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14 janvier 2026
Métronidazole chez le chien et le chat : un usage encore largement contraire aux recommandations

Le métronidazole reste l'un des antimicrobiens les plus couramment utilisés en médecine des carnivores domestiques, en particulier dans les affections digestives. Au Royaume-Uni, des données antérieures indiquent que 28 à 70 % des chiens atteints de diarrhée reçoivent un antibiotique, le métronidazole étant choisi dans près d'un cas sur deux. Cette fréquence contraste avec les recommandations internationales actuelles, qui insistent sur le caractère exceptionnel de l'antibiothérapie dans la prise en charge des diarrhées aiguë et chronique non compliquée. Une étude rétrospective récente apporte un éclairage précis sur les raisons qui motivent encore l'utilisation du métronidazole en pratique, souvent en dehors de ses indications antimicrobiennes.
L'étude, publiée dans le Journal of Small Animal Practice, repose sur un questionnaire complété par 138 vétérinaires, principalement (à 80 %) en pratique généraliste au Royaume-Uni. Ces praticiens ont rapporté 332 cas traités par le métronidazole, sur une période d'un an, dont 285 chiens et 47 chats. Les indications les plus fréquentes étaient la diarrhée aiguë (47 % des cas), la diarrhée chronique (24 %) et la giardiose (11 %) (voir l'illustration principale). Ces indications figurent pourtant parmi celles pour lesquelles les lignes directrices de l'European Scientific Counsel Companion Animal Parasites (ESCCAP) déconseillent largement l'usage des antimicrobiens.
Le principal résultat de l'étude est que 42 % des prescriptions de métronidazole étaient réalisées exclusivement « pour des objectifs autres qu'antimicrobiens » (voir le graphique ci-dessous). Les vétérinaires invoquaient principalement des effets supposés anti-inflammatoires ou immunomodulateurs, malgré un niveau de preuve scientifique limité, estiment les auteurs. Cet usage était plus fréquent chez le chien que chez le chat, et concernait davantage des animaux plus âgés. À l'inverse, les vétérinaires exerçant en structure de référé étaient significativement moins enclins à ce type de prescription, suggérant une meilleure adhésion aux recommandations.
Proportion des affections pour lesquelles le métronidazole a été prescrit pour des raisons autres qu'antimicrobiennes (d'après Ng et coll., 2025).
Dans de nombreux cas, le métronidazole était prescrit sans antibiogramme préalable, en particulier lors de diarrhée aiguë. Dans cette indication, 75 % des chiens traités n'avaient fait l'objet d'aucun test visant à identifier une cause infectieuse. Si le rendement diagnostique peut être limité dans certaines situations, cette approche empirique va à l'encontre des recommandations qui, en première intention, préconisent une prise en charge symptomatique et nutritionnelle.
La giardiose illustre bien l'écart entre pratiques et recommandations. L'étude montre que le métronidazole est souvent utilisé comme traitement de seconde intention après un échec perçu du fenbendazole, alors que les recommandations actuelles, notamment celles de l'ESCCAP (2025), continuent de privilégier cette dernière molécule. Chez le chat, Giardia est fréquemment considérée comme commensale, ce qui interroge encore davantage sur la pertinence d'un traitement antimicrobien. Enfin, le métronidazole est associé à une altération du microbiote intestinal, susceptible de favoriser une dysbiose et la persistance des signes digestifs.
Outre les effets anti-inflammatoires supposés, les vétérinaires ont cité comme facteurs de décision : une suspicion d'infection anaérobie, la gravité clinique, une expérience positive antérieure dans 19 % des cas, ou encore les attentes des propriétaires (9 %). Cette combinaison d'arguments tend à positionner le métronidazole comme une option « polyvalente », renforçant son usage même lorsque les recommandations scientifiques ne le soutiennent pas.
Les auteurs soulignent que ces pratiques peuvent contribuer à la résistance aux antimicrobiens, mais aussi exposer les animaux à des effets indésirables, incluant une neurotoxicité parfois sévère, même à doses standards. Ils appellent à un usage raisonné des antibiotiques, intégrant les réalités de terrain et s'attaquant directement aux justifications invoquées pour l'usage non antimicrobien du métronidazole. La promotion d'alternatives non antibiotiques (probiotiques, prébiotiques, transplantation fécale) et la diffusion de recommandations récentes sur l'antibiothérapie raisonnée sont « essentielles », selon eux.
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