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2 juillet 2024
La résistance aux composés azolés des souches animales d'Aspergillus fumigatus n'est pas négligeable
Marsouin commun, chiens et chats hébergent aussi souvent une souche d'Aspergillus fumigatus résistante aux composés azolés. Si l'infection par ce champignon opportuniste n'est pas fréquente, la résistance n'est pas anecdotique non plus, indique une étude rétrospective réalisée par des microbiologistes de la faculté vétérinaire d'Utrecht (Pays-Bas) et de la Wageningen Bioveterinary Research.
Les composés azolés bloquent la synthèse de l'ergostérol, composant important de la membrane cellulaire fongique, inhibant la croissance de ces champignons. Les premières descriptions de résistance aux azolés chez A. fumigatus remontent à 1998, sur des souches d'origine humaine. En Europe, la prévalence de la résistance est autour de 3 %, et pour les Pays-Bas, ce chiffre varie selon les études publiées entre 0,8 et 14,7 % des souches analysées, mais « avec une tendance nette à l'augmentation de prévalence ». Et les deux tiers des patients porteurs de souche azolés-résistantes n'avaient jamais été traités avec ces molécules. L'hypothèse jugée plausible est l'utilisation des composés azolés en agriculture (traitements fongicides des céréales), qui exercerait une pression de sélection sur les souches d'A. fumigatus présentes dans l'environnement, en faveur de sous-populations résistantes pouvant coloniser l'humain.
En médecine vétérinaire, des cas de résistance ont été signalés en aviculture, où l'aspergillose produit une infection des sacs aériens difficile à traiter (poulet, dinde), mais le sujet n'a pas été exploré de manière approfondie, ni sur un plus grand nombre d'espèces hôtes. C'est ce qu'ont fait ces auteurs en reprenant les souches isolées entre janvier 2015 et octobre 2020 au laboratoire de diagnostic microbiologique de la faculté vétérinaire. Ce laboratoire reçoit des prélèvements envoyés par des praticiens généralistes, mais aussi par le service d'anatomopathologie de la faculté, et par le centre national de soins à la faune sauvage. Dans les deux derniers cas, les prélèvements ont été réalisés lors d'autopsies.
Au total, ce sont 142 souches qui ont été décongelées et testées pour la résistance à l'itraconazole, au voriconazole et au posaconazole. Les auteurs ont aussi déterminé la CMI de ces souches vis-à-vis des mêmes composés, mais aussi de l'amphotéricine B et du miconazole. Une souche était considérée résistante aux composés azolés si elle était résistante à au moins l'une de ces molécules. Les souches provenaient d'animaux de compagnie (28 de chats, 75 de chiens et 16 chevaux), d'animaux « captifs » (2 de vaches et 1 de gazelle) et de faune sauvage (13 d'oiseaux, de 8 espèces différentes allant du cygne au cormoran, 6 de marsouins et 1 de lièvre). Au total, 16 souches résistantes ont été identifiées : 6 des souches félines (21 %), 6 des souches canines (8 %), 2 des souches aviaires (15 %) et 2 des souches de marsouins (33 %). Il n'y a pas de différence significative au plan statistique entre ces nombres. Toutefois, les 16 isolats résistants proviennent soit de l'appareil respiratoire (n=9), soit du conduit auditif externe (n=7) d'un animal.
Pour l'ensemble de ces souches, le même support génétique de la résistance a été identifié (mais avec des mutations ponctuelles pouvant différer). Toutefois, 15/16 étaient résistantes aux trois composés azolés testés initialement. Seule une souche féline présente une résistance au voriconazole et au posaconazole, mais demeure sensible (in vitro) à l'itraconazole. Les auteurs n'identifient pas de tendance à l'augmentation régulière de la prévalence de ces souches résistantes avec le temps, mais leur nombre est trop limité pour pouvoir en tirer une conclusion statistique. Enfin, l'historique de traitement des animaux de compagnie/captifs n'apparaît pas associé à une présence plus fréquente de souche résistante. Ce qui, avec la nette dispersion géographique de ces souches, « indique une voie environnementale de développement de la résistance », à l'image de ce qui est envisagé en médecine humaine.
Au bilan ces 11,3 % de résistance sont cohérents avec la prévalence fournie par le dispositif de surveillance en humaine, dont les méthodes de culture ont été utilisées pour cette étude. Ils pourraient toutefois être surestimés, puisqu'en général les animaux prélevés sont surtout ceux à infection sévère et/ou en échec thérapeutique. Les auteurs estiment néanmoins que les isolats vétérinaires devraient être intégrés à la surveillance active d'A. fumigatus en humaine. Ils recommandent aussi aux praticiens de « considérer la résistance aux azolés comme une raison d'échec thérapeutique dans le traitement de l'aspergillose et envisager des tests de résistance sur les isolats concernés ». En conséquence, « les laboratoires de diagnostic devraient envisager de proposer un dépistage de la résistance aux azolés des isolats d'A. fumigatus ».
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