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Elanco & Proplan

4 février 2026

Chez près de 1 chien ou chat sur 10, la sonde nasogastrique est initialement mal positionnée, dans la trachée

par Agnès Faessel

Temps de lecture  3 min

L'anesthésie préalable de l'animal pour poser la sonde alimentaire n'a pas d'influence significative sur le risque de mauvais positionnement (cliché : VigonVet).
L'anesthésie préalable de l'animal pour poser la sonde alimentaire n'a pas d'influence significative sur le risque de mauvais positionnement (cliché : VigonVet).
 

La pose d'une sonde alimentaire, nasogastrique, est courante chez les chiens et les chats qui ne s'alimentent pas correctement. Elle est mise en œuvre dans de multiples indications. Un positionnement inapproprié, dans la trachée, est toutefois associé à un risque de complications graves (pneumothorax), avec un taux élevé de mortalité, rapporté chez le chien comme chez l'homme.

Radiographies de contrôle

À l'hôpital vétérinaire d'East Lansing (Michigan, États-Unis), deux cas de pneumothorax secondaires à un tel mauvais placement, dont un fatal, en 2021 ont motivé la mise en place d'un contrôle radiographique systématique. En effet, la radiographie thoracique est un moyen de contrôle relativement simple pour confirmer le bon placement de la sonde : cela reste la technique de référence aujourd'hui.

Deux clichés de profil sont successivement réalisés, lorsque la sonde atteint le niveau de l'orifice supérieur du thorax (R1 ; la sonde doit être située dorsalement au cartilage cricoïde), puis le niveau de la dernière côte (R2). L'objectif est de vérifier qu'elle est glissée dans l'œsophage jusque dans l'estomac.

Afin d'évaluer l'efficacité de cette procédure, une étude a été réalisée sur les cas pris en charge depuis sa mise en œuvre. Ses résultats confirment l'intérêt de ce contrôle.

57 mauvais positionnements, 1 décès

L'étude s'est déroulée sur 18 mois (septembre 2021 à février 2023). Sur cette période, une sonde nasogastrique a été posée chez 415 chiens et 167 chats, soit 582 animaux au total.

Les radiographies de contrôle ont été passées en revue rétrospectivement.

Leur analyse en R1 montre que dans 9,8 % des cas (n=57) – ce qui est élevé –, la sonde a été placée par erreur dans la trachée. Chez 52 de ces cas (91,2 %), l'erreur a été vue et le placement rectifié. Mais pour les 5 autres, les cliniciens n'ont pas détecté l'erreur à la radiographie R1. Une formation à l'interprétation des clichés apparaît donc nécessaire.

La sonde a alors été avancée encore dans le tractus respiratoire. La radiographie R2 a détecté l'anomalie dans 4 cas, permettant un repositionnement adéquat.

Un seul animal, au final, a été nourri avec une sonde mal placée, entraînant une pneumonie puis une décision d'euthanasie.

Pas de facteurs de risque identifié

Les auteurs ont ensuite recherché les éventuels facteurs de risque d'un mauvais positionnement. Sans succès.

  • La pose de la sonde ne nécessite pas d'anesthésie générale. Au contraire, une légère sédation offre généralement une contention suffisante, et le maintien de la déglutition facilite alors le passage dans l'œsophage. La plupart des animaux (n=515, soit 88,5 %) ont ainsi été sédatés : 37 autres (6,4 %) étaient sous anesthésie générale, mais cette anesthésie ne représente pas un facteur augmentant ou réduisant le risque de positionnement dans la trachée (l'intubation de l'animal ne facilite donc pas la pose). Le protocole de sédation non plus. Les 30 derniers cas n'étaient ni anesthésiés ni même sédatés, sans surrisque encore.
  • L'usage d'une sonde avec stylet est courant : 421 cas ici (72 %). Mais l'absence de stylet n'augmente pas significativement le risque de malpositionnement.

Face à la fréquence de ces mauvais positionnements, les auteurs de l'étude recommandent ce double contrôle radiographique en routine, même s'il demande du temps et du personnel disponible.