4 mars 2026
3 min
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Après une semaine en place, les décorations d'ongles (stickers) deviennent vraiment un refuge important pour les bactéries. Telle est la conclusion d'une étude réalisée en situation d'exercice de la médecine vétérinaire. Il ne s'agit pas d'une réelle surprise : des travaux en milieu hospitalier humain avaient déjà obtenu un résultat comparable pour les faux ongles, mais c'est la première étude se focalisant sur les stickers utilisés pour la décoration des ongles.
Une étude antérieure avait montré, en milieu hospitalier vétérinaire, qu'une longueur d'ongles de plus de 2 mm favorisait une colonisation bactérienne capable de résister à un brossage soigneux. En humaine, l'OMS recommande au personnel soignant de maintenir une longueur d'ongles de moins de 5 mm. L'engouement récent pour les faux ongles a entraîné des études d'hygiène hospitalière ayant montré que, comme pour les ongles longs, ils abritent significativement plus de bactéries que les ongles courts. Toutefois, aucune étude (pas même en humaine) ne s'est intéressée aux décorations. Aussi, les auteurs, de la faculté vétérinaire de Calgary (Canada) ont-ils souhaité évaluer le niveau de contamination spécifique à ces “stickers” décoratifs (autocollants).
Ils ont donc recruté des volontaires (n=48) pour cette étude au sein des étudiants, cliniciens et personnel technique de leur faculté. Les seuls critères d'exclusion étaient l'allergie à la chlorhexidine et le fait de ne pas supporter de garder ces décorations ungéales pendant 7 jours. Chaque participant devait en premier lieu se laver les avant-bras et les mains, après avoir ôté tous les éventuels bijoux. Il devait ensuite se couper les 10 ongles à 2 mm au plus. Enfin, il devait se brosser les doigts conformément à une procédure rappelée par vidéo une semaine avant le début de l'essai (5 minutes, avec un minuteur et savon désinfectant) ; après le rinçage, les mains étaient tenues à la verticale pour le séchage. L'un des auteurs a assisté à l'ensemble de ces opérations, et a réalisé l'écouvillonnage de la surface des ongles d'une part, et le prélèvement sous l'ongle (avec un cure-dents) d'autre part (un doigt par main). Une semaine plus tard, chaque participant choisissait dans une même gamme de stickers (“gloss nail stickers”) ceux qu'il souhaitait porter, et les mettait en place. Plus du tiers ont choisi des stickers couvrant toute la surface des ongles, les autres des décors les couvrant partiellement. Puis un second brossage, suivi des prélèvements correspondants, était réalisé. Enfin, après une semaine de port des stickers, la même procédure était reproduite. Les prélèvements ont été mis en culture aérobie et les colonies identifiées en MALDI-TOF.
Le principal résultat est qu'après une semaine de port, les stickers hébergent significativement plus de bactéries qu'au moment de la pose, malgré un brossage soigneux (voir l'illustration principale). Le type de sticker n'a pas d'effet significatif sur la charge bactérienne à J14. Cette augmentation de la charge bactérienne est cohérente avec « la présence distincte de saletés sur les bords de la face interne des stickers, une fois retirés à J14 ». La composition de la flore bactérienne n'est pas modifiée sur l'ensemble de l'étude : 42 espèces ont été identifiées, dont 6 espèces de Bacillus (dont B. cereus), 4 espèces de Corynebacterium, 10 espèces de staphylocoques (dont S. aureus) et Enterococcus faecalis, Histophilus somni… Pour E. faecalis, il n'a été identifié qu'une fois, à J14. Pour S. epidermidis, la charge bactérienne était significativement supérieure à J14 par rapport à J7 (p<0,001). Le fait qu'il n'y a pas de différence pour la charge bactérienne totale entre J0 et J7 indique que d'autres facteurs que mécaniques favorisent l'accumulation des bactéries dans ces stickers. La nature de leur colle pourrait entrer en jeu. La présence de S. aureus comme d'E. faecalis, connus pour « provoquer des infections cutanées, urinaires et autres chez les animaux et les humains, suggère que le port de ces stickers pour ongles n'est peut-être pas idéal du point de vue de la prévention des infections ».
Pour les auteurs, « ces résultats pourraient avoir des bénéfices pour les patients, avec moins de complications postopératoires, et apporter un éclairage sur l'évolution des protocoles de contrôle des infections concernant les travailleurs et leur intérêt pour le port de décorations d'ongles ». Ils conseillent ainsi « d'éviter les astickers pour ongles lors des interventions chirurgicales. En attendant des recherches complémentaires, il est également recommandé de porter des gants lors de la manipulation de patients susceptibles de contracter des infections nosocomiales » lorsque la personne qui manipule ces animaux a des ongles décorés de stickers.
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