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Proplan

13 octobre 2026

L'hypoglycémie néonatale du chaton vigoureux et bien nourri, probablement physiologique

par Vincent Dedet

Temps de lecture  4 min

Une étude brésilienne a suivi 15 chatons sur leurs trois premiers jours de vie (6 mesures de glycémie par jour) et montre que l'hypoglycémie est fréquente, mais ne s'accompagne pas forcément de signes cliniques. N : naissance. Hypoglycémie : < 50 mg/dl. Hyperglycémie : > 154 mg/dl. D'après Dias Carneiro et coll., 2026.
Une étude brésilienne a suivi 15 chatons sur leurs trois premiers jours de vie (6 mesures de glycémie par jour) et montre que l'hypoglycémie est fréquente, mais ne s'accompagne pas forcément de signes cliniques. N : naissance. Hypoglycémie : < 50 mg/dl. Hyperglycémie : > 154 mg/dl. D'après Dias Carneiro et coll., 2026.
 

Le chaton disposant de réserves hépatiques limitées et d'un métabolisme immature, il n'est pas surprenant qu'il présente de faibles niveaux de glycémie en début de vie post-natale : en théorie ses réserves intrinsèques sont épuisées sur les 24 premières heures de vie. Pour autant, lorsqu'ils sont bien nourris par leur mère, ces nouveau-nés sont-ils en danger du fait d'une hypoglycémie prononcée ? Pour répondre à cette question, une équipe de cliniciens universitaires brésiliens a réalisé un suivi glycémique et clinique de 15 chatons (trois portées) sur leurs trois premiers jours de vie.

Chattes gestantes suivies

L'hypothèse des auteurs est que les chatons nouveau-nés « peuvent maintenir une stabilité vitale et des réflexes de succion adéquats malgré des taux de glycémie inférieurs aux seuils standard de la littérature, suggérant que les résultats de laboratoire doivent être interprétés au regard de la vitalité clinique immédiate ». Les trois chattes gestantes incluses dans l'étude visant à évaluer cette hypothèse ont subi un examen clinique et de nombreux examens complémentaires (y compris sanguins et échographiques) montrant qu'elles étaient en bonne santé et que leurs futurs chatons ne présentaient pas d'anomalie décelable. Leur suivi clinique a été réalisé sur la gestation, pendant la mise bas, évidemment sur le début de vie des chatons mais aussi sur les 2 mois suivant leur naissance. Tous les chatons inclus sont nés sans intervention humaine.

Six mesures et un score Apgar par jour

Pour limiter les biais potentiels sur la glycémie des chatons, ont été systématiquement et régulièrement « vérifiés la présence d'un comportement actif de recherche de la mamelle, d'une prise efficace de celle-ci et une succion soutenue, tout en surveillant en continu les signes de faim ou de détresse, tels que des vocalisations persistantes ou une agitation ». Si la mesure de glycémie d'un chaton montrait une hypoglycémie (< 50 mg/dl), l'animal était immédiatement retourné à sa mère et encouragé à téter. Le protocole prévoyait que s'il présentait en plus des signes de léthargie ou diminution du réflexe de succion, il recevrait une solution orale de 10 à 20 % de glucose, mais le cas ne s'est pas présenté. La mesure de glycémie était réalisée avec un glucomètre portable (ponction d'une goutte de sang aux coussinets), six fois par jour sur les trois premiers jours de vie en commençant une heure après la naissance (en ayant vérifié la prise colostrale) – voir l'illustration principale. Au total, chaque chaton a fait l'objet de 18 mesures de glycémie (a minima) sur ses 72 premières heures de vie. Lorsqu'une mesure était indicatrice d'hypo- ou d'hyperglycémie (> 154 mg/dl), elle était réalisée de nouveau et la moyenne des deux mesures était prise en compte. Outre ces mesures, chaque chaton était évalué quotidiennement pour son score Apgar.

C'est J2 qui est critique

Il n'y a eu qu'une mesure d'hyperglycémie, survenue au cours du premier jour de vie d'un chaton. En revanche, le nombre de mesures indiquant une hypoglycémie :

  • À J1, « l'instabilité métabolique initiale était manifeste », avec une grande plage de variation (22–165 mg/dl) et 46 mesures d'hypoglycémie ;
  • « J2 s'est révélé être la période la plus critique, enregistrant la glycémie moyenne la plus basse (53,9 ± 16,5 mg/dl), une plage de variation plus restreinte (21–86 mg/dl) et la plus forte concentration d'épisodes d'hypoglycémie, avec 54 épisodes recensés (soit 60 % de l'ensemble des événements) » ;
  • Sur J3, une « augmentation substantielle de la glycémie moyenne a été observée, (…), s'accompagnant d'une chute marquée du nombre d'épisodes d'hypoglycémie ».

Un seul chaton n'a présenté aucune mesure d'hypoglycémie sur les trois jours de l'étude – mais il était celui ayant fourni la mesure d'hyperglycémie dans l'heure suivant sa naissance (stress de la mise bas et de la manipulation ?). Pour autant, tous les chatons ont présenté un score Apgar >7, ainsi qu'une absence de signes d'hypoglycémie décelables, et les scores Apgar étaient stables sur les trois jours de l'étude, alors que certains chatons ont présenté des glycémies < 30 mg/dl. Le suivi des chatons sur leurs deux premiers mois de vie n'a révélé aucune anomalie clinique ni impact potentiel de cet essai.

Les auteurs préviennent que « malgré les publications associant l'hypoglycémie néonatale à des signes cliniques importants et même à la mortalité, ces résultats indiquent que des fluctuations glycémiques marquées, y compris des épisodes hypoglycémiques, peuvent survenir sans répercussions cliniques manifestes ». Tant que les chatons sont nourris par leur mère, cette « hypoglycémie néonatale de chatons sains et vigoureux est fréquente et ne nécessite pas de traitement, à condition qu'un apport adéquat en lait maternel soit maintenu ». L'étude confirme aussi que la régulation de la glycémie s'installe progressivement sur les premiers jours de vie.