7 janvier 2026
5 min
Bienvenue sur LeFil.vet
L'accès au site web nécessite d'être identifié.
Merci de saisir vos identifiants de connexion.
Indiquez votre email dans le champ ci-dessous.
Vous recevrez un email avec vos identifiants de connexion.
La personnalité du chat est un facteur susceptible d'affecter le résultat de l'évaluation de son niveau de douleur (voir LeFil du 4 août 2025). Une nouvelle étude, publiée dans le JFMS, montre que son stress également. Au point de détecter – à tort – la présence d'une douleur chez quasiment tous les chats inclus. L'état émotionnel négatif du chat stressé entraîne en effet des expressions, attitudes et/ou comportements confondables avec ceux de la manifestation d'une douleur.
Les 17 chats inclus dans cette étude prospective appartenaient au personnel vétérinaire de l'hôpital vétérinaire universitaire de Hanovre en Allemagne, où se sont déroulés les examens cliniques.
Chaque chat a été évalué à domicile par son propriétaire, son score de douleur de base (score D pour domicile) étant ainsi établi avec la grille de Glasgow (feline Glasgow Composite Measured Pain Scale, CMPS-f). Cette grille est un outil validé de mesure de la douleur aiguë du chat, disponible en plusieurs langues ; elle est ainsi largement employée en pratique vétérinaire.
Les chats étaient âgés d'au moins 6 mois et sans maladie douloureuse connue. Les individus très anxieux (devant être tranquillisés ou sédatés pour leur transport ou leur examen) étaient exclus.
Le score D était mesuré le jour ou la veille du bilan de santé annuel du chat, à un moment où il était particulièrement relaxé.
Ensuite, chaque chat a été réévalué à deux reprises :
Ces évaluations ont été réalisées par le propriétaire à nouveau, ainsi que par l'un des deux vétérinaires-chercheurs impliqués. L'établissement avait déjà été fréquenté par les chats de l'étude et seul le propriétaire interagissait avec son chat en C1. L'établissement respecte par ailleurs les techniques d'accueil et d'examen cat-friendly.
À l'exception de 4 individus, ces chats étaient sociables.
L'examen clinique n'a détecté aucune nouvelle maladie dans tous les cas, confirmant ainsi la bonne santé des chats et l'absence d'affection douloureuse. Seuls deux chats présentaient des scores de 5 et 6 initialement, non retrouvés en C1.
Aucune différence significative n'a été notée entre les scores mesurés par les propriétaires et les chercheurs, en C1 comme en C2. La corrélation entre leurs évaluations était modérée en C1 et forte en C2 ; elle était globalement modérée, ce qui conforte la bonne qualité de la grille.
Toutefois, une augmentation des scores moyens a été observée en C1 puis en C2 par comparaison aux scores D (voir figure en illustration principale). La différence était significative entre D et C2 (augmentation moyenne des scores de 5,8) et entre C1 et C2 (augmentation moyenne de 4,1) ; elle l'était pour les propriétaires comme pour les chercheurs.
Ces résultats montrent ainsi qu'une expérience stressante suffit à augmenter les scores de douleur chez des chats non-algiques.
Les conséquences de cet effet du stress sont le risque de l'obtention d'un score anormalement au-dessus du seuil d'intervention de 5/20, lequel est censé motiver l'administration d'analgésiques. Elles entraînent donc un risque de surmédicalisation, et ainsi d'effets indésirables.
Ici, à C2, au moins l'un des deux évaluateurs a calculé un score de 5 ou plus à 16 chats sur les 17. Les auteurs soulignent que bien que la ponction veineuse soit un acte douloureux, la douleur engendrée demeure légère et non persistante, ne suffisant probablement pas, à elle seule, à justifier les scores de douleur aiguë observés. En outre, dès C1, 7 chats étaient notés au-dessus de ce seuil de douleur à traiter.
Chez l'homme, la superposition entre stress et douleur est bien connue : les mêmes voies neurologiques et régions du cerveau (le système limbique en particulier) sont impliquées dans la régulation de chacune. Cela conforte l'hypothèse que le stress et l'anxiété des chats de l'étude sont à l'origine de l'élévation artéfactuelle de leurs scores de douleur.
La grille CMPS-f a été conçue pour évaluer la douleur aiguë, particulièrement la douleur postopératoire. Et les auteurs rappellent alors l'importance d'interpréter le résultat de toute évaluation en considérant le contexte médical : la ou les affections sous-jacentes, la chirurgie effectuée, etc. L'objectif est d'éviter les faux-positifs et les traitements antalgiques inappropriés. Stress et douleur peuvent également être concomitants ; et les auteurs proposent alors de parler de grille d'évaluation de l'inconfort plutôt de la douleur seule.
7 janvier 2026
5 min
5 janvier 2026
4 min
23 décembre 2025
5 min
22 décembre 2025
5 min
19 décembre 2025
5 min