titre_lefil
Elanco & Proplan

18 mars 2026

Le surpoids : facteur de risque d'une hypertension oculaire chez le chien

par Agnès Faessel

Temps de lecture  3 min

D'après Pe'er et al., JVIM, 2026.
D'après Pe'er et al., JVIM, 2026.
 

Le risque était connu chez l'homme : chez le chien aussi, un surpoids est associé à une augmentation de la pression intraoculaire (PIO), avec à la clé une potentielle prédisposition au glaucome. Ce lien a été établi au travers des résultats d'une étude prospective sur des chiens en bon état de santé par ailleurs, publiés en libre accès dans le JVIM.

40 chiens exempts de pathologie oculaire

Au-delà de la condition corporelle, les auteurs ont recherché les liens entre la PIO et les indices de masse corporelle (IMC) et de masse grasse (IMG).

Les 40 chiens inclus, 21 femelles et 19 mâles, de diverses races, étaient âgés entre 1 et 10 ans et pesaient au moins 10 kg. Leur état de santé avait été contrôlé avant inclusion, en écartant notamment les cas atteints d'affections oculaires.

À l'occasion de l'examen ophtalmologique, la PIO avait été mesurée par tonométrie, dans les deux yeux (dans un ordre aléatoire). Mais seule la série de 3 mesures effectuée sur le second œil a été pris en compte, pour éviter les conséquences du stress (entraînant une élévation artificielle de la PIO).

Le score de condition corporelle (BCS) était établi sur une échelle à 9 points, les chiens étant considérés en surpoids pour des scores de 6-7/9, et obèses pour des scores de 8-9/9 : 23 en tout. Entre 2 et 5/9, les chiens étaient minces ou normaux (n = 17).

Corrélation directe entre PIO et indices corporels

Les résultats montrent donc une association significative entre le BCS et la PIO, avec une valeur médiane significativement supérieure chez les chiens en surpoids : 20,3 mmHg contre 13,7 (voir figure en illustration principale). Ces valeurs de PIO demeurent toutefois dans l'intervalle de normalité dans les deux groupes (10-25 mmHg).

  • La corrélation est très forte entre PIO et BCS, et une augmentation de 1 point du BCS est associée à une élévation de 1,9 mmHg de la PIO.
  • Elle est forte également entre PIO et IMC, avec une augmentation de 10 % de l'IMC associée à +2,9 mmHg.
  • Elle est significative mais plus faible entre PIO et IMG ; une hausse de 10 % de l'IMG est associée à +1,8 mmHg.

Peu de lien avec les marqueurs métaboliques

Un bilan sanguin a également permis de rechercher les liens entre PIO et paramètres métaboliques associés au surpoids (cholestérolémie ou taux de triglycérides, par exemple) ou avec des marqueurs inflammatoires (comme la protéine C-réactive ou l'interleukine-6). Mais si nombre d'entre eux sont effectivement plus élevés chez les chiens obèses ou en surpoids, une association significative avec la PIO n'est observée que pour le taux de leptine, une fois le BCS pris en compte dans l'analyse statistique.

Enfin, la pression artérielle systémique a également été mesurée, mais elle n'est pas corrélée à la PIO. L'âge des chiens, le poids comme le sexe n'y sont pas liés non plus.

Des perspectives pratiques

Cette étude ne démontre pas le lien entre obésité et glaucome, lequel est d'ailleurs controversé chez l'homme. Toutefois, une élévation de la pression intraoculaire est le principal facteur de risque de glaucome sur lequel il est possible d'agir. Les auteurs de cette étude conseillent donc d'évaluer systématiquement le BCS des chiens prédisposés au glaucome, et de prendre des mesures de contrôle du poids s'il est trop élevé.

Chez l'homme, en lien avec ses effets sur le métabolisme et la pression artérielle systémique, l'obésité est également associée à une diminution de l'acuité visuelle et à une perte de vision, secondaire à une cataracte ou une rétinopathie. Ces autres altérations oculaires n'ont pas été évaluée dans cette étude chez le chien.