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11 mars 2022
Méningiomes canins : survie médiane de 13 mois après chirurgie ; pas d'effet mesurable des thérapies d'appoint

Les thérapies d'appoint n'améliorent pas de manière mesurable la durée de survie des chiens opérés d'un méningiome intracrânien. Telle est la conclusion d'une étude germanobritannique rétrospective de 101 cas, publiée début mars.
Les méningiomes représentent la tumeur cérébrale primaire la plus fréquente chez le chien ; sa résection a fait l'objet de différentes publications, mais « il manque de données sur un pronostic à long terme », y compris « en fonction de localisation de la tumeur et la voie pour sa résection, ainsi que l'intérêt des thérapies d'appoint ». Les auteurs ont donc inclus dans cette étude rétrospective 101 cas, opérés dans 4 centres britanniques de référence en oncologie (2 hôpitaux de facultés vétérinaires et deux centres privés) entre fin 2005 et fin 2019. Les dossiers médicaux de chaque animal ont été examinés, pour s'assurer du mode opératoire, mais aussi que l'histologie avait confirmé le diagnostic de méningiome après la résection. Ces chiens avaient un peu moins de 10 ans (118 mois en valeur médiane) au moment du diagnostic, et seuls 12 d'entre eux étaient croisés. Dans leur grande majorité (91 %), ces chiens avaient présenté des crises d'épilepsie avant de consulter, et dans un cas sur deux (49 %), l'examen neurologique à l'admission était anormal.
Pour tous les 101 cas, la localisation de la masse a été permise par IRM, avec un tiers des cas dans le lobe olfactif, un tiers des cas dans le lobe frontal, 10 % dans le lobe pariétal, 10 % dans le lobe frontal, 6 % dans le lobe occipital et autant dans le cervelet. Six pour cent des chiens sont morts des suites de l'intervention. En ne comptant que les sujets ayant survécu à l'hospitalisation et sans les 7 chiens perdus de vue lors du suivi, la durée médiane de survie était de 386 jours, avec 70 % de survivants à 6 mois, 55 % à un an et 24 % à 3 ans. Pour 18 % des chiens, la cause de la mort n'était pas connue ; la moitié des autres est décédé « d'une cause neurologique ». Lorsque la cause était neurologique, la durée médiane de survie était plus importante (421 jours).
Sur les 87 chiens avec un suivi à long terme renseigné, près de la moitié (49/87) ont subi une intervention par voie transfrontale, en lien logique avec la position antérieure du méningiome. Ils ont eu une durée médiane de survie de 184 jours. Pour un peu plus du tiers (32/87), la voie était rostro-tentoriale, et s'est soldée par une durée de survie médiane significativement plus longue (646 jours, p<0,05). Toutefois, comme de nombreux facteurs interviennent sur la survie des chiens, les auteurs n'écartent pas une erreur de type 1 avec un facteur de confusion non identifié, et restent prudents sur cette différence. D'ailleurs, les 5 sujets ayant eu une intervention par voie suboccipitale avaient une durée médiane encore plus élevée (989 jours), mais sans différence au plan statistique. Au bilan, les auteurs estiment que « la résection chirurgicale des méningiomes offre un excellent pronostic de sortie d'hospitalisation et de durée médiale de survie à long terme ».
Il n'y avait pas d'association entre le type histologique des méningiomes et la durée de survie. Pour un quart des chiens (26 %), il n'y a pas eu de thérapie d'appoint lors de l'opération. Un tiers a reçu une thérapie d'appoint (32 %) et près d'un tiers (31 %) deux thérapies d'appoint. Pour 10 % des chiens, il y a eu trois thérapies d'appoint mises en œuvre (et 4 pour 1 chien). Pour plus de la moitié (56 %) des chiens, il s'agissait de l'utilisation d'un aspirateur à ultrasons pendant l'intervention. Pour plus du tiers (41 %), il s'agissait de l'administration d'hydroxyurée en post-opératoire. Pour 22 % des chiens, il y a eu administration topique peropératoire de chimiothérapie ; 11 % des chiens ont eu une radiothérapie post-opératoire. Mais, « il n'y a pas eu de différence significative de durée de survie selon les différents groupes » de thérapie d'appoint (y compris celui des chiens n'en ayant pas reçu). En revanche, les chiens ayant reçu une chimiothérapie topique, seule ou avec d'autres thérapies d'appoint, avaient une durée de survie significativement plus courte que les autres thérapies (p<0,05). Ainsi, pour les auteurs, l'étude signale aussi la grande variété des protocoles de thérapie d'appoint qui sont appliqués – car les méningiomes canins sont notoirement plus invasifs que ceux des chats et des humains.
L'un des auteurs, Laurent Garosi, vétérinaire français exerçant outre-Manche, et spécialisé en neurologie, vient de se voir décerner par la BSAVA le « prix Bourgelat » du clinicien étranger, « en reconnaissance de contributions internationales véritablement exceptionnelles dans le domaine de la pratique des petits animaux ». Ce prix sera remis lors du congrès BSAVA de fin mars.
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