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Elanco & Proplan

20 février 2026

Allemagne : un chiot importé de Russie avec des papiers “en règle”, meurt de rage ; ses documents « avaient été falsifiés »

par Vincent Dedet

Temps de lecture  4 min

Un chien en phase clinique de rage, en chenil. Cliché du CDC.
Un chien en phase clinique de rage, en chenil. Cliché du CDC.
 

Tous les organismes professionnels allemands appellent à la prudence « lors de l'adoption de chiens provenant d'organisations internationales de protection animale ». La mort d'un chiot, importé « de Russie » avec des papiers en apparence en règle, doit « relancer la vigilance » des maîtres comme des praticiens, estime la Chambre vétérinaire fédérale (BTK, équivalent de l'Ordre). Le fait que ce chiot ait voyagé avec d'autres animaux, placés ailleurs en Allemagne, voire en France, impose une vigilance accrue.

Opéré avant de présenter des signes neurologiques

Le chien résidait dans le Land de Rhénanie-Palatinat (frontalier avec l'est de la France), à quelques kilomètres de la ville de Mannheim. La chaîne d'information régionale de Sarre précise qu'il avait « été opéré fin janvier, selon les autorités. En raison de troubles neurologiques consécutifs à l'anesthésie, qui ont persisté même après sa sortie de la clinique vétérinaire, il a été placé en quarantaine et est décédé peu après », « le 25 janvier 2026 » selon le communiqué de la BTK du 17 février. Une autre chaîne régionale d'information précise que pendant la phase de suspicion de rage, il « avait été placé en quarantaine dans un refuge animalier de la région », où il est décédé. Il n'est pas fait mention du devenir des personnes et animaux qui ont pu être en contact avec lui dans la clinique vétérinaire et/ou le refuge concernés, mais il est probable que les personnes exposées ont déjà reçu une prophylaxie post-exposition.

Papiers “en règle”…

L'animal « avait été importé légalement en Allemagne depuis un pays non membre de l'UE. Selon les documents d'accompagnement, le chien était âgé de près de 8 mois, avait été pucé et vacciné contre la rage » indique la déclaration des autorités vétérinaires allemandes à l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Le communiqué de la BTK du 17 février indiquait que le pays de provenance était « la Russie » et prévient que, « au vu des informations actuelles, il faut supposer que la vaccination était inefficace ou que le certificat a été falsifié ».

…ou pas !

Or « l'examen de l'animal après sa mort a révélé qu'il était plus jeune que ce qui avait été déclaré lors de son entrée dans l'UE. Cela signifie que les conditions d'importation n'étaient pas remplies et que l'importation était illégale », précise la déclaration à l'OMSA. Un communiqué du ministère de l'environnement du Land de la Sarre du 18 février explique plus avant : « les autorités supposent désormais que les documents présentés, y compris le certificat de vaccination, étaient falsifiés et que le chien, qui semble être plus jeune que son âge indiqué sur les documents, n'était pas vacciné contre la rage à son arrivée ». La presse généraliste allemande indique qu'une enquête judiciaire est en cours.

Des congénères en Sarre et en France ?

La chaîne régionale de la Sarre précise que « d'autres chiens et chats également adoptés en Allemagne et dans d'autres pays, notamment en France », qui ont été conduits par le même transporteur que le (futur) cas de rage. Ils n'ont pas emprunté le même camion, mais proviennent « du même point de collecte en Russie ». Le communiqué du ministère de l'Environnement de ce Land, frontalier à la fois de la Rhénanie-Palatinat et de la France, précise que « le transport en provenance de Russie, qui a amené la chienne décédée de Rhénanie-Palatinat, était dûment enregistré, et tous les animaux transportés possédaient les certificats de vaccination et les documents requis » - mais qui se sont révélés être des faux. En conséquence, au 18 février, quatre de ces chiens ont été identifiés (tous en Sarre), leurs propriétaires contactés et ces animaux « font actuellement l'objet d'une surveillance officielle. Les autorités ont ordonné des tests de vaccination antirabique pour ces animaux et certains ont été placés en quarantaine préventive ». Tous les animaux de ces transports ayant été pucés, ils « ont été rapidement identifiés [et] sont actuellement en bonne santé et ne présentent aucun signe de maladie. Les autorités compétentes ont pris toutes les mesures nécessaires ».

La BTK appelle dans son communiqué « tous les propriétaires d'animaux à se renseigner minutieusement avant d'adopter un chien à l'étranger et à ne faire appel qu'à des organismes réputés qui garantissent des certificats de santé transparents et des soins vétérinaires appropriés. Le bien-être animal ne doit pas constituer une menace pour la santé publique ».