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12 octobre 2026
Animaux résidents en clinique vétérinaire : un impact positif sur le bien-être des salariés

Amener son animal de compagnie au travail est devenu une pratique courante, dont les bénéfices sont désormais documentés. Chez les propriétaires, différentes études mettent en évidence une réduction du stress perçu, une augmentation de l'engagement et de la satisfaction professionnels, et du bien-être général. Mais la présence de ces animaux impacte aussi la dynamique globale de l'entreprise. Divers travaux rapportent ainsi une amélioration des performances et du moral des salariés, une baisse du taux d'absentéisme, et un développement des interactions sociales.
Une chercheuse mexicaine s'est intéressée au cas particulier des animaux résidant de manière permanente dans les établissements vétérinaires. Dans un contexte de prévalence élevée des troubles de la santé mentale chez les professionnels du secteur (anxiété, dépression, idées suicidaires…), l'auteure a voulu comparer les niveaux de bonheur subjectif et de satisfaction compassionnelle des vétérinaires exerçant dans structures hébergeant des animaux de clinique, et les autres.
Si le bonheur désigne un état psychologique associant bien-être, joie et satisfaction, la satisfaction compassionnelle désigne spécifiquement le sentiment d'accomplissement découlant des efforts déployés pour aider les autres. Elle contribue au bonheur et à l'estime de soi, et agit comme un facteur de protection contre l'usure émotionnelle, fréquente parmi les professionnels de santé humaine et vétérinaire.
Pour cette étude, l'auteure a envoyé un questionnaire en ligne à ses connaissances professionnelles, puis l'a diffusé via des associations vétérinaires et les réseaux sociaux pour augmenter la taille de l'échantillon. Ce document visait à recueillir des informations relatives au vétérinaire répondant (âge, sexe, statut professionnel), à évaluer ses niveaux de bonheur subjectif et de satisfaction compassionnelle, à caractériser la présence d'animaux résidant sur son lieu de travail (nombre, espèce), et à qualifier leur relation (niveau d'implication dans les soins, perception de la présence de l'animal).
La satisfaction compassionnelle était évaluée via « l'échelle abrégée de qualité de vie professionnelle », qui combine les réponses à trois items, notées sur une échelle à 5 points, et additionnées pour obtenir un score total compris entre 3 et 15. Le bonheur était évalué via « l'échelle subjective du bonheur », composée de 4 items notés sur une échelle à 7 points, un score plus élevé indiquant un niveau de bonheur plus élevé.
L'échantillon étudié comprend finalement 354 vétérinaires mexicains, dont 156 hommes (44 %) et 198 femmes (56 %), d'un âge moyen de 40 ans. Près de 6 répondants sur 10 sont associés, et 4 sur 10 salariés. Seuls 18% des répondants ont déclaré travailler dans une clinique n'hébergeant aucun animal. Deux tiers des personnes interrogées ont signalé la présence d'un chien (67 % n = 236), et près de la moitié (48%, n= 170) la présence d'un chat. Deux tiers des répondants (68%, n = 194) ont déclaré en être le principal responsable.
Evalué sur une échelle de 1 à 10 (très élevé), le soutien émotionnel apporté par l'animal est estimé à 7,5 en moyenne. Un tiers des participants (29%) considèrent l'animal comme un membre de la famille, ou comme un soutien émotionnel (27,5%), 21% comme un animal de compagnie, 13% comme un collègue, 6 % comme un protecteur, et 3,5 % comme un fardeau.
D'un point de vue statistique, la présence d'un animal n'est pas associée à un niveau de bonheur plus élevé, sauf chez les vétérinaires désignés comme principal soignant. La satisfaction compassionnelle apparait significativement plus élevée dans les cliniques hébergeant un animal, en particulier s'il s'agit d'un chien, et que le vétérinaire en est le principal soignant.
Ces résultats corroborent ceux de précédentes études, selon lesquelles la présence d'un animal sur un lieu de travail constitue une source informelle de soutien émotionnel pour le personnel. Ils étayent également les conclusions scientifiques d'une étude menée en 2019, qui mettait en évidence une satisfaction compassionnelle moins élevée chez les vétérinaires que chez les ASV ou les bénévoles du secteur animalier. Plus que de sa présence, il semble que c'est de la qualité du lien tissé avec l'animal que l'humain tire des bénéfices : interactions tactiles et bienveillantes, non limitées à la prise en charge médicale ou chirurgicale. Toutefois, comme le souligne l'auteure, aucun lien de causalité ne peut être déduit de la présente étude. Il n'est ainsi pas exclu, que les vétérinaires affichant de plus hauts niveaux de bonheur ou de satisfaction compassionnelle soient plus enclins à accepter la présence d'un animal de clinique, ou à en assumer la responsabilité.
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