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Proplan

22 juin 2026

À partir de 8 ans, les chiens à premier corps étranger digestif ont un risque décuplé de découverte fortuite d'une pathologie abdominale

par Vincent Dedet

Temps de lecture  3 min

Les discussions préopératoires concernant les chiens âgés subissant une première intervention chirurgicale pour corps étranger doivent aborder la probabilité accrue de résultats anormaux en peropératoire, le besoin potentiel d'interventions chirurgicales supplémentaires et les risques liés aux procédures associées.
Les discussions préopératoires concernant les chiens âgés subissant une première intervention chirurgicale pour corps étranger doivent aborder la probabilité accrue de résultats anormaux en peropératoire, le besoin potentiel d'interventions chirurgicales supplémentaires et les risques liés aux procédures associées.
 

Bien sûr, la majorité des chiens avec corps étranger digestif sont des jeunes, qui avalent un peu de tout… Mais une équipe de chirurgiens d'un important hôpital vétérinaire du sud-ouest des États-Unis vient de montrer que se pencher aussi sur les chiens plus âgés peut être riche d'enseignements : sur les patients de plus de 8 ans, ils montrent qu'il faut se préparer avant l'intervention, à d'autres procédures chirurgicales que la seule extraction du corps étranger.

Deux hypothèses

Ils ont donc réalisé la première étude rétrospective visant à comparer les découvertes per-opératoires, réalisées fortuitement lors de l'intervention visant le retrait d'un corps étranger gastro-intestinal, selon l'âge des patients. Ils ont retenu comme seuil l'âge de 8 ans qui sépare les (jeunes) adultes (1-7 ans) des séniors (8 à 11,9 ans, les chiens de 12 ans et plus étant « gériatriques »). Deux hypothèses sont à la base de cette étude :

  • que « les chiens âgés de 8 ans ou plus au moment de l'intervention seraient significativement plus susceptibles de présenter des anomalies chirurgicales fortuites que ceux âgés de moins de 8 ans »,
  • et que « parmi les chiens âgés de 8 ans ou plus au moment de l'intervention, ceux pour qui il s'agissait d'une première extraction chirurgicale de corps étranger seraient significativement plus susceptibles de présenter de telles anomalies ».

Des pathologies chez plus de la moitié des “vieux” chiens

Ces auteurs ont donc extrait de la base patients de leur structure les dossiers de tous les chiens ayant subi, entre janvier 2023 et août 2025, une intervention liée au retrait d'un corps étranger gastro-intestinal. Les dossiers complets (localisation du corps étranger, paramètres sanguins préopératoires, découvertes peropératoires et mesures prises… étaient au nombre de 313. Lorsqu'ils les classent par âge, les trois quarts exactement avaient moins de 8 ans. Parmi ces jeunes animaux (moyenne à 3 ans et 2 mois d'âge), 7,6 % ont eu une biopsie intra-abdominale pendant l'intervention, ou une splénectomie, suite à la visualisation d'une lésion suspecte. Aucune des biopsies n'a fourni d'histologie confirmant une néoplasie. Et sur les 77 chiens de 8 ans et plus, 60 n'avaient jamais eu d'intervention préalable pour le même motif de corps étranger gastro-intestinal. Plus de la moitié (56,7 %) de ces 60 chiens ont donné lieu à l'identification d'une pathologie intra-abdominale supplémentaire au moment de l'intervention. Bien que les effectifs soient faibles, les auteurs n'identifient pas d'effet lié au sexe, à la race ni au poids.

Surtout des lésions hépatiques

Sur ces 60 chiens opérés pour la première fois pour un cors-étranger digestif, un peu moins des deux tiers (62 %) ont subi une gastrotomie, 23 % une entérotomie et 15 % les deux. Quel que soit le type d'intervention/la localisation, des pathologies fortuites ont pu être observées. Sur les 34 de ces chiens pour lesquels une pathologie fortuite a été observée, les dominantes étaient la biopsie de foie (7 cas), la lobectomie hépatique partielle ou totale (7 cas), la biopsie de foie avec splénectomie (5 cas) et la splénectomie seule (5 cas). Les auteurs n'ont pu retracer la plupart des résultats d'analyse des biopsies ou des pièces d'exérèse. Ils observent toutefois que l'anomalie la plus fréquente des analyses sanguines était une valeur ALT élevée, en cohérence avec les découvertes fortuites, majoritairement hépatiques.

Après 8 ans, risque x 16

Enfin, l'analyse statistique identifie une « association forte et significative [p<0,001] entre l'âge avancé et la probabilité accrue de nécessiter des examens diagnostiques peropératoires lors d'une chirurgie pour corps étranger. Plus précisément, les patients âgés de 8 ans et plus présentaient un risque 15,84 fois plus élevé de nécessiter des examens complémentaires pendant l'intervention ». Les deux hypothèses de départ étant validées, les auteurs retiennent donc qu'une « échographie abdominale devrait être envisagée chez les patients âgés présentant des signes d'obstruction gazeuse à la radiographie abdominale. C'est un outil sensible et précieux pour détecter les obstructions intestinales, ainsi que pour identifier les masses, les anomalies des organes abdominaux et d'autres signes secondaires pouvant influencer la décision du propriétaire en faveur d'une intervention chirurgicale ».