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3 juin 2024
L'autorité britannique de la concurrence lance « une enquête approfondie sur le marché vétérinaire »

« L'autorité [britannique] de la concurrence et des marchés (CMA) a confirmé aujourd'hui sa décision de lancer une étude de marché sur le secteur vétérinaire et a publié des conseils pour aider les propriétaires d'animaux de compagnie qui se débattent avec les coûts vétérinaires », indique un communiqué du gouvernement britannique du 23 mai.
En mars dernier, la CMA avait annoncé ouvrir formellement le dossier : elle avait ouvert une consultation auprès du public concerné en septembre 2023, qui a obtenu 56 000 réponses de particuliers (il y a 16 millions de foyers britanniques qui possèdent un animal de compagnie). Leur analyse préliminaire a révélé « de nombreuses préoccupations » en lien avec la fréquentation de structures vétérinaires d'animaux de compagnie.
À noter que ce nombre de réponses est « sans précédents » dans l'activité de la CMA, et qu'une partie non négligeable (20 %) des répondants étaient des vétérinaires ou des ASV… Les griefs émis, selon la responsable de la CMA, sont avant tout relatifs « aux pressions qu'ils subissent, notamment les pénuries aiguës de personnel, et l'impact que cela a sur les professionnels eux-mêmes ». Pour évaluer la situation, la CMA s'est alors « fortement engagée auprès des cabinets vétérinaires, des organismes du secteur, des associations caritatives et d'autres parties prenantes, et a recueilli leurs commentaires, afin de comprendre les problèmes liés à la prestation de ces services ».
La conclusion de cet état des lieux était donc la nécessité de lancer une investigation formelle. Celle-ci « permet à la CMA d'analyser l'ensemble des préoccupations et d'intervenir directement sur les marchés si elle constate que la concurrence ne fonctionne pas bien. En plus d'obliger ceux faisant l'objet de l'enquête à fournir des informations, elle permet à la CMA d'accéder à un large éventail de mesures correctives juridiquement exécutoires, telles que l'obligation de fournir certaines informations aux consommateurs, la mise en place obligatoire de maximums tarifaires pour les consultations et l'obligation de vendre ou de céder une entreprise ou des actifs ».
Cinq axes prioritaires ont été retenus pour cette investigation. La CMA détaille les aspects qui seront enquêtés et fournit des exemples pour chacun. En premier lieu, elle rapporte que les maîtres estiment « ne pas recevoir suffisamment d'informations pour permettre [aux maîtres] de choisir le meilleur cabinet vétérinaire ou le meilleur traitement adapté à leurs besoins ». Les informations préliminaires recueillies par la CMA indiquent que 80 % des structures n'indiquent pas leurs tarifs sur leur site internet, « même pas pour les prestations les plus basiques » et 1 maître sur 5 n'a pas reçu d'informations préalablement à la mise en place d'un traitement, 1 sur 10 pour une chirurgie et 1 sur 2 en urgence. En second lieu, « les propriétaires d'animaux de compagnie peuvent payer trop cher les médicaments ou les ordonnances ». La CMA signale par exemple que « certains cabinets vétérinaires peuvent réaliser jusqu'à un quart de leur chiffre d'affaires en vendant des médicaments, ce qui ne les incite guère à informer les propriétaires d'animaux de compagnie des alternatives ». Elle poursuit : « les vétérinaires doivent apposer des panneaux en salle d'attente ou salles de consultation pour indiquer aux clients qu'ils peuvent obtenir une ordonnance pour un médicament et l'acheter ailleurs », mais la CMA « craint que ces panneaux ne soient pas efficaces » car « environ 25 % des propriétaires d'animaux ignoraient » cette possibilité.
Les deux axes suivants sont directement liés à la « concentration des marchés locaux, due en partie à la consolidation du secteur, peut entraîner une faible concurrence dans certaines régions ». L'exemple cité par la CMA est qu'un groupe « peut posséder plusieurs cabinets vétérinaires dans une même zone sans l'indiquer clairement - par exemple, 4 des 6 plus grands groupes ne changent pas de nom ou de marque lorsqu'ils rachètent un cabinet vétérinaire indépendant. Cela signifie que les propriétaires ne comparent pas toujours des concurrents lorsqu'ils choisissent un cabinet vétérinaire ». Ainsi, « les grands groupes peuvent être incités à agir de manière à réduire le choix et à affaiblir la concurrence », d'autant qu'en 2024, 60 % des 5 000 structures vétérinaires britanniques appartiennent à un groupe, et ce phénomène se poursuit. « Les grands groupes intégrés (en particulier ceux dont les modèles d'entreprise prévoient des investissements importants dans des équipements de pointe) peuvent se concentrer sur la fourniture de traitements plus sophistiqués et plus coûteux, ce qui signifie que les consommateurs sont moins en mesure d'accéder à des traitements plus simples et moins coûteux, même s'ils préfèrent cette option ».
Le dernier point est plus britannico-britannique : « le cadre réglementaire est obsolète et n'est peut-être plus adapté ». La CMA relève que « la principale réglementation du secteur date de 1966, avant que les non-vétérinaires ne puissent posséder des cabinets vétérinaires. Elle concerne les praticiens individuels, et non les propriétaires de cabinets ou les cabinets vétérinaires en tant qu'entreprises. Cela signifie que le régulateur statutaire, le Royal College of Veterinary Surgeons, n'a qu'une influence limitée (…) par exemple sur la manière dont les prix sont communiqués ou sur la transparence de la propriété des cabinets vétérinaires ou des services connexes ». Elle estime que le situation des consommateurs « pourrait être améliorée si des exigences réglementaires et/ou pratiques pouvaient être contrôlées ou appliquées plus efficacement ».
L'annonce de fin mai de la CMA indique que ce sont ces mêmes axes qui vont à présent être disséqués par « un groupe d'enquête composé d'experts indépendants et présidé par Martin Coleman [juriste spécialisé dans la concurrence], soutenu et conseillé par le personnel de la CMA ». Il pourra « utiliser toute l'étendue des pouvoirs d'enquête formelle de la CMA pour recueillir des preuves supplémentaires, examiner les préoccupations de manière plus approfondie et définir les mesures correctives qui pourraient être nécessaires pour répondre à ces préoccupations ». L'investigation devrait durer plusieurs mois.
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