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Proplan

16 décembre 2015

Sanofi cédera Merial à Boehringer fin 2016 contre sa santé grand public

par Eric Vandaële

Le nouveau groupe Boehringer-Merial devrait prendre la seconde place du top ten mondial, juste derrière Zoetis.

Sanofi et Boehringer sont entrés hier en négociation exclusive pour procéder fin 2016 à un échange d’activités. Boehringer récupère Merial et, en échange, cède à Sanofi son activité « santé grand public » en y ajoutant un chèque de 4,7 milliards d’euros.

 
Le nouveau groupe Boehringer-Merial devrait prendre la seconde place du top ten mondial, juste derrière Zoetis.
 

La surprise est de (grosse) taille. Boehringer Ingelheim devrait racheter Merial à Sanofi fin 2016 en valorisant cette activité à 11,4 milliards d’euros, soit plus de quatre fois son chiffre d’affaires mondial. En échange, Boehringer cède à Sanofi son activité « santé grand public » (les médicaments sans ordonnance) pour 6,7 milliards d’euros (hors Chine). Et, pour compenser l’écart de valorisation entre les deux activités, Boehringer versera à Sanofi la différence, soit 4,7 milliards d’euros.

À la quête du leadership mondial

Tels sont les principaux termes d’une négociation exclusive d’échanges d’activités qui a débuté hier (15 décembre) entre les deux groupes pharmaceutiques. Sanofi y gagnera une place de leader mondial dans le domaine de la santé grand public (sans ordonnance), un marché en croissance, de 100 milliards d’euros.

Compte tenu des gammes vétérinaires respectives des deux groupes, il semble peu probable que les autorités de la concurrence s’opposent au rachat de Merial par Boehringer ou imposent de trop lourdes cessions de gammes.

Merial, plus de 2,5 fois plus gros que Boehringer

Merial, au 4ème rang mondial, pèse en chiffre d’affaires plus de 2,5 fois plus lourd que l’activité santé animale de Boehringer (plus de 1,3 milliard de dollars). Avec cette fusion, Boehringer-Merial devrait, fin 2016, talonner le leader mondial Zoetis. Sur la base des ventes 2014, le nouvel ensemble Boehringer-Merial dépasserait les 4,8 milliards de dollars (avec un cours de l’euro à 1,35 $ en 2014). Avec près de 5 milliards de dollars de ventes, Zoetis devrait toutefois rester au premier rang mondial.

Le top ten mondial bouleversé

Le top ten mondial des laboratoires pharmaceutiques vétérinaires s’en trouvera bouleversé.

  • Zoetis et Boehringer-Merial seraient aux deux premières places à près de 5 milliards de dollars de chiffres d’affaires, avec une légère avance pour Zoetis grâce au rachat récent d’Abbott aux États-Unis. Chacun des deux groupes détiendrait environ un cinquième du marché mondial.
  • MSD (Merck) et Elanco (Lilly) rétrogradent d’une place et complètent le quarté, avec un écart de 1 à 1,5 milliard de dollars en chiffres d’affaires avec les deux premiers.
  • Plus loin derrière, Bayer conserve sa place dans le top five avec des ventes estimées à 1,5 milliard de dollars, trois fois moins que les deux leaders.
  • Puis, encore plus loin derrière, trois laboratoires Français, Virbac, Ceva et Vétoquinol, gagneront tous mécaniquement une place dans cette fusion.

En France, peu de changement dans le top ten

Sur la base d’une estimation des ventes 2014, Boehringer-Merial devrait peser le quart du marché français.

À l’inverse, en France, Merial était déjà largement leader avec près de 20 % de parts de marché (toutes espèces confondues). L’ajout de la santé animale de Boehringer Ingelheim, aux alentours de 5 % de parts de marché, conforte la première place du nouveau groupe, mais ne modifie pas beaucoup le classement final de Merial en France sur la base des ventes 2014.

Le constat est assez similaire dans les filières animales, sauf pour le porc. Ainsi, sur la base d’une estimation des ventes 2014, le nouveau groupe Boehringer-Merial conserverait la première place chez :

  • Les animaux de compagnie avec 25 % de parts de marché, très loin devant les autres laboratoires pharmaceutiques,
  • Les équidés avec environ 35 % de parts de marché, distançant là aussi largement ses concurrents,
  • Les volailles à 29 %, juste devant MSD.
  • Chez les ruminants, Boehringer-Merial à 17 % garde la troisième place derrière MSD et Zoetis à plus de 20 %.
  • Le changement le plus spectaculaire est pour la filière porcine. Boehringer et Merial étaient au coude à coude dans cette filière aux alentours de 16 ou 17 %. La nouvelle entité Boehringer-Merial devrait faire naître un leader qui pèsera un tiers du marché, deux fois plus que gros que ses poursuivants, MSD, Ceva ou Zoetis.