14 octobre 2026
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Primum non nocere. Les traitements médicamenteux ne sont pas dénués d'effets indésirables, dont le risque est pris en compte dans la démarche de prescription. Mais indépendamment de leur adéquation au cas, une réelle erreur de traitement peut survenir, et avoir des conséquences dramatiques.
Ce sont ces erreurs qui ont fait l'objet d'une étude finlandaise, portant sur 87 cas ayant donné lieu à des plaintes. Publiés en libre accès dans Acta Veterinaria Scandinavica, les résultats détaillent leur nature et leurs circonstances.
Les plaintes en question étaient celles de propriétaires suspectant de mauvaises pratiques médicales de la part de leur vétérinaire. Elles avaient été déposées auprès des autorités compétentes : la Commission d'évaluation des dommages liés à la pratique vétérinaire (Assessment Board for Damages in Veterinary Practice, ABDVP), placée sous l'autorité de l'Agence finlandaise de sécurité alimentaire. L'ABDVP évalue les actes vétérinaires réalisés (traitements ou autres interventions liées aux soins) et émet un avis sur l'existence ou non d'une erreur médicale de la part du praticien, ainsi que son lien de cause à effet avec les troubles rapportés chez l'animal.
Sur la période 2014-2023, 250 réclamations ont ainsi été recensées. Et parmi elles, 87 comprenaient une erreur de traitement, soit 34,8 %.
Ces « cas » pouvaient associer plusieurs incidents relatifs à des traitements : l'administration d'un médicament à une trop forte dose et par une mauvaise voie représente 2 erreurs distinctes, par exemple. L'analyse porte donc au total ici sur 148 « erreurs » médicales.
Rendre trop vite l'animal anesthésié à ses propriétaires était inclus, considéré comme une erreur de suivi du traitement. L'administration d'un soluté intraveineux ou d'oxygène était incluse aussi, mais pas une transfusion de sang (qui n'est pas considéré comme un médicament sur le plan réglementaire).
La principale espèce concernée est le chien (57 cas soit 65,5 %), puis le cheval (12 cas soit 13,8 %), devant le chat (9 cas soit 10,3 %).
Lorsque précisé, il s'agissait d'un mâle à 56,3 %, d'une femelle à 40,2 %.
En large majorité, l'erreur était commise à la clinique ou l'hôpital vétérinaire (n=125, soit 84 %).
Mais cette proportion n'est pas étonnante : le propriétaire ne se plaint pas s'il a oublié de traiter.
Car en effet, c'est l'absence du traitement, pourtant prescrit, qui représente l'erreur la plus courante : 25 cas ici soit plus de 17 %.
Suivent le défaut de surveillance (13,5 % des cas), généralement d'un animal sédaté ou anesthésié et rendu prématurément, mais aussi un défaut de suivi du traitement donné à domicile par le propriétaire, puis un mauvais dosage ou une insuffisance de prise en compte des contre-indications (10,8 % chacun ; voir tableau en illustration principale).
Concrètement, l'erreur tient très souvent à la prescription elle-même, avec un dosage inapproprié ou un manque de clarté dans le protocole d'administration à respecter, notamment.
Les conséquences sont graves, avec un taux de mortalité de 21,8 % (19/87) et un taux d'effets indésirables sévères dans les mêmes proportions (21,8 % aussi) : lésions majeures, engageant éventuellement le pronostic vital, hospitalisation prolongée… Mais cette gravité n'est pas une surprise s'agissant de cas ayant motivé une plainte officielle.
Au total, 223 molécules étaient impliquées, appartenant aux familles suivantes :
Le méloxicam (15 cas) et l'amoxicilline-acide clavulanique (11 cas) sont les plus fréquents. Mais ce sont aussi des molécules très couramment utilisées en pratique vétérinaire.
Enfin, la voie orale domine (33 % des cas), devant les voies intraveineuse (25 %) et intramusculaire (11 %).
Pour les auteurs de l'étude, ces nouvelles données seront utiles aux réflexions sur la prévention de ces erreurs, et/ou la minimisation de leurs conséquences, en identifiant clairement le matériel comme les flacons et les seringues, en recourant à des check-lists (dans le cadre des anesthésies notamment), en contrôlant davantage l'état de vigilance de l'animal avant sa sortie d'hospitalisation, en expliquant précisément les protocoles de traitement, en établissant davantage de recommandations de traitement, en améliorant le packaging des médicaments…
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