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Elanco & Proplan

26 février 2026

Brûlures iatrogènes : « fréquentes et ne reculant pas », aux USA

par Vincent Dedet

Temps de lecture  3 min

Causes des brûlures iatrogènes observées chez les animaux de compagnie, lors des recours gérés par la structure assurantielle de l'American Veterinary Association, aux USA.AVMA PLIT®, 2026.
Causes des brûlures iatrogènes observées chez les animaux de compagnie, lors des recours gérés par la structure assurantielle de l'American Veterinary Association, aux USA.AVMA PLIT®, 2026.
 

C'est l'un des trois cas présentés dans un document alertant les praticiens américains à la vigilance au regard des brûlures accidentelles survenant pendant le séjour d'un animal de compagnie en structure vétérinaire. « Un bichon de 12 ans a été présenté au Dr [X] pour détartrage et soin des plaies. En raison d'une parodontite sévère et de multiples extractions, l'intervention a duré trois heures et l'animal a souffert d'hypothermie. Il a été placé sur un tapis chauffant électrique réglé à faible température, recouvert d'une serviette. Deux semaines plus tard, des brûlures ont été diagnostiquées sur son flanc droit. Le propriétaire a intenté une action en justice réclamant 10 000 $ [environ 8 500 €] pour les frais médicaux, les frais de déplacement, la perte de salaire et des dommages-intérêts punitifs. Le tribunal lui a accordé 3 600 $ pour les frais vétérinaires ultérieurs », soit environ 3 000 €.

Deux réclamations par semaine

Car la structure d'assurance RCP des vétérinaires de l'American Veterinary Medical Association prévient, dans une synthèse publiée fin février, que « les brûlures iatrogènes chez les animaux restent une cause fréquente et constante de blessures et de réclamations ». De fait, elle précise recevoir en moyenne deux plaintes par semaine liées à ces motifs. Les causes des brûlure sont variables, mais dominées par les tapis chauffants et les bouillottes et poches de fluides chauffées au micro-ondes (voir l'illustration principale).

Obsolescence des tapis

Parmi les tapis, ceux destinés à l'usage en médecine humaine dominent dans les causes identifiées. Il ne s'agit pas nécessairement d'une erreur de manipulation, mais d'une obsolescence : « il arrive fréquemment qu'une structure vétérinaire constate la première brûlure due à un tapis chauffant électrique survenue chez elle après des années d'utilisation. En général, ce n'est pas une question de “si”, mais de “quand” cela surviendra ».

Dispositifs improvisés

De la même façon, les dispositifs “improvisés” sont souvent incriminés : « poches de solutés réchauffées au micro-ondes, disques chauffants pour micro-ondes, bouillottes sèches façon “chaussettes de riz”, les bouteilles d'eau ou gants remplis d'eau réchauffés au micro-ondes, coussins chauffants destinés à l'usage humain et les sèche-cheveux »… Le document prévient aussi que « les lésions thermiques causées par des dispositifs vétérinaires spécifiques, tels que les appareils à air pulsé, les couvertures chauffantes à circulation d'eau et les couvertures chauffantes conductrices, sont beaucoup plus rares ».

Trois règles

Pour cette structure assurancielle, il apparaît donc indispensable « de former l'équipe vétérinaire aux dispositifs de maintien de la chaleur les plus fréquemment associés aux brûlures iatrogènes », et aux pratiques à risque. Pour les réduire, son document propose trois règles :

  • ne pas utiliser de tapis chauffants électriques ni d'appareils de chauffage destinés à l'usage humain, en raison du risque accru de lésions ;
  • utiliser des appareils de réchauffement conçus pour un usage vétérinaire et les utiliser conformément aux instructions du fabricant, avec « des inspections et un entretien réguliers » ;
  • et surveiller étroitement les animaux sous assistance thermique, pendant l'anesthésie comme en hospitalisation.

Deux cas de résolution amiable

Les deux autres cas de litige évoqués dans le document sont :

  • un bouledogue français placé entre deux bouillottes sèches entourées d'une serviette pendant son hospitalisation, et présentant des lésions bilatérales de brûlure quatre jours plus tard. Le praticien a accepté un accord amiable de 5 600 $ pour « couvrir les frais liés aux soins des brûlures en structure spécialisée » ;
  • un labrador opéré pour une ostéotomie pour nivellement du plateau tibial, présenté 10 jours après sa sortie pour une plaie à l'épaule, s'avérant être une brûlure attribuée à la plaque d'électrocautérisation du fait d'un repositionnement imparfait du patient pendant la chirurgie. Là aussi, un accord amiable a été trouvé, de 3 600 $ pour couvrir les frais de débridement de la plaie et de traitement.