27 juillet 2026
6 min
Bienvenue sur LeFil.vet
L'accès au site web nécessite d'être identifié.
Merci de saisir vos identifiants de connexion.
Indiquez votre email dans le champ ci-dessous.
Vous recevrez un email avec vos identifiants de connexion.
25 septembre 2024
Cockapoos, labradoodles, cavapoos : la santé des “hybrides” n'est ni meilleure, ni pire que celle des races parentales

Les hybrides sont-ils vraiment plus vigoureux ? Le Royal Veterinary College à Londres a entrepris la plus grande étude au monde sur la santé des races de chiens dites ‘hybrides' (ou designer). L'étude a révélé que la santé globale de trois races hybrides les plus populaires outre-Manche (cockapoo, labradoodle et cavapoo) est largement similaire à celle de leurs races pures parentales. Ces résultats démystifient les croyances courantes en une « meilleure santé » de ces chiens hybrides et fournissent des informations importantes pour aider les propriétaires potentiels à choisir leur chien.
Ces “designer dogs” sont créés par le croisement intentionnel de races “pures”, établies depuis plus longtemps, pour créer de nouvelles races hybrides ou « designer », telles que le cockapoo (voir l'illustration principale), un croisement entre un cocker et un caniche (poodle en anglais). Le Royaume-Uni a connu au cours de la dernière décennie une augmentation significative de la demande pour ces “designer dogs”, en particulier depuis la pandémie. De nombreuses « races hybrides » dépassent maintenant en popularité leurs races parentales. Par exemple, en 2023 il y avait plus de cockapoos (653 597) au Royaume-Uni que des cockers (562 951) ou caniches (105 369). Une grande partie de cette demande a été motivée par la croyance voulant que les hybrides ont une meilleure santé, en « diluant » les effets nocifs causés par la consanguinité, courante chez les races pures. Cliniciens, chercheurs et épidémiologistes du Royal Veterinary College de Londres ont interrogé 9 402 propriétaires britanniques de chiens de ces « races hybrides » les plus populaires (cockapoo, labradoodle et cavapoo), ou de chiens d'une race parentale (cocker, labrador, cavalier king-charles et les caniches miniature, toy ou standard). Les informations sur la santé déclarées par le propriétaire ont ensuite été rassemblées et le risque d'occurrence a été évalué pour chaque race pour les 57 troubles les plus courants. Et tout de suite, ils défont le mythe de la vigueur des hybrides : pour 87 % des troubles, il n'y a pas de différence de risque d'occurrence entre la race hybride et ses races parentales.
Plus en détail : par rapport à la race caniche, les cockapoos ne présentent pas de différence de risque d'occurrence pour 79 % de troubles. Ils avaient un risque plus faible pour cinq des 57 troubles courants : troubles ophtalmologiques, luxation patellaire, perte de poids, hypersensibilité/intolérance alimentaire et maladie dentaire. En revanche, ils avaient un risque plus élevé pour sept troubles : corps étrangers, ascaridiose, troubles des glandes anales, diarrhée, déviation alimentaire, prurit et vomissements. Par rapport à la race cocker, les cockapoos avaient moins de risques d'avoir une déviation alimentaire, boiterie, de masses multiples, des troubles ophtalmologiques et des plaies. Par contre, ils présentaient un risque plus élevé de prurit, d'otite externe et de vomissements.
Comparés aux caniches, les labradoodles avaient un risque plus faible uniquement pour la luxation patellaire. En revanche, ils avaient un risque plus élevé d'allergies, alopécie, déviation alimentaire, plaies, diarrhée et vomissements. Par rapport aux labrador, les labradoodles avaient un risque plus faible de la dysplasie de la hanche et/ou du coude, de boiterie, de masses multiples ou de plaies. Les labradoodles n'avaient de sur-risque que pour l'otite externe.
Par rapport aux caniches, les cavapoos avaient des risques moindres d'otite externe, de troubles ophtalmologiques ou de boiterie. En revanche, ils présentaient un risque plus élevé de troubles des glandes anales, de diarrhée, de déviation alimentaire et de vomissements. Vis-à-vis des cavalier king-charles, les cavapoos présentaient des risques plus faibles de troubles ophtalmologiques, des glandes anales et d'ongles trop longs. Ils avaient un risque plus élevé de vomissements, d'otite externe et de diarrhée.
Ainsi, les différences entre hybrides et races parentales ne concernent que 13 % des 54 troubles analysés : 7 % correspondant à un sur-risque d'occurrence et 6 % à un effet protecteur. Les auteurs en concluent qu'il n'y a « aucune preuve d'une différence significative en matière de santé globale entre ces trois races hybrides et leurs races progénitrices ». Plus précisément, les résultats suggèrent que la santé globale de ce groupe émergent des “designer dogs” est largement similaire à celle de leurs races progénitrices. Et d'observer qu'il est « particulièrement pertinent, en considérant combien de races pures d'aujourd'hui proviennent de croisements entre des races pures distinctes et sont donc elles-mêmes des croisements hybrides », au moins au début de leurs livres généalogiques respectifs (voir le schéma ci-dessous). Ces résultats remettent également en question le soi-disant « biais de race pure » qui veut que des croisements indiscriminés en dehors des lignées de race pure conduiront automatiquement à des chiens en moins bonne santé que leurs races parentales.
Beaucoup de races actuelles sont le fruit d'un croisement entre races préexistantes. Le silky terrier, le golden retriever et le bullmastiff sont tous des produits d'un croisement intentionnel entre races préexistantes et pourraient donc aussi être considérés des « hybrides » (designer dogs en anglais). D'après Bryson et coll., 2024.
Au final, les auteurs relèvent que, « étant donné que l'amélioration perçue de la santé est un facteur de motivation majeur pour l'acquisition de designer dogs, la communication de ce message aux propriétaires potentiels est importante, pour aligner leurs attentes relatives aux possibles futurs problèmes de santé et coûts vétérinaires sur la réalité, et pour s'assurer que toute décision d'acquisition repose sur des données validées, plutôt que sur le battage publicitaire ou l'anecdote ».
27 juillet 2026
6 min
24 juillet 2026
6 min
23 juillet 2026
5 min
21 juillet 2026
5 min
20 juillet 2026
3 min
17 juillet 2026
4 min