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1er juillet 2026
Sans surprise, les vidéos TikTok sur la prévention contre les tiques recèlent peu d'expertise

Un bémol : seules des vidéos en anglais ont été analysées. Mais les résultats de ce travail semblent pouvoir s'appliquer aux contenus francophones… Car des épidémiologistes vétérinaires de l'université de Guelph (Ontario, Canada) se sont penchés sur les contenus de 50 vidéos TikTok promouvant ou présentant des traitements antiparasitaires externes pour les chiens et ou les chats, et montrent que la parole des vétérinaires y est très limitée.
Le pourquoi de l'étude est simple : d'une part, « les plateformes de réseaux sociaux sont devenues une source d'information dominante » pour le grand public, et d'autre part « les utilisateurs se tournent de plus en plus vers elles pour obtenir des conseils rapides et connaître les expériences de leurs pairs » - ce qui est surtout valable pour les populations urbaines jeunes… Or ce sont souvent des personnes qui prennent pour la première fois la responsabilité d'un animal de compagnie. Ces auteurs ont donc souhaité « caractériser les mesures de prévention contre les tiques chez les chiens et les chats sur TikTok et identifier les principales allégations, ainsi que les caractéristiques de communication utilisées par les créateurs de contenu ».
Après avoir créé un compte avec une adresse email personnelle et non d'institution (pour ne pas biaiser les choix algorithmiques), les auteurs ont recherché les vidéos liées à de nombreux hashtags (en anglais) sur le sujet (#ticks, #tickrepellent, #tickprevention etc.) le 6 août 2025. Avec #tickprevention, ils ont obtenu plus d'un millier de vidéos, et ont sélectionné les 50 ayant fourni les taux les plus élevés d'engagement. Pour être retenues dans l'étude, les vidéos devaient explicitement aborder la prévention des tiques chez les chiens ou les chats et contenir suffisamment d'information pour identifier le type de prévention abordé (méthodes alternatives incluses). Ces données ont été compilées en tableau excel, avec entre autres la position du créateur de contenu (« vétérinaire, influenceur, propriétaire d'animaux de compagnie ou revendeur ») et taux d'engagement (fourni par la plateforme).
Dans leur analyse, les auteurs définissent comme suit :
Ils observent que le sujet est de présence croissante (3 des 50 vidéos datent d'avant 2023, tandis qu'il y en a eu 36 sur les 7 premiers mois de 2025). Sans surprise, ces vidéos sont mises en ligne le plus souvent au printemps ou en été. C'est celle du vétérinaire qui a donné l'engagement le plus élevé (3 382 likes, commentaires et partages). Celles d'influenceurs (46 sur 50) avaient un taux d'engagement très variable (de 18 à 2 133), relativement faible pour ce type de communication – possiblement en lien avec un sujet “de niche”. La dominance des contenus d'influenceurs « reflète probablement de plus larges tendances en matière de communication sur la santé sur les réseaux sociaux, où les messages émanant de non-experts ou à visée commerciale surpassent souvent ceux des professionnels ».
Ces vidéos concernaient les chiens avant tout (84 % seuls et 10 % avec les chats). Elles mettaient l'accent sur différents produits et/ou approches, qui ont généré des taux d'engagement variables :
Plusieurs thématiques peuvent être mises en avant dans une même vidéo, aussi les auteurs ont-ils compilé 134 cas, avec comme thématique dominante de la prévention les modalités d'application du produit, juste devant la promotion de méthodes alternatives (produits ‘phyto' et huiles essentielles, voir l'illustration principale). À noter qu'aucune vidéo sur des produits alternatifs n'aborde la sécurité de ces produits. Un peu plus du tiers (36 %) des vidéos avaient été payées par un sponsor. Elles présentent un niveau moyen d'engagement 30 fois plus faible que les autres. Ces vidéos payées étaient toutes le fait d'influenceurs. Ce mode de communication « en publicité aux frontières floues » fait dire aux auteurs que « l'engagement est davantage façonné par le style de présentation, la dynamique de la plateforme et l'authenticité perçue que par la précision clinique ».
Selon les auteurs, cette étude révèle « aux professionnels et aux organisations du secteur vétérinaire l'occasion de diffuser des informations fondées sur des données probantes concernant la prévention des tiques, au moyen de courtes démonstrations visuelles adaptées aux codes de la plateforme ». Ils estiment que cela pourrait aussi être accompagné par « les organisations professionnelles, les associations vétérinaires et les organismes de santé publique, [qui] pourraient jouer un rôle central en élaborant des supports pédagogiques centralisés et des messages harmonisés ».
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