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22 septembre 2026
Réchauffement climatique et extension de la leishmaniose à L. infantum : toute la France serait conquise en 2100

Pour réaliser des projections de la zone d'enzootie de la leishmaniose à Leishmania infantum, une large équipe de scientifiques espagnols a utilisé la répartition et la biologie de ses deux principaux vecteurs européens : Phlebotomus perniciosus and P. perfiliewi. À partir des données moyennes de température diurne, leur modèle calcule le taux d'infection des vecteurs, et donc le risque de transmission à l'humain comme au chien (et potentiellement au chat). Ils ont combiné ce modèle à celui du réchauffement climatique pour un scénario extrême – choisi délibérément par les auteurs – de +5 à +8,5° C en 2100.
Pour cela, les auteurs commencent par établir une carte du risque actuel du risque d'infection des chiens par L. infantum en Europe. Sans surprise (voir la carte ci-dessous), celui-ci est surtout élevé sur le pourtour méditerranéen. Les zones correspondant à un risque élevé ne couvrent que 13,8 % de la superficie de l'Europe. Les mois les plus à risque de transmission sont – là aussi sans surprise – ceux de juillet et août. Et ils calculent qu'en juillet, sur le pourtour méditerranéen, 72 % des phlébotomes seraient infectés (donc aptes à transmettre la leishmaniose).
Risque annuel moyen d'infection de chiens par L. infantum en Europe actuellement. González-Mohino et coll., 2026.
Ce modèle permet d'évaluer l'évolution des zones où l'habitat sera favorable au vecteur et donc permettra la transmission du parasite. Et il est sans appel : la zone géographique couverte par le parasite va évoluer de +350 % d'ici à la fin du siècle (plus précisément de +347,9 %). Et il n'y a aucune zone où le niveau de risque recule (voir l'illustration principale). Plus précisément la totalité de la France sera concernée par la présence de L. infantum, « y compris les altitudes élevées ». Et – sans réelle surprise, l'extension se fera plus largement vers le nord-est de l'Europe (voir la carte ci-dessous), mais aussi sur les Balkans, la Roumanie et le plateau méridional de l'Espagne. Seuls les sommets de l'arc alpin resteront à risque faible de transmission… Ces évolutions sont en lien avec « l'augmentation des températures liée au changement climatique, [qui] pourrait étendre l'aire de répartition des vecteurs, favorisant ainsi l'émergence de la leishmaniose dans des zones auparavant exemptes de risque ».
Projection de la carte des risques potentiels liés à L. infantum en Europe pour 2100, selon un scénario de réchauffement climatique extrême. González-Mohino et coll., 2026.
Aspect original de leur travail : ces auteurs ont également pris en compte la saisonnalité de l'abondance des vecteurs, avec des données tous les deux mois (janvier, mars, mai, juillet, septembre, novembre). Ils observent que la transmission devrait rester « latente en hiver, confinée aux refuges côtiers méridionaux, mais elle s'étendra en latitude au printemps et en été, couvrant la majeure partie de l'Europe centrale avant de se rétracter à l'automne ». Les seules zones où le risque ne devrait pas changer sont celles où la leishmaniose est déjà enzootique.
Les auteurs espèrent que ces résultats seront pris en compte par « les vétérinaires et les autorités sanitaires, car ils fournissent un outil précis permettant de déterminer non seulement où, mais aussi quand appliquer des mesures préventives chez les chiens (…), optimisant ainsi la lutte contre les maladies dans le cadre d'une stratégie “Une seule santé” ».
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