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Proplan

9 avril 2026

Le frottis vaginal chez la chatte permet d'identifier facilement la phase d'œstrus

par Agnès Faessel

Temps de lecture  4 min

 

Les résultats d'une étude italienne confirment que l'examen cytologique d'un frottis vaginal est d'intérêt en reproduction féline aussi. Il contribue à déterminer le moment de l'œstrus, ce qui est surtout utile en cas de difficultés de la reproduction (puisque chez la chatte, l'ovulation est induite par le coït) : ovulation spontanée, chaleurs silencieuses ou prolongées, persistantes malgré la stérilisation, etc. Il permet aussi de détecter des anomalies comme une infection.

39 frottis examinés

Les chercheurs, de l'Université de Padoue, ont rétrospectivement recruté 31 chattes pubères entières, en bon état de santé apparent, chez lesquelles des frottis vaginaux avaient été réalisés pour divers motifs, par exemple dans le cadre de la pose d'un implant contraceptif.

Ces chattes étaient de diverses races (9 différentes) et âgées de 4 mois à 10 ans (3,2 ans en médiane).

La phase du cycle ovarien était déterminée suivant l'historique reproductif des animaux, et un dosage de la progestéronémie lorsque disponible, soit pour 30 frottis.

Prélèvement simple, sans sédation

Le prélèvement par écouvillonnage est simple et rapide à réaliser. Il s'effectue sur chatte vigile et sous légère contention. Et les auteurs pointent aussi que l'examen cytologique est peu coûteux.

Au total, 39 frottis ont été réalisés.

Objectif : standardiser l'interprétation

L'objectif des auteurs étaient de fournir des données de référence afin de faciliter l'interprétation de la cytologie.

Au moment des prélèvements, 1 chatte était en proœstrus (très bref dans l'espèce féline), 9 en œstrus, 10 en interœstrus, 9 en diœstrus et 9 en anœstrus. Dans le dernier cas, un pyomètre a été diagnostiqué.

L'examen cytologique comprenait 7 paramètres : cellularité (faible à élevée), types de cellules épithéliales (parabasales, intermédiaires, superficielles et anucléées), présence de neutrophiles, d'hématies, de cellules spumeuses (cellules non kératinisées avec des vacuoles intracytoplasmiques), de cellules du métœstrus (cellules épithéliales contenant des neutrophiles intracytoplasmiques) et présence de débris cellulaires ou non-cellulaires. L'absence de débris, de filaments de mucus, de cellules coalescentes (dénommée « clearing » ou fond clair) a été auparavant identifiée comme caractéristique de l'activité œstrogénique chez la chatte, donc de l'œstrus.

Et en effet, la phase d'œstrus se caractérisent par un clearing (9 cas sur les 9), qui représente ainsi un indicateur très sensible. Il s'observe potentiellement aussi juste avant ou juste après l'œstrus.

L'œstrus se caractérise également par une large prédominance de cellules épithéliales kératinisées, c'est-à-dire superficielles ou anucléées, représentant 90 % des cellules ou plus (voir tableau en illustration principale), ce qui n'avait pas été rapporté antérieurement. Dans les autres phases du cycle, en particulier l'inter- et le diœstrus, des populations cellulaires mixtes sont observées (voir tableau).

Les auteurs relèvent toutefois que des cellules kératinisées sont présentes aussi en phase d'anœstrus (ce qui pourrait être la manifestation d'une activité œstrogénique basale en période d'inactivité reproductive). Leur seule présence ne peut donc pas faire conclure à un œstrus.

Cellularité faible, en œstrus particulièrement

D'une manière générale, la cellularité est faible à modérée (dans 21 et 10 cas, respectivement). Elle n'était élevée que dans 7 cas. La cellularité est bien plus élevée chez la chienne.

Parmi les 9 cas d'œstrus, 8 avaient une faible cellularité, ce qui pourrait donc être une caractéristique supplémentaire (et différenciante de l'espèce canine). Dans les autres phases du cycle, la cellularité est plus diverse.

Des neutrophiles étaient présents dans 9 cas (de diverses phases du cycle ovarien), parfois en abondance, mais sans être associés à une affection à l'exception du cas de pyomètre dans lequel des hématies étaient également présentes. La présence de neutrophiles est donc à interpréter avec prudence, en lien avec les éventuels signes cliniques associés, ou les résultats de la bactériologie le cas échéant (non réalisée ici). Les hématies, en revanche, sont pathologiques sur les frottis félins (ou d'origine iatrogénique si le prélèvement a été traumatique).

Des cellules du métœstrus étaient observables sur 5 des frottis des chattes en métœstrus. Aucune cellule spumeuse n'a été observée.

Les auteurs concluent de leurs observations que l'œstrus est relativement facile à identifier par cytologie. En revanche, différencier les autres phases, en particulier inter- et diœstrus, est plus délicat voire impossible. Le dosage de la progestéronémie demeure alors incontournable. D'une manière générale, les auteurs conseillent de coupler le dosage hormonal au frottis chez la chatte.