auteurs ne proposent pas d'explication claire à cette observation. Plus du tiers (38 %) des répondants ont indiqué utiliser ou avoir utilisé au moins une fois un produit cannabinoïde pour leur chien. Les auteurs observent que c'est nettement moins qu'en Amérique du nord (> 75 % dans les enquêtes publiées) et attribuent cette différence au fait que ces produits sont moins connus au Danemark. Lorsqu'ils font un traitement statistique des réponses, les auteurs observent que le fait d'habiter dans la région de la capitale est significativement associé avec le fait de n'avoir jamais traité son animal avec un tel produit (risque de 31 % inférieur d'avoir traité son animal, p=0,04).
Parmi les répondants ayant utilisé de tels produits, 93 % indiquent qu'il s'agissait de gouttes d'huiles à base de cannabidiol (CBD). Les autres produits, aussi au CBD, cités étaient des crèmes ou des pommades, utilisées par 9 % des répondants, des capsules (4 %) ou des sprays (4 %), du CBD en poudre (1 %) ou d'autres produits du chanvre (5 %). Les réponses ouvertes évoquent même des « mixtures maison ». Seuls 4 % indiquent avoir utilisé des produits contenant du delta-9-tétrahydrocannabinol (THC, la substance psychoactive majeure du cannabis), et un répondant précise avoir administré « de la marijuana mélangée à l'aliment ». Parmi l'ensemble de ces répondants, 15 % déclarent avoir administré plusieurs de ces produits à leur animal ; dans la majorité des cas ils ne déclarent avoir testé que deux formulations différentes (trois répondants indiquent en avoir testé quatre). Dans la grande majorité des cas, l'achat du produit avait été fait en ligne (67 % des répondants). Suivent : à l'étranger (6 %), chez l'herboriste (3 %) ou sur un marché (2 %). Les auteurs relèvent que « aucune personne interrogée n'a indiqué avoir utilisé un produit de médicine humaine acheté en pharmacie ». En revanche, 20 répondants indiquent dans le texte libre s'être procuré leur produit auprès d'un vétérinaire, ce que les auteurs estiment « surprenant » puisque c'est « illégal ». Dans ces cas il s'agissait surtout d'une indication antalgique, de comportement ou d'un cancer.
Les deux « indications » le plus souvent avancées pour justifier ces administrations sont la douleur (39 % des répondants) et les troubles du comportement (15 %). Dans cette dernière catégorie, les mentions dominantes concernent l'anxiété et les phobies (tonnerre, feux d'artifice), loin devant démence, maladie discale, voire méningite ! Suivent l'allergie (12 %), juste devant « le bien-être et/ou le confort (10 %) ». Dans 7 % des cas, un cancer est mentionné, dans 5 % des d'un « contrôle des crises d'épilepsie » et dans 3 % des cas des « troubles dermatologiques ». Seuls 5 répondants évoquent des soins palliatifs. Interrogés sur l'effet observé, seuls 5 % des répondants indiquent qu'ils n'en ont pas vu. Près d'un sur deux (48 %) estiment avoir observé « un effet bon et très convaincant ». Il n'y a toutefois pas de différence significative de niveau de perception de l'effet selon les indications (p>0,05). Ce taux élevé de réponses favorable « pourrait être dû à un effet placebo ou à un biais de sélection, ou pourrait refléter un effet thérapeutique réel ou une amélioration de la qualité de vie des chiens traités ». D'autant que les produit n'étant pas autorisés, « leur étiquetage peut ne pas refléter leur composition », qui « n'est pas standardisée ».
Au bilan, l'enquête révèle que « les propriétaires d'animaux de compagnie demandent des informations sur les produits à base de cannabinoïdes et il est actuellement difficile pour les vétérinaires de fournir des informations fondées sur des preuves et des recommandations de dosage. Les propriétaires d'animaux de compagnie doivent, dans une large mesure, rechercher des informations et des recommandations sur des sites web commerciaux, auprès de leur famille, de leurs amis ou de sources anecdotiques, qui peuvent ne pas être factuelles ni impartiales ». Ces auteurs recommandent donc la mise en place « d'essais cliniques et d'essais d'augmentation de la dose plus importants, randomisés et contrôlés en double aveugle, en particulier dans les domaines des différents phénotypes de la douleur, de la modulation du comportement et de l'allergie ».
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