7 avril 2026
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La prévention de la péritonite féline infectieuse (PIF) repose avant tout sur la réduction de l'excrétion du coronavirus félin (FCoV) par les sujets infecté. Car le FCoV existe sous deux biotypes : une forme entérique (feline enteric coronavirus, FECV) et une forme responsable de la PIF (feline infectious peritonitis virus, FIPV). Le FECV est largement répandu dans la population féline, notamment dans les élevages, et reste le plus souvent asymptomatique, bien qu'il puisse provoquer des troubles digestifs. Dans environ 5 % des cas, le FECV mute en FIPV, responsable de la PIF, maladie systémique progressive et fatale en l'absence de traitement, même si des préparations magistrales de GS-441524 sont désormais accessibles.
Pour les élevages félins, « il est donc essentiel de se concentrer sur les stratégies préventives », a souligné Luna Vanden Buijs, vétérinaire en doctorante à l'Université de Gand (Belgique), lors d'un webinaire organisé par la Fédération vétérinaire européenne (FVE) et la Fédération européenne d'associations des vétérinaires canins (Fecava), le 2 avril dernier. Ses travaux comprennent deux parties. La première, conduite entre mai 2023 et mai 2024, met en évidence l'ampleur du phénomène en élevage. Sur 213 chats de 23 élevages félin flamands, environ 75 % (158/213) étaient excréteurs du FECV, et seulement trois élevages étaient négatifs. L'analyse des facteurs de risque montre que plusieurs éléments influencent la circulation virale :
Les chats ont été classés en trois catégories : non excréteurs, excréteurs transitoires et excréteurs persistants. Ces derniers, définis par une excrétion continue pendant au moins quatre mois, constituent le principal réservoir du virus et représentent un enjeu majeur en élevage.
La seconde partie de l'étude, conduite de mai 2024 à mai 2025, a évalué l'impact de protocoles structurés sur la réduction de l'excrétion virale. Vingt chatteries ont été réparties en trois niveaux d'intervention.
Évolution, sur 12 mois, de la prévalence du FECV dans les élevages soumis au protocole d'éradication le plus strict (d'après Luna Vanden Buijs, 2026).
Ces protocoles reposaient sur un renforcement progressif des mesures d'hygiène et de gestion sanitaire (voir le tableau ci-dessous). La fréquence de nettoyage constitue un élément clé. La gestion des excréteurs persistants est également déterminante. Leur isolement est recommandé dans les protocoles de base, puis leur retrait de l'élevage devient conseillé, voire obligatoire dans les protocoles les plus stricts. Dans un cas, l'identification et l'exclusion d'un seul excréteur persistant ont permis de négativer un élevage initialement fortement positif. Le dépistage par qPCR, réalisé à plusieurs moments clés (entrée, sevrage, mise à la reproduction), s'impose comme un outil indispensable pour piloter ces stratégies. La connaissance du statut FECV de chaque animal avant la reproduction paraît notamment essentielle. « L'un des élevages visant le statut indemne aurait pu l'obtenir s'il n'avait pas introduit un chat proposé à la reproduction et annoncé comme négatif, mais qui était en réalité positif », regrette Luna Vanden Buijs. Ces limites soulignent la nécessité d'un dépistage fiable et d'une certification officielle, encore en développement dans certains pays comme la Belgique.
Consignes sanitaires et de gestion, selon les trois niveaux sanitaires, afin de réduire et d'éliminer le FECV dans des élevages félins (d'après Luna Vanden Buijs, 2026).
Un point crucial souligné par le Pr Hans Nauwynck, son directeur de thèse, lors du webinaire, concerne la dynamique d'infection chez les chatons. « En élevage, la majorité des chats sont infectés précocement, souvent dès le sevrage. La maîtrise du virus passe donc par une intervention précoce, idéalement dès le premier mois de vie, période clé pour limiter la transmission virale et réduire le risque ultérieur de mutation vers la PIF ». Ces travaux montrent que, si l'élimination complète du virus reste difficile, notamment dans les élevages ouverts, des résultats très encourageants peuvent être obtenus.
Dans ce contexte, le panel de discussion réuni dans ce webinaire confirme que l'implication des organisations d'élevage apparaît essentielle pour structurer ces démarches, promouvoir des standards sanitaires et, à terme, encourager le développement de labels ou de certifications sanitaires. Lors de la discussion, les membres du panel ont souligné l'importance de la pression que les futures propriétaires pourraient représenter s'ils exigeaient des chatons « FECV négatif ». Un libre accès à des affiches résumant ces approches (comme celle-ci) a été proposé.
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