5 mai 2026
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Ils sont plus gros que les érythrocytes ; sur le frottis, ils présentent une allure en cercles concentriques (d'où leur nom de “cellules cibles”) ; leur rôle biologique n'est pas connu. Ce sont les codocytes (voir l'illustration principale). Lorsqu'ils sont présents en grand nombre sur un frottis sanguin, le chien concerné est dit atteint de « codocytose ». Pour en savoir plus sur ce phénomène, des vétérinaires biologistes et spécialistes de médecine interne de deux universités américaines viennent de conduire une étude rétrospective.
Les codocytes sont décrits chez l'humain, où ils ont été associés à une anémie régénérative, des maladies hépatiques, des hémoglobinopathies et aux suites d'une splénectomie. Ces auteurs indiquent que, « chez les chiens, les codocytes sont fréquemment observés sur les frottis sanguins périphériques, mais leur signification diagnostique et clinique reste floue ». Pour tenter de cerner le contexte clinique des codocytoses, ils se sont donc penchés sur les cas présents dans la base de données patients de leur hôpital universitaire, et ayant consulté entre septembre 2020 et octobre 2022. Ils ont ainsi extrait les dossiers médicaux de 907 chiens, qu'ils ont examiné à la recherche d'une pathologie dominante. Celle-ci a pu être identifiée avant la consultation ayant donné lieu au frottis sanguin, ou à la suite de celle-ci. La codocytose est évaluée de manière semi-quantitative, à partir de l'examen de 10 champs microscopiques du frottis, et notée de 1 (légère) à 4 (sévère). Seuls les chiens présentant une codocytose notée 2 (modérée) ou plus ont été intégrés à l'étude, soit 345 patients.
Sur les 14 010 frottis sanguins présents dans la base de patients, 6,5 % comportaient des codocytes, mais seuls 2,5 % avaient une codocytose modérée ou plus sévère. Cette prévalence « est cohérente avec la perception commune qu'il s'agit d'une affection peu fréquente mais reconnaissable ». Parmi ces cas, seuls 7 présentaient une codocytose sévère. L'âge médian des chiens restait comparable pour chaque note de codocytose. Et les auteurs n'observent par de paramètres hématologiques spécifiques à un niveau de gravité de la codocytose non plus, excluant ainsi que l'affection puisse correspondre à une anémie régénérative. En revanche, pour la biochimie sanguine, ils observent des différences pour les valeurs médianes d'ALT : le groupe atteint de codocytose sévère (note 4) a des valeurs significativement plus élevées (156 U/L, de 65 à 4 050) que le groupe à codocytose modérée (note 2, 91 U/L, p < 0,001) et que celui à codocytose marquée (note 3, 118 U/L, p < 0,001). Il n'y avait pas de différence entre ce deux derniers groupes (p= 0,87).
Plus de 500 diagnostics figuraient dans les dossiers des 345 patients (140 avaient des diagnostics multiples), et le plus fréquent était celui de néoplasie (un tiers des chiens concernés). Les proportions de chiens diagnostiqués avec des maladies hépatobiliaires ou des maladies gastro-intestinales étaient significativement plus élevées chez les chiens à codocytose marquée ou sévère, par rapport à ceux avec codocytose modérée (p = 0,006 et p = 0,009, respectivement). Pour ces dernières affections, c'était particulièrement le cas des « chiens présentant une pancréatite suspectée ou confirmée et des entéropathies chroniques ». Ils trouvent aussi une association avec le diabète compliqué d'acidocétose, mais le nombre de sujets est limité (28 cas), rendant l'analyse statistique plus fragile.
Pour les auteurs, « l'une des associations les plus convaincantes de cette étude est celle entre la gravité de la codocytose et les maladies hépatobiliaires », même si, du fait de son protocole (rétrospectif), il n'est pas possible de conclure à un lien de causalité. Car un dysfonctionnement hépatique a un effet sur le métabolisme des lipides, et le phénomène produisant des codocytes correspond à « une surface membranaire accrue » des érythrocytes. De même pour les affections gastro-intestinales, les auteurs proposent que ce soit l'état d'inflammation systémique qui « perturbe la gestion des lipides intestinaux et ait un impact en aval sur les membranes érythrocytaires ».
Aussi, pour eux, « la présence de codocytose à l'examen d'un frottis sanguin devrait inciter les cliniciens à envisager un bilan métabolique ou hépatobiliaire plus approfondi » du patient canin.
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