12 juin 2026
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Au second semestre 2015, les achats d’APE pour chiens et chats ont chuté de 16 % au dernier trimestre par rapport à 2014 et de 8 % à l’été.

Du jamais vu ! Comment mieux résumer les ventes 2015 des laboratoires et des centrales aux ayants droit ? Les termes manquent car la situation est inédite, historique… Mais finalement, si l’on y réfléchit, sans grande surprise, si ce n’est attendue.
Car l’année 2015 semble être une année de corrections à la baisse des hausses spectaculaires des années précédentes : à l’évidence sur les antibiotiques, comme sans doute aussi sur les antiparasitaires externes (APE).
Avant 2015, les deux dernières baisses remontent à 2009 (-1,6 %) et 2004 (-1 %).
C’est la première fois que les achats des ayants droit sont autant en retrait d’une année sur l’autre : -8,5 % au global toutes espèces confondues (hors petfoods), selon les statistiques de l’association interprofessionnelle d’études du médicament vétérinaire (AIEMV). Cette association inclut aussi les ventes des produits nutritionnels et d’hygiène « sans AMM » comme les biocides.
Les chiffres indiqués dans les légendes des figures correspondent à la valorisation en euros des différents marchés AIEMV en 2014 : ici, 516 M€ de médicaments et produit sans AMM pour les chiens et les chats avec, en sus, 197 millions d’euros pour le petfood en 2014.
Autre première historique : sans les ventes de petfoods (+3,1 %), le marché animaux de compagne décroît de 0,6 % et il stagne à +0,4 % avec le petfood. Mais, ce sont évidemment les ventes en productions animales qui sont le plus touchées par cette dégringolade : -14,5 % pour les bovins, -17 % chez les volailles (versus +10 % en 2014) et -11 % pour les porcins.
Au global, le marché AIEMV 2015 est estimé à près 1,38 milliard € dont 52 % (715 millions €) pour les chiens et les chats. Toujours en croissance (+3,1 %), le petfood « vétérinaire » franchit même la barre symbolique des 200 millions €. Ces valorisations sont estimées à partir des volumes livrés par les centrales et les laboratoires en prix HT fabricant -10 % (sauf pour les antibiotiques). Cette estimation est donc assez proche des prix centrales. Toutefois, les unités gratuites et les remises supérieures à 10 % du prix fabricant ne sont pas déduites de ce calcul. Il ne s’agit donc pas des vrais chiffres d’affaires des laboratoires.
La chute des ventes s’est accentué tout au long de l’année 2015.
L’année 2015 avait commencé par une petite baisse (-3 %) des achats du fait de la chute des achats des antibiotiques (-43 %). Elle se termine par une forte baisse (-10,3 %) qui touche (presque) toutes les grandes classes sauf… les vaccins bovins et les petfoods.
Les valorisations en euros indiquées dans la légende de 224 M€ au total sont celles de l’année 2014. En 2015, les ventes antibiotiques ont perdu 43 % de leurs valeurs et sont estimées à 132 M€ au total.
Les achats d’antibiotiques plongent de 43 % en 2015. C’était attendu, mais peut-être pas d’autant ni, surtout, jusqu’à la fin de l’année. Au moins quatre raisons, liées à la loi d’avenir et à l’interdiction des remises depuis le 1er janvier 2015, peuvent expliquer ce plongeon.
Cette chute des achats des antibiotiques en 2015 est observée dans tous les espèces sur les quatre trimestres. Elle est toutefois un peu plus prononcée pour les antibiotiques oraux (-45 %) que pour les injectables (-40 %).
De même, la baisse est plus marquée dans les productions animales que pour les animaux de compagnie :
Selon l’AIEMV, cela fait trois ans que les achats de vaccins pour chiens et chats, valorisés à 76 M€ en 2014 (en prix HT fabricant -10 %), ne progressent pas.
Les vaccins, 270 M€ au total, représentent une des seules classes dont les volumes d’achats ont progressé (+4,1 %) avec toutefois deux facteurs importants qui influent beaucoup sur ces chiffres.
Selon les données de l’AIEMV, les vaccins pour chiens et chats régressent depuis trois ans ou stagnent en 2015 (+0,4 %). À l’inverse, les vaccins pour ruminants sont le seul marché à afficher une croissance supérieure à 10 % sur l’année. Les vaccins contre la fièvre catarrhale ovine achetés par l’état sur appel d’offres ne sont pas comptabilisés dans ces chiffres.
En 2014, les marchés des APE étaient valorisés à 158 M€ (en prix HT fabricant -10 %) près de quatre fois plus que celui des vermifuges (43 M€).
Les ventes d’antiparasitaires internes (API) ou externes (APE) ont plutôt bien démarré l’année 2015 (environ +10 % sur le premier semestre) mais la terminent sur une chute d’environ 9 % sur le dernier semestre surtout pour les APE des chiens et chats. Au global, les APE augmentent un peu (+2,7 %), mais les vermifuges et les endectocides régressent de 2 %.
Chez les chiens et les chats, le gros marché (158 M€) des APE (et endectocides) reste donc en légère croissance (+ 2 %) malgré un plongeon de 8 % à l'été 2015 et de 16 % au dernier trimestre. Cette classe était en hausse de plus de 10 % chaque année depuis au moins cinq ans, tirée par les lancements des nouveaux APE. L’année 2015, sans grande nouveauté par rapport à 2014, marque donc une pause.
Le marché des vermifuges (ou API) pour chiens et chats est près de quatre fois plus petit (43 M€). Les hausses ont été moins importantes ces dernières années que celles des APE. La baisse en fin d’année est aussi moins marquée.
La valorisation des marchés en euros indiquée dans la légende est celle de l’année 2014.
Chez les ruminants, le marché des endectocides, des API et des APE (135 M€ en 2014) est en baisse de 2 % sur l’année, avec des pertes observées surtout à l’été 2015 (-10 %).
Chez les équidés, les ventes de vermifuges (25 M€) apparaissent en chute libre depuis 18 mois pour atteindre -24 % au dernier trimestre 2015.
Le marché des anti-inflammatoires (76 M€ en 2014) est stagnant (-0,2 %) sur l’ensemble de l’année 2015, malgré un bon début d’année 2015 de ceux destinés aux chiens et aux chats (+7 %).
La valorisation des marchés en euros indiquée dans la légende est celle de l’année 2014.
Les fortes croissances du marché vétérinaire du petfood à plus de 10 % sont révolues. 2015 ressemble à 2014 avec une faible croissance aux alentours de 3 %, mais qui se confirme chaque trimestre. À un ou deux points près, tous les segments de ce marché semblent évoluer avec la même dynamique.
Compilation de données publiées par l'AIEMV.
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