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Proplan

30 juin 2016

Boehringer signe le rachat de Merial à Sanofi pour la fin 2016

par Eric Vandaële

Temps de lecture  3 min

En ajoutant les ventes de Merial à celles de Boehringer, le nouveau laboratoire issu de cette fusion représenterait environ le quart des ventes des médicaments vétérinaires en France (sur le périmètre de l’AIEMV).

En rachetant Merial à Sanofi, Boehringer Ingelheim s’est engagé à conserver les sites de Lyon et de Toulouse.

 
En ajoutant les ventes de Merial à celles de Boehringer, le nouveau laboratoire issu de cette fusion représenterait environ le quart des ventes des médicaments vétérinaires en France (sur le périmètre de l’AIEMV).
 

Le 27 juin, les deux groupes pharmaceutiques Boehringer Ingelheim et Sanofi ont signé des accords définitifs.

  • Boehringer Ingelheim récupère Merial, ses gammes, son personnel, ses usines, ses sites de R&D… Le tout est valorisé 11,4 milliards d’euros soit 4,6 fois son chiffre d’affaires 2015 de 2,5 milliards d’euros.
  • En échange, Boehringer cède au groupe Sanofi son activité de santé grand public, la gamme Lysopaïne° pour citer la marque la plus connue en France. Cette activité est valorisée 6,7 milliards d’euros soit 4,4 fois son chiffre d’affaires (1,5 milliard d’euros). Boehringer Ingelheim ajoutera donc un chèque de 4,7 milliards d’euros pour finaliser l’acquisition de Merial.

Cet accord n’est pas une surprise. Car les deux multinationales pharmaceutiques avaient annoncé dès le 15 décembre leur intention de procéder à cet échange sur ces mêmes bases financières. Sanofi deviendra alors le leader mondial de la santé grand public.

Le quarté de tête mondial bouleversé

Tandis que le laboratoire allemand Boehringer prendrait, avec Merial, la seconde place du classement mondial de la santé animale, s’intercalant, avec un chiffre d’affaires estimé à 4,2 milliards de dollars, entre Zoetis (4,8 milliards $) et Merck (3,3 milliards $), suivi de Elanco (3,2 milliards $).

Derrière ces quatre premiers mondiaux, l’écart se creuse avec l’actuel numéro 5 mondial, Bayer à 1,6 milliard $, et les deux français Ceva et Virbac qui s’approchent du milliard $.

Des garanties sur Lyon et Toulouse

La clôture finale de cette acquisition est attendue pour la fin de l’année 2016. Elle reste toujours en attente de l’accord des autorités de la concurrence. Boehringer Ingelheim se veut rassurant en soulignant « les similarités culturelles et d’approche » entre les deux groupes. En France, Boehringer s’est engagé sur les sites historiques de Merial à Lyon et Toulouse. Lyon restera « un centre opérationnel pour les activités commerciales, de R&D et de production ». Le site de fabrication de Toulouse sera aussi conservé.

Plus du quart des ventes en canine

En France, le nouveau groupe représenterait près du quart de marché (toutes espèces confondues) contre 20 % pour Merial seul. Il sera le numéro un dans presque toutes les espèces, sauf pour les ruminants.

En « canine », la suprématie de Merial sera confirmée dans Boehringer Ingelheim. Le nouveau laboratoire avec 26 % de part de marché serait deux à trois fois plus gros que ses premiers challengers : Ceva, Virbac à 12 % de part de marché, puis MSD, Zoetis, Bayer et Elanco entre 9 et 10 %. Sur le marché des AINS, le nouveau laboratoire disposera toutefois de deux molécules concurrentes : le méloxicam princeps (Metacam°) et le firocoxib sélectif cox2 (Previcox°).

Plus du tiers du marché équin

Avec les vaccins et les vermifuges, Merial disposait déjà d’une large avance sur ses concurrents avec 30 % de part de marché. Dans Boehringer, les ventes de 36 % des médicaments équins seront détenues par le nouveau groupe qui devancera ainsi largement les autres laboratoires qui s’intéressent aux équidés. En outre, Ceva a cédé à Audevard à la mi-mai son médicament phare en équine Tildren°. Le nombre de laboratoires pharmaceutiques qui s’intéressent au petit marché équin est donc de plus en plus réduit.

Dans le tiercé de tête des ruminants

Sur le gros marché des ruminants, Merial avait été distancé par MSD et Zoetis à la suite des fusions successives d’Hoechst, Intervet, Schering-Plough dans MSD et de SmithKline-Beecham, Fort Dodge et Pfizer dans Zoetis. L’acquisition de Merial dans Boehringer donne naissance à un groupe de cette taille. À l’exception de la concurrence entre les vaccins BVD de Boehringer (Bovela°) et de Merial (Mucosiffa°), les deux laboratoires étaient d’ailleurs, jusque-là, assez complémentaires.

N° 1 en porcs et volailles avec 30 %

Dans la filière porcine, Boehringer Ingelheim et Merial sont en France d’une taille comparable avec chacun un peu plus de 15 % du marché. Leur union conduit donc à la naissance du premier acteur du marché français avec 31 % de part de marché, devant MSD (25 %), puis, plus loin, Ceva (14 %), Zoetis (12 %) et Elanco (8 %).

Enfin, dans les filières avicoles, Boehringer Ingelheim n’était pas présent. Mais, le nouveau groupe devrait hériter de la place de leader français de Merial avec un tiers du marché, devant MSD (31 %), Ceva (17 %) et Zoetis (9 %).