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5 mai 2026
Pays-Bas : l'autorité de la concurrence publie son rapport final sur le marché des soins vétérinaires

Après le Royaume-Uni, la France et la Suède, c'est au tour des Pays-Bas de voir leur secteur vétérinaire passé au crible. L'Autorité néerlandaise du consommateur et de la concurrence (Autoriteit consument & markt, ACM) vient de publier son rapport final sur le marché des soins aux animaux de compagnie, à l'issue de plusieurs années de travail, de la publication d'un rapport préliminaire fin 2025, et de la prise en compte de près d'une centaine de réactions des parties prenantes. Comme ailleurs en Europe, ce document s'inscrit dans le contexte des évolutions rapides du secteur : développement des chaînes de cliniques, diversification des offres de soins et augmentation du niveau technique des prises en charge. Si ces évolutions « permettent d'améliorer la qualité et l'espérance de vie des animaux, elles s'accompagnent également de préoccupations croissantes en matière de coûts et de pratiques », rappelle l'ACM. Elle établit ainsi un double constat : les propriétaires sont globalement satisfaits des soins prodigués, mais « le risque d'augmentation des prix et de traitements potentiellement excessifs s'est accru ».
Au cœur du rapport figure une préoccupation clé : mieux protéger les propriétaires d'animaux. L'ACM propose notamment d'interdire les incitations financières liées au chiffre d'affaires ou aux bénéfices pour les vétérinaires. Cette mesure « vise à garantir que les décisions thérapeutiques restent exclusivement guidées par l'intérêt de l'animal et de son propriétaire ». Elle s'inquiète en effet de l'impact potentiel de certaines pratiques, notamment dans les structures appartenant à des groupes, « sur l'autonomie décisionnelle des praticiens ». Dans la même logique, les dispositifs d'earn-out – prévoyant des compléments de rémunération pour le vétérinaire vendeur conditionnés à la performance financière après la cession d'une clinique – sont également scrutées : l'ACM recommande leur interdiction « lorsqu'elles sont susceptibles d'influencer la prise de décision clinique ».
Infographie résumant les principales recommandations de l'autorité néerlandaise de la concurrence pour le marché des soins vétérinaires. La première recommandation (A) comporte cinq volets. D'après ACM, 2026.
Le rapport propose par ailleurs le développement de standards professionnels pour les traitements les plus courants. Ces référentiels (non contraignants) devront être élaborés par la profession dans un délai de deux ans pour les actes les plus fréquents de première intention (castration, stérilisation…), et de cinq ans pour les « autres soins réalisés fréquemment ». Ces standards, orientés vers des soins « adéquats » plutôt que vers un idéal maximaliste (« gold standard »), laisseraient toutefois une marge d'adaptation en fonction de chaque situation clinique, à condition d'en informer le propriétaire.
Autre proposition notable : la création d'une instance de médiation pour les litiges de faible ampleur, afin d'améliorer la gestion des conflits entre praticiens et propriétaires. L'ACM appelle également à une meilleure information des détenteurs d'animaux, notamment dès l'acquisition. Elle insiste sur la nécessité de promouvoir une détention responsable, « en sensibilisant aux coûts potentiels des soins ». Une attention particulière devrait être portée aux ménages les plus modestes, plus vulnérables face à des dépenses imprévues. Parmi les propositions du rapport figurent une meilleure information et une sensibilisation ciblée auprès de ce groupe social, un soutien financier en cas de coûts exceptionnels et accidentels, soit par les communes, soit « par l'offre de soins de base proposée par les structures vétérinaires ».
La question de la continuité des soins, en particulier en dehors des horaires d'ouverture, constitue un autre axe majeur, selon le rapport. L'ACM préconise de renforcer l'organisation de la permanence des soins, notamment via des systèmes de garde coordonnés et la mise en place de registres permettant d'améliorer la lisibilité de l'offre. Deux scénarios sont envisagés : une structuration volontaire par la profession ou, à défaut, une intervention des pouvoirs publics pouvant aller jusqu'à des mesures de régulation, voire de soutien financier. Par ailleurs, l'autorité recommande de limiter la concentration du secteur dans les zones où l'offre est déjà restreinte, « en étendant son pouvoir de contrôle aux opérations de rachat de [structures de] petite taille ».
Parmi les autres recommandations, l'ACM met l'accent sur la transparence. Elle propose d'imposer aux structures vétérinaires de publier, dans un délai de deux ans, les tarifs des actes les plus courants — comme les consultations, vaccinations et opérations de convenance – à la fois sur leur site internet et en salle d'attente. Elle encourage le groupe de travail ‘transparence' de l'organisation professionnelle de « s'inspirer, à ce sujet, de la liste figurant dans le rapport publié par l'autorité britannique de la concurrence » (tableau 3.1, p. 73 dudit rapport). Un devis détaillé, oral et écrit, et d'éventuels traitements alternatifs devront également être communiqués aux propriétaires. Dans la même logique, l'ACM recommande d'obliger « les cliniques et les prestataires associés – laboratoires d'analyse, structures de crémation – à indiquer clairement leur éventuelle appartenance à un groupe ou à un réseau ». Cette exigence de transparence s'étend également lorsqu'un cas est référé à un spécialiste travaillant au sein d'une même groupe ou chaîne.
Du côté de la profession, la réaction initiale de l'organisation vétérinaire néerlandaise Koninklijke Nederlandse Maatschappij voor Diergeneeskunde (KNMvD) – elle prépare actuellement sa réponse officielle – se veut mesurée. L'organisation souligne que le rapport final intègre davantage de nuances que la version préliminaire, notamment en reconnaissant le rôle du propriétaire, la complexité du secteur et les spécificités de la médecine d'urgence. Cependant, la KNMvD s'inquiète d'une approche perçue comme « trop centrée sur le propriétaire en tant que consommateur, au risque de reléguer au second plan les enjeux de santé et de bien-être animal ». Des interrogations sont également soulevées quant à la faisabilité de certaines recommandations et à la vision proposée pour l'organisation des soins d'urgence, jugée parfois éloignée des réalités du terrain. Comme le souligne Sophie Deleu, présidente de la KNMvD : « une focalisation unilatérale sur la protection du consommateur ne sert pas toujours l'intérêt de l'animal. Or c'est bien ce qui guide l'action des vétérinaires. Le dernier mot n'est pas encore dit ».
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