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15 janvier 2026
Le risque anesthésique est 2,3 fois plus élevé pour les races très brachycéphales par rapport aux autres chats


Il n'y a pas de sur-risque significatif de décès accidentel lors d'anesthésie générale pour les races félines modérément brachycéphales. Il y en a un significativement plus important pour les races présentant une conformation extrême : Persans, Exotic Shorthairs et Himalayans. C'est ce qui ressort de l'étude rétrospective de près de 15 000 anesthésies félines, publiée ce début janvier.
C'est une équipe internationale de cliniciens, épidémiologistes et anesthésiologistes qui a compilé les données de 198 établissements vétérinaires de grande taille, dans 21 pays et 4 continents. Ainsi, les données de 14 964 anesthésies générales ont été criblées, à la recherche de mortalité survenant pendant ou dans les 48 h suivant l'anesthésie générale. L'Espagne et la France étaient des contributeurs importants à cette cohorte (50,5 et 20,7 % de l'effectif, respectivement). Les décès attribuables à d'autres causes que l'anesthésie ont été exclus de l'analyse statistique : au final, 94 décès sont recensés comme étant liés à l'anesthésie, soit six pour mille anesthésies (0,63 %). Les auteurs notent que cela reste une valeur élevée par rapport à la médecine humaine, où « elles sont, dans les pays à haut revenu, de quelques douzaines par million d'interventions ».
Chez les chats, les facteurs de risque déjà connus d'un accident anesthésique sont une cachexie, une note élevée d'état général avant l'anesthésie (grille de l'American Society of Anesthesiologists, notant l'état de I à V selon la sévérité), et des facteurs spécifiques. Parmi les facteurs spécifiques, la brachycéphalie a un rôle significatif et démontré chez le chien (associée à un sur-risque d'accident anesthésique). Les rares études sur le sujet chez le chat ne conduisent qu'à une suspicion (faibles effectifs et pas de distinction des races entre elles). Du fait de l'inclusion des fichiers électroniques des patients, les auteurs disposaient cette fois de l'ensemble des données nécessaires. Pour les races, les auteurs distinguent :
Les auteurs retrouvent le facteur de risque connu d'état général pré-intervention : la proportion d'accidents fatals passe de 0,07 % (note I) à 0,25 % (note II), à 0,92 % (note III), puis à 7,01 % (note IV) et à 33,3 % (note V). Les causes respiratoires de décès sont plus fréquentes avec le caractère brachycéphale : elles sont de 30 % des décès chez les chats non brachycéphales, 43 % chez ceux modérément brachycéphales et 62 % chez les brachycéphales extrêmes. Les causes cardiovasculaires sont équivalentes pour toutes ces catégories. Le persan était la seule race “extrême” à figurer parmi les 15 races les plus représentées dans la cohorte (42 races en tout). Les décès lors d'anesthésie représentent 1,67 % dans cette race, contre aucun décès chez les Maine coon, British longhair, sphynx et Birman. Par rapport aux Européens, cette proportion est significativement plus élevée (p=0,02). En analyse multivariée (qui limite les biais entre variables), les persans ont un risque de décès lors d'anesthésie plus que doublé (x 2,2, intervalle de confiance à 95 % : 1,1 – 4,5 ; p=0,024) par rapport aux chats Européens. Et lorsqu'ils regroupent tous les sujets de races à conformation extrême, les auteurs obtiennent un résultat comparable : le sur-risque est de 2,33 (IC à 95 % : 1,2 – 4,6 ; p=0,016).
Pour ces races, les auteurs estiment que les praticiens « peuvent envisager des stratégies telles que de faire réaliser l'intubation par un professionnel expérimenté, de prévoir une solution d'urgence pour une voie aérienne difficile, un titrage prudent des sédatifs, un soutien ventilatoire et thermique proactif et une récupération prolongée et étroitement surveillée, pour atténuer la vulnérabilité liée à l'anatomie — qui n'est pas entièrement prise en compte par la classification ASA ». Ils rappellent que le facteur principal de mortalité anesthésique reste la note ASA, mais soulignent que « ces résultats sont précieux car ils aident les vétérinaires à communiquer plus clairement les risques aux propriétaires, à améliorer la planification et le suivi des chats à risque élevé [voire] à orienter les travaux futurs sur une anesthésie plus sûre pour les hypertypes ».
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