titre_lefil
Elanco & Proplan

8 janvier 2026

Chats FeLV+ : l'espérance de survie est très bonne pour les cas d'infection latente

par Agnès Faessel

Temps de lecture  4 min

D'après Beal et al., JFMS, 2025.
D'après Beal et al., JFMS, 2025.
 

C'est dans le contexte d'une forte proportion de chats positifs pour le FeLV dans les refuges, dans l'objectif de favoriser leur adoption, qu'une étude a été menée afin d'établir l'espérance de survie de ces animaux. En effet, les chats FIV+ sont plus facilement adoptés, en raison d'une longue phase asymptomatique (et d'un risque modéré de contamination des autres chats). Les individus FeLV+ sont pénalisés par leur supposée courte durée de survie, mais cette dernière varie fortement selon la charge virale dans le sang, d'après les résultats d'une étude à long terme, publiée en libre accès dans le JFMS.

Hors refuge, les résultats de cette étude sont intéressants aussi pour les chats de propriétaires nouvellement détectés comme infectés.

127 chats FeLV+, faiblement ou hautement positifs

Suite à des tests de dépistage systématiques effectués au recueil des chats dans un refuge texan (APA! Animal shelter), 127 cas positifs pour le FeLV ont été inclus sur une période d'un an. Les chats étaient âgés d'au moins 8 semaines et suffisamment sociables pour être manipulés.

Pendant 6 mois, des prises de sang mensuelles ont été réalisées et plusieurs tests FeLV ont été effectués : test antigénémique rapide (protéine p27) sur sang total, plasma et sérum, test Elisa quantitatif (protéine p27) et PCR quantitative (qPRC). Les résultats à l'inclusion ont permis de classer les chats en 3 catégories :

  • Hautement positifs (d'après l'Elisa quantitative et la qPCR), n=90 (71 % de l'effectif) ;
  • Faiblement positifs (d'après la qPCR ou l'Elisa quantitative), n=29 (23 %) ;
  • Non-virémiques (négatifs à l'Elisa quantitative et la qPCR), n=8 (6 %).

Ensuite, les chats ont été placés à l'adoption, suivant les procédures habituelles du refuge.

Suivi pendant 4 + 4 ans

Un suivi (téléphonique, postal ou par email) a été réalisé tous les 3 mois d'abord, pendant 4 ans après le début de l'étude, soit pendant 3 à 4 ans après le diagnostic. Et il a été prolongé d'un suivi équivalent, tous les 6 mois cette fois, pendant 4 nouvelles années, soit durant 7 à 8 ans au total après le diagnostic.

Il était demandé aux propriétaires si leur chat était toujours en vie et, le cas échéant, la date et la cause de sa mort.

Un premier bilan après 4 ans a permis de montrer que l'espérance de survie est meilleure chez les chats faiblement positifs (étude publiée en 2021 dans Viruses). La prolongation du suivi, objet de cette nouvelle publication, confirme largement cette différence.

Deux tiers de survivants chez les faiblement virémiques

À l'issue de l'étude, 73 % des chats étaient décédés (93/127) et 22 % toujours en vie (28/127) ; les 6 derniers ont été perdus ou perdus de vue.

La durée de survie médiane pour l'ensemble de la cohorte s'établit ainsi à 2,8 ans, ce qui est relativement court. Mais par catégorie, les différences sont très significatives (voir figure en illustration principale).

  • Parmi les hautement positifs, seuls 2 individus (2,2 %) étaient encore en vie à la fin de l'étude, ce qui permet d'établir une survie médiane de 1,4 ans. Toutefois, 29 % de ces chats ont survécu au moins 3 ans, et 14 % au moins 5 ans.
  • Parmi les faiblement positifs, 19 chats étaient survivants à la fin du suivi (65,6 %), interdisant le calcul de la durée de survie médiane ;
  • Parmi les non-virémiques, 7 étaient encore vivants (87,5 %), interdisant aussi ce calcul.

Les chats de l'étude étaient dépistés à leur arrivée en refuge, la date de leur infection n'est donc pas connue et ces durées de survie sont probablement sous-estimées.

La forme progressive de la maladie, qui évolue vers un état d'immunosuppression délétère, est associée à une intense réplication virale, et ainsi une charge virale élevée dans le sang. Inversement, les cas d'infection régressive ou focale sont caractérisés par une virémie faible ou absente. Ces nouveaux résultats sont donc cohérents avec l'évolution de la maladie, ainsi que les données d'études expérimentales antérieures sur la durée de survie des chats infectés.

Ces résultats montrent surtout que le pronostic de survie des chats non ou faiblement virémiques est excellent. D'où l'intérêt d'établir leur statut au diagnostic avec un test quantitatif.

Préférer un test rapide sur sang total

Le second objectif de l'étude était de déterminer les outils diagnostiques les plus adaptés à la détection et au classement des cas d'infection. Les résultats montrent que le test antigénémique rapide (Snap) est significativement plus sensible sur sang total que sur sérum ou plasma. Il est utilisé pour détecter les chats infectés.

Ensuite, la qPCR permet à elle seule de différencier les cas d'infection probablement progressive (charge virale élevée) des cas plus faiblement virémiques. En cas de résultat négatif à la qPCR, le test Elisa quantitatif permet de classer des cas faiblement virémiques supplémentaires.

La bonne stabilité des résultats des tests répétés chaque mois durant 6 mois (avant la mise à l'adoption) conforte la fiabilité de tests isolés, particulièrement dans les cas de virémie élevée. Lors de faible virémie, les résultats peuvent se négativer dans le temps, et il peut être utile de répéter le test chez un chat négatif à son arrivée. Inversement des faux-positifs au test rapide restent possibles.