22 janvier 2026
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L'acide hyaluronique (AH) a été isolé en 1934 à partir de l'humeur vitrée d'yeux de bovins, mais il peut être synthétisé, le plus souvent par fermentation bactérienne. Ce polymère de haut poids moléculaire est inclus dans de nombreux produits de santé humaine ou vétérinaire. C'est en 1988 que l'AH a été approuvé pour la première fois dans un médicament vétérinaire, destiné à être injecté par voie intra-articulaire chez les chevaux arthrosiques. Depuis, de nombreux autres produits contenant la molécule ont été développés, à destination notamment de l'ophtalmologie où l'AH est utilisé par exemple comme lubrifiant, pour traiter une sécheresse ou des ulcères cornéens.
L'intérêt potentiel de l'AH en dentisterie est en revanche méconnu. Une revue de la littérature, publiée en libre accès, met en avant les avantages de son utilisation.
L'AH est un glycosaminoglycane composé d'unités disaccharidiques d'acide glucuronique et de N-acétylglucosamine (formule chimique : C14H21NO11). La molécule occupe un volume extrêmement important car la longueur des chaînes du polymère est inversement proportionnelle à sa densité.
L'AH un composant clé de la matrice extracellulaire et remplit de multiples fonctions biologiques. Au niveau cutané, son action s'exerce à plusieurs niveaux.
L'auteur (américain) de cette revue bibliographique a identifié 5 études expérimentales réalisées sur des chiens (des beagles adultes), élevés en conditions de laboratoire. Dans ces travaux, l'AH était appliqué en monothérapie, une seule fois après une intervention chirurgicale destinée à traiter des furcations dentaires, une récession gingivale ou des lésions du tissu osseux. Chaque chien était son propre contrôle (observation d'une zone traitée versus une zone non traitée) et une évaluation histologique des tissus a été faite à la fin de la période d'étude.
L'intérêt clinique de l'application d'AH est apparu dans toutes les études. Les critères évalués variaient de l'une à l'autre mais les résultats ont été globalement positifs, notamment sur la régénération osseuse, la production de cément et la croissance épithéliale, évaluées 1 à 3 mois après le débridement chirurgical. Pour la hauteur et la surface osseuses à 3 mois, les valeurs mesurées étaient même hautement significatives par rapport aux témoins.
Des études contrôlées faites en dentisterie humaine rapportent également un effet favorable de l'AH sur la vitesse de cicatrisation des plaies buccales lorsqu'il est appliqué après des soins chirurgicaux.
Une antibiothérapie systémique est administrée à plus d'un tiers des animaux traités dans des cliniques spécialisées en dentisterie. La moitié des prescriptions sont faites à titre prophylactique, même si l'intérêt de cette pratique n'est pas avéré et qu'elle contribue à accroître le risque de développement de résistance aux antibiotiques.
Même lorsque des antibiotiques sont utilisés en tant que périoceutiques (c'est-à-dire injectés dans les poches parodontales après débridement), de nombreuses études ont montré une augmentation au moins transitoire de la présence de souches bactériennes résistantes.
Dans l'une des études analysées dans la revue, une infection sous-gingivale expérimentale par Porphyromonas gingivalis a été induite chez les chiens pendant une période de 4 mois, au niveau des troisièmes prémolaires mandibulaires. Les racines mésiales ont ensuite été retirées des deux côtés et traitées avec de l'AH ou laissées sans traitement (lésions de contrôle). Au bout de 3 mois, les critères d'évaluation histomorphométriques montraient une meilleure régénération osseuse dans les zones traitées. L'AH tend donc à limiter les conséquences de l'infection bactérienne.
La capacité de l'AH à réduire la colonisation microbienne est liée à des facteurs mécaniques (prévention de l'adhésion bactérienne et de la formation d'un biofilm) et à la mobilisation des cellules immunitaires locales.
La maladie parodontale est une maladie très couramment diagnostiquée chez les chiens vus en cliniques vétérinaires. Les chiens de petit format y sont les plus exposés et la prévalence de la maladie augmente avec l'âge.
Compte tenu de la réticence et des difficultés rencontrées par les propriétaires pour brosser quotidiennement les dents de leur chien, les vétérinaires sont de plus en plus sollicités pour effectuer des soins parodontaux.
Dans ce contexte, l'utilisation de l'AH peut être proposée, aussi bien en complément des soins dentaires de routine que lors du traitement de troubles parodontaux sévères. Il est cependant important de noter que l'AH doit être utilisé en complément du débridement, et non en remplacement de celui-ci.
L'efficacité de l'AH en dentisterie vétérinaire et en chirurgie buccale a été observée aussi bien en médecine humaine que vétérinaire et l'application d'AH peut aussi être intégrée au traitement d'autres affections buccodentaires, telles que les stomatites.
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