24 février 2026
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Le 3e baromètre annuel de la société Qualisocial vient d'être publié. Il est basé sur une enquête auprès de 3 000 salariés des secteurs public et privé (tous domaines confondus), âgés de 18 ans et plus, en France. Cet échantillon a été interrogé fin novembre 2025.
Ce baromètre permet de faire un état des lieux de la santé mentale des travailleurs, alors que cette problématique avait été décrétée « Grande cause nationale » en 2025 en France.
Les auteurs se sont aussi questionnés sur les facteurs à l'origine des évolutions constatées ainsi que sur les liens entre la santé mentale et l'engagement dans le travail.
La situation est toujours préoccupante, avec 22 % des travailleurs déclarant une santé mentale plutôt mauvaise ou très mauvaise, soit près de 1 sur 4.
Mais – bonne nouvelle –, la santé mentale des travailleurs s'est améliorée de manière significative en un an. En effet, la proportion de salariés considérant leur santé mentale comme plutôt bonne ou très bonne a gagné 4 points entre le baromètre 2025 (78 %) et celui de 2026 (74 %). Elle reste cependant encore loin des valeurs d'avant Covid, où ce taux atteignait 83 %.
Cette amélioration concerne globalement toutes les professions, en particulier dans les domaines de l'hébergement et la restauration, des médias et de la communication, ainsi que chez les professions de santé. Ces dernières gagnent 5 points en 1 an, ce qui est encourageant.
L'amélioration est significativement plus marquée chez les femmes, avec une progression de 5 points contre 2 points seulement chez les hommes. Attention, l'effectif en bonne santé reste cependant plus faible chez les femmes (74 %) que chez les hommes (80 %). L'évolution observée correspond donc probablement davantage à un phénomène de rattrapage.
L'augmentation est plus marquée par ailleurs chez les moins de 30 ans, ainsi que dans la tranche des 40 à 55 ans.
Enfin, la taille de l'entreprise est également une variable d'intérêt, avec une augmentation de 5 points dans les entreprises de moins de 10 salariés.
Une courte majorité (56 %) des salariés interrogés ont entendu parler de la Grande cause nationale, ce qui est plutôt un bon score étant donné que cette volonté de Michel Barnier a eu du mal à s'implanter concrètement dans le paysage politique, en raison des remaniements ministériels de 2025. Plus de 7 répondants sur 10 (71 %) considèrent qu'elle a permis de rendre ce sujet un peu moins tabou, et 61 % considèrent même qu'ils ont personnellement davantage de facilité à en parler au travail.
Cependant, ce label n'a pas eu d'effet significatif au sein des entreprises : 44 % des salariés ne sont toujours pas concernés par la mise en place d'au moins une mesure de prévention, et 35 % constatent l'implantation d'une ou deux mesures seulement. Les salariés témoignent tout de même que ces mesures de prévention, même incomplètes, ont eu un impact supérieur que l'année précédente.
Le facteur cité en premier (42 %) comme impactant négativement la santé mentale est la situation économique de la France. Viennent ensuite le manque de temps pour soi (40 %), les difficultés économiques personnelles (36 %), puis la montée des tensions au sein de leur entreprise (35 %) et les conditions de travail difficiles (33 %), c'est-à-dire la charge de travail, le manque de moyens et le manque de reconnaissance.
Au niveau des facteurs individuels, les principaux sont un équilibre émotionnel dégradé et une faible estime de soi, reliés à une probabilité accrue de santé mentale dégradée de 33 % et 31 %, respectivement.
La tendance favorable observée entre les baromètres 2026 et 2025 pour la santé mentale, et la poursuite des dispositifs mis en place, qui n'ont pas encore portés vraiment leurs fruits, permettent d'espérer un retour aux chiffres d'avant Covid d'ici 2030. Cette projection est réaliste sous réserve de continuer à s'impliquer dans cette part majeure de la bonne santé au sens large, et d'une stabilité de l'environnement global géopolitique et économique.
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