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Proplan

21 septembre 2017

Les achats d'antibiotiques plongent encore au printemps 2017 tout comme les APE chiens-chats et les vaccins bovins

par Eric Vandaële

Temps de lecture  3 min

L'année 2014 avait été marquée par de fortes hausses d'achats des antibiotiques compensées l'année suivante par des baisses plus fortes encore. Depuis le 1er avril 2016, les antibiotiques ne cessent de régresser dans les statistiques de l'AIEMV qui reflètent à la fois les évolutions de volumes et de tarifs. Figure LeFil d'après des données AIEMV.
L'année 2014 avait été marquée par de fortes hausses d'achats des antibiotiques compensées l'année suivante par des baisses plus fortes encore. Depuis le 1er avril 2016, les antibiotiques ne cessent de régresser dans les statistiques de l'AIEMV qui reflètent à la fois les évolutions de volumes et de tarifs. Figure LeFil d'après des données AIEMV.
 

Au second trimestre 2017, les vétérinaires et les autres ayants droit ont acheté aux alentours de 342 millions € HT de médicaments et autres produits vétérinaires sans AMM (petfoods inclus). C'est 6,9 % de moins qu'au premier trimestre (367 M€) et en retrait de 1,5 % par rapport à la même période de 2016. Hors petfoods, la baisse atteint 2,1 % par rapport au second trimestre 2016, selon les statistiques de l'association interprofessionnelle d'études du médicament vétérinaire (AIEMV).

Dans le sillage des antibiotiques, les autres classes décrochent

Une forte chute des achats d'antibiotiques, de l'ordre de 15 % à 20 %, est observée dans toutes les espèces animales. Toutefois, l'AIEMV appelle à rester prudent sur ces chiffres qui reflètent aussi bien des variations de volumes que de tarifs.

Aucune grande classe thérapeutique ne progresse au printemps 2017 par rapport à la même période de 2016.

  • Les vaccins stagnent à +0,4 %, avec les vaccins canins et félins à +0,3 %. La forte hausse des vaccins porcs (+10 %) est compensée par les fortes baisses des vaccins ruminants (-13 %) et, dans une moindre mesure, équins (-15 %).
  • Les antiparasitaires internes régressent à -4 %, chez les ruminants (-9 %) comme chez les équins (-6 %). Ils stagnent en canine (+2 %).
  • Plus surprenant, les APE et endectocides régressent en canine (-13 %) alors que cette classe augmente fortement chez les ruminants (+18 %).
  • Les anti-inflammatoires sont aussi en baisse de 2,4 % surtout chez les équidés (-19 %) et les ruminants (-13,5 %). La progression des anti-inflammatoires (+9 %) ne suffit donc pas à compenser ces chutes.

Seule la canine progresse un peu de 2,5 %

Presque tous les marchés par espèce animale sont en baisse à l'exception de celui pour les animaux de compagnie en petite hausse de 2,5 % hors petfoods et de 1,6 % pour les petfoods.

Les marchés ruminants et équins dégringolent même de 10 % par rapport au second trimestre 2016. Seuls les endectocides sont en forte hausse de 18 % chez les ruminants

Vous trouverez ci-dessous quelques graphiques légendés ainsi que des tableaux de données brutes en bas de ce mail. Dans les figures, les valeurs indiquées en millions d'euros correspondent à des volumes d'achat durant l'année 2016. Les variations trimestrielles sont exprimées en % par rapport à la même période de l'année précédente.

Ces valorisations sont calculées sur la base des quantités livrées aux ayants droit en prix HT fabricant -10 %, à l'exception des antibiotiques où cette défalque de 10 % n'est plus appliquée depuis l'arrêt des remises au 1er janvier 2015. Ces chiffres ne sont donc pas des vrais chiffres d'affaires, mais des valorisations qui reflètent à la fois les variations des quantités livrées et des tarifs fabricants.

Depuis avril 2016, les marchés ne progressent pas

Les évolutions trimestrielles confirment que les deux années 2014 et 2015 étaient des années exceptionnelles, marquées par le débat sur la loi d'avenir en 2014 et son application depuis le 1er janvier 2015.

 

Les antibiotiques scrutés à la loupe

Dans le contexte du plan Ecoantibio, les évolutions des ventes d'antibiotiques sont toujours scrutées à la loupe. Mais l'AIEMV prévient qu'il convient de rester prudent dans les interprétations. Car même si les chiffres de l'AIEMV valorisent à un tarif fabricant les quantités vendues, ils ne reflètent évidemment pas les indices d'exposition.

Au global, les achats d'antibiotiques diminuent depuis le 1er avril 2016, date d'entrée en vigueur du décret antibiotiques critiques.

Les chutes sont plus marquées sur les formes injectables qui, depuis quatre trimestres, restent orientées en forte baisse de 15 à 20 %. Au premier trimestre 2016, cette classe représentait près de 24 millions d'euros d'achats. Au second trimestre 2014, elle ne pèse plus que pour 13,5 millions d'euros dans les achats des vétérinaires.

Les formes orales dégringolent aussi au printemps 2017 (-12 %) après neuf mois de relative stagnation.

Les achats d'antibiotiques ont diminué de 15 à 22 % au printemps 2017 aussi bien pour les formes orales qu'injectables. Seuls les comprimés pour chiens et chats enregistrent une baisse plus faible de 5 %, mais avec une chute de 24 % des formes injectables pour animaux de compagnie. Cette chute est d'ailleurs la plus faible sur cette classe depuis le 1er avril 2016, avec probablement un report sur les formes orales pour chiens et chats.

 

Les antipuces s'achètent plus en hiver qu'au printemps

Depuis plusieurs années, ce sont les APE (antiparasitaires externes) qui tirent le marché des animaux de compagnie à la hausse. Mais au printemps 2017, les APE ont chuté de 13 % par rapport au printemps 2016. À l'inverse, au début de l'année 2017, les APE avaient, en plein hiver, fait un bond de 30 %. Autre classe importante, les vaccins stagnent à + 0,3 %. Le marché canin reste en faible progression de 2,5 % grâce aux anti-inflammatoires (+9 %), en forte hausse depuis le début de l'année 2016, et aux autres médicaments fonctionnels (cardiologie, anesthésie…) à + 3,7 %.

 

Pour les animaux de compagnie, les petfoods enregistrent au printemps 2007 une de leurs plus faibles croissances trimestrielles à +1,6 % avec une baisse de 0,9 % du marché des aliments physiologiques pour chiens.

Chez les ruminants, seuls les endectocides progressent

À l'exception des endectocides en hausse de 18 %, toutes les autres classes pour les ruminants sont en baisse au printemps 2017. Dans le sillage de la baisse des antibiotiques de 15 %, les vaccins chutent dans la même proportion, ainsi que les anti-inflammatoires (-13,5 %) et les autres classes (-13 %), ce qui inclut les intramammaires, les hormones, les produits métaboliques etc. Hors endectocides, les vermifuges sont aussi en baisse de 6 %.

 

Un printemps équin dans la déprime

Après un bon début d'année 2017, le petit marché équin enregistre au second trimestre 2017 la plus forte baisse de toutes les espèces animales, presque – 11 % par rapport au printemps 2016, plus forte que dans les productions animales. Toutes les classes sont en chute : les antibiotiques (-13 %), les anti-inflammatoires (-19 %), les vermifuges (-9 %) et les autres classes (-7 %).

 

Tableau des données brutes trimestrielles

Tableau LeFil d'après des données AIEMV.