8 janvier 2026
4 min
Bienvenue sur LeFil.vet
L'accès au site web nécessite d'être identifié.
Merci de saisir vos identifiants de connexion.
Indiquez votre email dans le champ ci-dessous.
Vous recevrez un email avec vos identifiants de connexion.

Les blouses blanches sont souvent des niches à bactéries, surtout le fond des poches et le bord des manches. Au point qu'en 2008, les Britanniques ont adopté la doctrine « bras nus sous les coudes » (‘bare below the elbows'), bannissant manches longues et bijoux de poignet chez le personnel soignant. Toutefois, il n'y a pas d'interdiction comparable dans les hôpitaux américains, au motif que « cette stratégie de prévention des infections reste controversée car aucune étude n'a exploré en profondeur le lien entre le port de vêtements à manches longues et les infections nosocomiales ». Une équipe d'hygiénistes hospitaliers de Pittsburgh s'est donc intéressée aux vêtements du personnel soignant de leur établissement (900 lits) — en dehors des services d'urgence.
Les investigateurs ont obtenu l'accord de tous les services de leur hôpital (n=38) pour réaliser leur enquête : au sein de chaque service (ordre chronologique tiré au sort entre services), ils pouvaient prélever tous les professionnels observés comme ayant un contact avec un patient, s'ils portaient un vêtement à manches longues : infirmières, aides-soignantes, médecins, spécialistes, stagiaires, physiothérapeutes et ergothérapeutes, planificateurs de sortie… La nature du vêtement (blouse, chemise, veste…) et sa matière de confection étaient notées. La demande de consentement était réalisée oralement, et seules les personnes volontaires étaient prélevées. Elles répondaient aussi à un court questionnaire. Au total, 280 personnes ont été incluses dans l'étude, dont 43 % d'infirmières.
Pour le prélèvement, l'investigateur comme le professionnel se lavaient les mains et mettaient des gants stériles. Puis, la manche de la main dominante du participant était maintenue « en pinçant à la fois la surface intérieure et extérieure avec des mains gantées ; la partie externe et la plus distale de la manche était prélevée, à 5 cm du bord extérieur, de manière circonférentielle, tandis que l'écouvillon humidifié était tourné et frotté d'avant en arrière pendant au moins 5 secondes ». La même opération avec le même écouvillon était ensuite réalisée pour la manche de la main non dominante. Les écouvillons étaient ensuite mis en culture pour des bactéries aérobies au laboratoire de microbiologie du même hôpital. Les souches ont été identifiées et seuls les pathogènes potentiels ont fait l'objet d'un séquençage intégral de leur génome, pour rechercher s'il s'agissait des mêmes souches que celles isolées récemment de patients de l'hôpital.
Près d'un quart des participants (23,2 %) ont déclaré « toujours » pratiquer « les bras nus sous les coudes » pour les soins aux patients. Et plus du tiers (35,4 %) indiquaient le faire « souvent ». À la question du dernier lavage connu du vêtement à manches longues, la valeur médiane était de 3 jours. Et la durée médiane depuis la prise de service ce même jour était de 9,2 h (7,3 à 10,5 h)… Plus du tiers des vêtements prélevés étaient des chemises (37 %), devant des sweat-shirts ou polos à manches longues (29 %) ou des polaires (28 %), alors que les blouses blanches ne comptent que pour 3 % des prélèvements. Un vêtement prélevé sur 10 avait au moins un bord de manche visiblement sales.
La grande majorité des vêtements ont fourni une culture bactérienne positive (81 %), et 21 % ont mis en évidence la présence d'au moins un pathogène potentiel. Les autres bactéries (non pathogènes) étaient des bactéries commensales de la peau. Les personnes travaillant en soins intensifs avaient des manches significativement moins souvent positives en bactériologie (p=0,038). Lorsqu'ils comparent la nature des matériaux, les auteurs relèvent que « les polaires étaient plus fréquemment associées à la culture de plusieurs pathogènes (50 %) que d'autres types de vêtements comme les chemises à manches longues, les vestes de sport ou les blouses blanches (p=0,002). De même, la polaire elle-même était plus souvent contaminée par au moins un pathogène potentiel (41,4 %) que le coton ou d'autres types de tissus synthétiques (p = 0,004) ». Ils observent que les polaires sont moins souvent lavées (en moyenne le dernier lavage remontre à 16 jours) que les autres vêtements (moyenne < 8 jours), bien que la différence ne soit pas significative au plan statistique. Les auteurs rappellent que « les bactéries adhèrent plus facilement aux matériaux hydrophobes [que sont les polaires], favorisant la formation de biofilms associés à la surface et plus résistants à l'élimination par le lavage domestique standard ».
Parmi les pathogènes potentiels, l'analyse moléculaire n'en a pas identifié de similaires à ceux issus de patients hospitalisés. Ce qui, associé à la prédominance de bactéries non pathogènes, fait écrire aux auteurs que « les avantages théoriques de la stratégie “bras nus sous les coudes” pourraient être limités. Des essais d'application concrète de cette politique sont nécessaires, notamment pour évaluer d'autres impacts tels que l'évolution de la qualité et de l'observance de l'hygiène des mains ». En tout cas, ils soulignent qu'une telle stratégie ne devrait pas s'appliquer qu'au port des blouses dans un établissement de soins, mais à tous les vêtements à manches longues.
8 janvier 2026
4 min
7 janvier 2026
5 min
6 janvier 2026
4 min
5 janvier 2026
4 min
23 décembre 2025
5 min