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Elanco & Proplan

4 mars 2026

Crise d'hyperglycémie aiguë : l'hypothermie, l'azotémie et l'hyponatrémie dégradent le pronostic

par Agnès Faessel

Temps de lecture  3 min

 

Le syndrome (ou état) hyperglycémique hyperosmolaire (SHH) est réputé souvent fatal chez le chat. Il est associé à une forte déshydratation et à une hypokaliémie délétères. L'acidocétose diabétique (ACD) est une complication plus fréquente, caractérisée par des altérations métaboliques (acidose, cétonémie). Mais selon les résultats d'une étude rétrospective sur 100 cas, l'hyperosmolalité ne représente pas un critère pronostique significatif, rendant finalement peu utile la distinction de ces deux causes de crise hyperglycémiques, qui découlent initialement des mêmes mécanismes physiopathologiques, répondent aux mêmes traitements, et représentent toutes deux des urgences médicales.

Peu de différences démographiques ou cliniques

L'étude a été menée sur une période de 20 ans (2000-2020) à l'hôpital vétérinaire universitaire de St Paul dans le Minnesota (États-Unis). Un total de 29 cas de SHH a été recensé sur la période, et 71 cas d'ACD (sur 182) ont été sélectionnés à titre de comparaison.

Les chats étaient significativement plus âgés dans le groupe SHH : 14 ans en médiane contre 11 ans pour les cas d'ACD.

En revanche, le poids et l'embonpoint, la température corporelle (37,6 et 37,7 °C, respectivement) comme les fréquences cardiaque et respiratoire à l'examen clinique n'étaient pas différents.

Une majorité de chats du groupe ACD étaient diabétiques (diagnostic antérieur, 57,7 %), mais une minorité (33,8 %) présentaient des comorbidités. Les diabétiques étaient plus nombreux aussi dans le groupe SHH (72,4 %, différence non significative) mais 51,7 % présentaient des comorbidités (maladie rénale ou cardiaque notamment), ce qui est significativement plus élevé mais potentiellement lié à l'âge plus avancé de ces chats.

Des taux de survie similaires

Au total, 68 chats ont survécu, avec des taux de survie équivalents dans les deux groupes :

  • 49/71 lors d'ACD (soit 69 %),
  • et 19/29 dans les cas de SHH (soit 66 %), ce qui est bien supérieur aux taux rapportés précédemment dans l'espèce féline (plutôt aux environs d'un tiers), mais voisins de ceux rapportés chez le chien.

Les cas de décès étaient surtout par euthanasie en lien avec un mauvais pronostic (13/22 et 8/11), les autres sont généralement morts spontanément (9/22 et 1/11).

SHH : pas de facteurs pronostiques significatifs

Parmi la multitude de paramètres évalués, aucun ne s'est révélé significativement associé au risque de décès lors de SHH.

Dans les cas d'ACD, 5 paramètres sont prédicateurs d'une plus grande mortalité : une température corporelle anormalement basse, une azotémie, une hypercréatininémie, une forte augmentation de la glycémie, une hyperphosphatémie.

Les auteurs relèvent que la condition corporelle du chat, la présence de comorbidités et, surtout, l'administration d'insuline glargine en traitement du diabète, ce qui les étonne, ne sont pas des facteurs pronostiques ici. L'osmolalité, supérieure dans le groupe SHH, ne l'est pas non plus.

5 paramètres pronostiques finaux

Ils ont alors regroupé tous les chats, et 5 paramètres se révèlent ainsi significativement associés au risque de mortalité lors de crise d'hyperglycémie diabétique aiguë (voir tableau en illustration principale) :

  • Une hypothermie, ce qui est le cas dans nombre d'affections graves (traumatisme, sepsis, pancréatite…) ;
  • Une hyponatrémie ;
  • Une azotémie ;
  • Une hypercréatininémie ;
  • Une sévère hyperglycémie.

Ces anomalies méritent ainsi probablement d'être corrigées dans la prise en charge de ces chat, afin de réduire le risque de décès.