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Proplan

7 octobre 2026

Le virus Shamonda européen, l'est de l'Autriche à l'Irlande

par Vincent Dedet

Temps de lecture  4 min

Départements de France hexagonale ayant détecté la présence du virus Shamonda-Europe par RT-PCR, selon les espèces concernées, au 5 octobte dernier. Le point pour le foyer équin correspond au centroïde du département. Plateforme ESA, 2026.
Départements de France hexagonale ayant détecté la présence du virus Shamonda-Europe par RT-PCR, selon les espèces concernées, au 5 octobte dernier. Le point pour le foyer équin correspond au centroïde du département. Plateforme ESA, 2026.
 

Les semaines passent et la dispersion géographique des deux types (1 et 2) du virus Shamonda Europe, identifié en même temps début août chez des bovins laitiers en France, Allemagne et Suisse, se poursuit. Dernier pays en date à l'avoir détecté : l'Irlande.

Annonce par un laboratoire diagnostique

En effet, le 2 octobre, un laboratoire privé de diagnostic vétérinaire irlandais a annoncé avoir détecté le virus Shamonda européen (ESV) « chez des bovins laitiers dans le sud du pays », selon la presse agricole en ligne. La vétérinaire responsable du laboratoire est citée indiquant qu'il s'agit de trois vaches provenant de deux exploitations. Le ministère de l'Agriculture irlandais a réagi le jour même, confirmant l'identification et indiquant qu'il « ne s'agit pas d'une maladie à déclaration obligatoire ». Il précise que les deux élevages infectés sont localisés dans le comté de Cork (sud du pays), et renvoie « les éleveurs de bovins et propriétaires de chevaux [vers] leur vétérinaire traitant ». Le type viral (ESV-1 ou ESV-2) n'est pas précisé.

A posteriori à Jersey

C'est le point le plus à l'ouest de l'Europe où le virus a été détecté à ce jour. Il n'est pas à date identifié en Grande-Bretagne. Toutefois, le 24 septembre, les services vétérinaires britanniques (APHA) ont annoncé a posteriori avoir « a détecté le virus Shamonda chez des bovins à Jersey présentant des signes cliniques compatibles avec ceux observés ailleurs en Europe. Cela confirme la présence du virus dans les îles Britanniques et à proximité immédiate de la Grande-Bretagne, soulignant ainsi le risque d'une propagation accrue dans le nord-ouest de l'Europe », comme le montrent aussi les cas irlandais.

Plus au sud aussi

En Italie et en Espagne, la présence du virus a également été identifiée plus au sud. En Espagne, la détection a elle aussi d'abord été annoncée par un laboratoire de diagnostic vétérinaire. Elle concerne le centre du pays (4 foyers à Tolède) et le sud (3 à Cordoue), en élevages laitiers. Le ministère espagnol de l'Agriculture a indiqué le 5 octobre que son LNR « a confirmé la détection du virus Shamonda (types 1 et 2) dans des élevages de bovins distincts », sans préciser desquels il s'agit. En Italie, fin septembre, c'est la presse locale en ligne qui a indiqué que des cas ont été identifiés dans des élevages bovins et de buffles de la province de Salerne (Campanie, au sud-ouest de la botte). Bien que cela ne soit pas une surprise, ce sont les premiers cas d'ESV identifiés chez des buffles. Des cas sont régulièrement identifiés chez des bovins dans les autres pays déjà connus infectés : Allemagne, Suisse, Lichtenstein, Luxembourg, Autriche, Belgique et Pays-Bas.

Deux zones d'infection en France

Quant à la France hexagonale, les élevages laitiers de plus d'un département sur deux sont concernés à ce jour (49 sur 96), selon la plateforme d'épidémiosurveillance animale (ESA). Deux zones d'infection se font face : celle de l'est et du sud-est (hors pourtour méditerranéen), où l'ESV-1 circule et s'étend vers le sud-ouest (le dernier département en date est l'Ariège), et celle de l'ouest, où l'ESV-2 est présent (voir l'illustration principale). La plateforme ESA précise que les bovins trouvés infectés « présentaient tous des symptômes ». Deux élevages ovins ont aussi été confirmés infectés : l'un dans l'Oise et l'autre en Aveyron. Ils « se caractérisaient par des malformations congénitales. Les agneaux présentaient notamment une arthrogrypose et une brachygnathie. Le génome du virus a été détecté par PCR dans l'encéphale ». Les types des virus correspondants ne sont pas fournis.

Chevaux aussi… y compris lors de virémie

Enfin, la liste des pays où des cas ont été identifiés sur des chevaux présentant des signes neurologiques s'est elle aussi allongée sur les deux dernières semaines :

Dans aucun des deux cas, le type viral correspondant n'est précisé.