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Elanco & Proplan

26 mars 2026

La maladie des griffes du chat peut aussi (rarement) provoquer une méningite subaiguë

par Vincent Dedet

Temps de lecture  3 min

Bartonella henselae est excrétée sur la peau des chats par les déjections des puces : ils s'infectent en se léchant, les bactéries se propageant alors à la cavité buccale et aux griffes, la transmission à l'homme se produisant par morsure ou griffure. Plusieurs formes cliniques existent : lymphadénite, encéphalite, ici une endocardite à B. henselae. Des infectiologues israéliens viennent de décrire une nouvelle forme clinique de cette infection humaine : une méningite subaiguë. Cliché : Warthin Starry.
Bartonella henselae est excrétée sur la peau des chats par les déjections des puces : ils s'infectent en se léchant, les bactéries se propageant alors à la cavité buccale et aux griffes, la transmission à l'homme se produisant par morsure ou griffure. Plusieurs formes cliniques existent : lymphadénite, encéphalite, ici une endocardite à B. henselae. Des infectiologues israéliens viennent de décrire une nouvelle forme clinique de cette infection humaine : une méningite subaiguë. Cliché : Warthin Starry.
 

Les auteurs le disent eux-mêmes : sans leur registre national des cas de maladie des griffes du chat, cette forme clinique de l'infection humaine par Bartonella henselae serait restée inaperçue. Les signes classiquement connus de l'infection humaine, liée aux griffures félines sont une lymphadénite localisée, ou dans de rares cas, des signes nerveux, liés à une encéphalite. Ce que décrivent ces auteurs infectiologues israéliens, ce sont des cas de méningite (sans encéphalite). Les patients présentent alors « irritation méningée, céphalées ou photophobie, associées à une pléïocytose du LCR ».

Aucun autre pathogène

Un registre national des cas de maladie des griffes du chat existe en Israël depuis 1991 – c'est probablement le seul pays à avoir porté une telle attention à cette affection. Les cas inclus dans ce registre et compatibles avec une méningite seule ont été revus. Tous ceux présentant un diagnostic alternatif possible (encéphalite à tiques, virus West Nile, Cytomégalovirus, virus Epstein-Bar, etc.) ont été exclus.

Six cas sur plus de 4 000

Entre 1996 et 2025, le registre comptait 4 116 patients, desquels les auteurs retirent six cas correspondant bien à la définition clinique retenue. Il s'agit d'hommes de 27 à 51 ans au moment des signes cliniques ; 5 d'entre eux possédaient un chat. « Tous avaient présenté une fièvre continue ou intermittente depuis une durée médiane de 30 jours (7 à 30 jours) avant leur hospitalisation, et des céphalées depuis une durée médiane de 22 jours (5 à 30 jours) ». Signe de l'aspect subaigu : « les symptômes étaient initialement bénins, et la plupart des patients ont consulté un médecin après l'évolution en forte fièvre et violents maux de tête ». Les auteurs précisent qu'en cas de méningite aiguë, les patients consultent quelques heures à quelques jours seulement après l'apparition des symptômes. Ici, une raideur de la nuque et une photophobie « ont été observées chez deux d'entre eux ». Quatre patients avaient une atteinte oculaire et trois présentaient une lymphadénite (régionale ou viscérale).

Diagnostic sérologique

Tous les patients étaient positifs en IgM spécifiques de B. henselae (signe d'infection récente), et cinq étaient aussi porteurs d'IgG également spécifiques de ce pathogène. Toutes les tentatives de culture du LCR ont échoué. Cinq patients ont reçu un traitement à la doxycycline, et le dernier avec l'azithromycine, environ sur 10 jours (de 7 à 30 jours selon les patients). Ils ont été hospitalisés entre 7 et 13 jours (médiane à 8,5 jours). Tous ont guéri et aucun n'a rechuté.

Informer les cliniciens

Les auteurs ont aussi analysé la littérature et identifié la description de cinq autres cas de méningite subaiguë chez des patients atteints de maladie des griffes du chat, répartis dans plusieurs publications. Ce qui est suffisant pour que les auteurs proposent d'inclure cette forme clinique dans les manifestations de maladie des griffes du chat. Ils « soupçonnent que les cliniciens ne connaissent pas bien [cette forme] subaiguë et que, par conséquent, ils ne demandent souvent pas de tests diagnostiques de bartonellose, en particulier de sérologie ». Les auteurs insistent sur le fait que la place croissante des chats dans les foyers, et la présence croissante de chats errants en zones urbaines « rendent essentiel d'obtenir un historique précis de l'exposition aux chats lors de l'évaluation d'une méningite aseptique ».