9 janvier 2026
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Ce n'est réalisable qu'une fois, mais profiter de l'anesthésie de la stérilisation pour vacciner les chats ne semble pas altérer la réponse immunitaire. Pour la vaccination antirabique au moins.
Ce couplage est fréquent et bien pratique, notamment pour les chats peu coopératifs ou lors des campagnes de stérilisation des chats « libres ». Une étude française a donc permis de vérifier spécifiquement cette absence d'interférence ; car les anesthésiques ont des effets immunomodulateurs ayant pu amener à contre-indiquer ces pratiques. L'équipe de chercheurs, de l'École vétérinaire de Toulouse et l'Anses de Nancy, publie ses résultats en libre accès dans VetRecord.
Les 36 chattes incluses étaient âgées de 6 à 12 mois. Elles étaient en bonne santé – un prérequis pour toute vaccination. Elles appartenaient à des propriétaires et faisaient l'objet d'une stérilisation de convenance.
Elles n'avaient pas encore été vaccinées (contre la rage au moins) et ont été réparties en 2 groupes selon le moment de la vaccination :
Deux prises de sang ont été effectuées, au moment de la vaccination puis 1 mois plus tard.
Le protocole anesthésique (prémédication à la médétomidine et méthadone, induction au propofol puis maintenance à l'isoflurane) et analgésique (morphine et buprénorphine), comme le protocole de vaccination (vaccin inactivé et adjuvé contre la rage, sans autre valence associée), étaient identiques dans les 2 groupes. Et les titres en anticorps antirabiques avant vaccination étaient identiques (chats séronégatifs).
La mesure des taux d'anticorps séroneutralisants un mois après la vaccination montre d'abord une bonne réponse à la vaccination : tous les chats ont séroconverti, avec un taux dépassant le seuil minimal protecteur reconnu par l'OMSA et l'OMS (0,5 UI/ml).
Elle montre surtout l'absence de différence entre les deux groupes (voir figure ci-dessous).
Réponse humorale à la vaccination antirabique

Taux d'anticorps séroneutralisants 1 mois après vaccination dans les deux groupes de chattes.
D'après Bessière et al. VetRecord, 2025.
Dans le groupe 1 (chattes anesthésiées), les taux individuels vont de 1,95 à 70,63 UI/ml ; dans le groupe 2, ils s'étalent de 10,21 à 53,58 UI/ml, sans différence significative. Les taux sont inférieurs de 20 % chez les chattes vaccinées durant l'anesthésie, mais sans que l'écart ne soit significatif sur le plan statistique. Et les auteurs soulignent qu'ils sont très au-dessus du seuil protecteur, et qu'une faible réduction comme ici est sans conséquence clinique.
Les conclusions de ces résultats sont que ni l'anesthésie, ni la stérilisation chirurgicale, n'ont affecté la réponse humorale à la vaccination antirabique de ces chattes. Combiner les deux actes est donc possible, et particulièrement intéressant pour des chats stressés, agressifs, ou dans le cadre de campagnes de capture-stérilisation-relâchage des chats « libres ».
La valence rage a été choisie car il est facile de recruter des individus séronégatifs en France. Vérifier la réponse vaccinale pour des valences correspondant à des maladies endémiques, comme le coryza, la leucose féline ou la panleucopénie, serait plus complexe. De même, il serait utile de compléter ces observations en étudiant des populations plus disparates (l'âge, le sexe, la race et le poids du chat sont susceptibles d'influencer la réponse vaccinale), et divers types de vaccins. Les vaccins vivants atténués, toutefois, stimulent le système immunitaire par la réplication du virus vaccinal, et l'anesthésie (momentanée) ne devrait pas altérer la réponse, d'après les auteurs de l'étude. Des interventions longues, ou certains agents anesthésiques comme la kétamine, qui inhibe les cytokines pro-inflammatoires, pourraient en revanche altérer l'effet de la vaccination. Ici, le dosage de marqueurs sanguins de la réponse inflammatoire (interleukine-6, facteur TNF-alpha, interféron-gamma et cytokine CXC-10) dans le groupe 1, à la fin de l'anesthésie puis après 1 mois, n'a pas détecté d'effet délétère de l'anesthésie.
Selon les auteurs, il reste néanmoins préférable, lorsque possible, de dissocier les deux actes, pour prévenir complètement toute interaction, mais aussi pour éviter l'éventualité que des effets indésirables de la vaccination perturbent le réveil du chat.
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