19 mai 2026
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Les recommandations 2026 de l'American Animal Hospital Association (AAHA) consacrées au diabète félin constituent une réelle mise à jour de l'approche de cette maladie. Si l'insuline demeure un pilier thérapeutique, l'arrivée des inhibiteurs SGLT2, le développement du monitoring continu de la glycémie et une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques modifient progressivement les pratiques. Ce document actualise les recommandations publiées en 2018 et met davantage l'accent sur une médecine individualisée. Le document propose également un tableau (voir l'illustration principale) et cinq arbres décisionnels portant sur le traitement par inhibiteurs SGLT2, la gestion de l'acidocétose diabétique, le monitoring glycémique des chats sous insuline, la prise en charge de l'hypoglycémie et l'exploration médicale des chats nécessitant de fortes doses d'insuline.
Le diabète félin résulte d'une combinaison complexe de dysfonctionnements touchant les cellules ß pancréatiques. Les recommandations rappellent le rôle central de l'insulinorésistance et de la toxicité glucidique dans la pathogénie de la maladie. Chez de nombreux chats, l'obésité, la sédentarité, l'âge moyen ou avancé, le sexe mâle, certaines médications ou maladies concomitantes favorisent une insulinorésistance chronique qui finit par dépasser les capacités de compensation du pancréas. Lorsque la glycémie franchit le seuil rénal, généralement situé autour de 250–300 mg/dl, apparaissent les signes cliniques classiques : polyuro-polydipsie, polyphagie et perte de poids. Les recommandations rappellent également qu'une neuropathie périphérique constitue une manifestation typique de la toxicité glucidique chez le chat.
L'un des messages forts des recommandations concerne la prudence diagnostique. Une hyperglycémie isolée ne suffit pas à confirmer un diabète chez le chat, espèce particulièrement sensible à l'hyperglycémie de stress. Le diagnostic nécessite la mise en évidence d'une hyperglycémie persistante, associée à une glucosurie ou à une augmentation de la fructosamine ou de l'hémoglobine glyquée. Les mesures réalisées à domicile gagnent en importance, notamment grâce aux outils de surveillance à domicile. Les auteurs recommandent également une évaluation systématique comprenant numération formule sanguine, biochimie complète, analyse d'urine, dosage de la T4 totale, mesure de la pression artérielle et recherche de cétonémie par dosage du ß-hydroxybutyrate (BHB). Cette approche permet également d'identifier les comorbidités susceptibles d'interférer avec la réponse thérapeutique.
L'une des principales nouveautés des recommandations AAHA 2026 est l'intégration des inhibiteurs SGLT2 dans l'arsenal thérapeutique félin. La vélagliflozine (et, aux États-Unis, aussi la béxagliflozine), autorisée en Europe chez les chats diabétiques nouvellement diagnostiqués, non traités auparavant par insuline et cliniquement stables. Ces molécules diminuent la glycémie en augmentant l'excrétion urinaire du glucose. Les auteurs notent que, chez de nombreux chats, l'amélioration clinique apparaît en quelques heures et la fructosamine revient fréquemment dans les valeurs de référence après huit semaines de traitement. Cependant, « la sélection des patients est essentielle ». Les chats présentant vomissements, hyporexie, cachexie, déshydratation ou léthargie ne sont pas de bons candidats et doivent plutôt recevoir une insulinothérapie. Le principal risque reste l'acidocétose diabétique euglycémique, complication potentiellement grave pouvant survenir malgré une glycémie modérément élevée. Les recommandations insistent donc sur la surveillance rigoureuse des cétones sanguines, particulièrement durant les deux premières semaines de traitement. Les effets indésirables digestifs sont fréquents, notamment diarrhée et vomissements, mais restent généralement transitoires.
Malgré l'arrivée des SGLT2, l'insuline demeure le traitement de référence, notamment chez les chats métaboliquement instables ou présentant des contre-indications aux nouvelles molécules. Les recommandations continuent de privilégier principalement la glargine U-100 et l'insuline protamine zinc. Les auteurs rappellent que l'objectif thérapeutique n'est pas une normalisation parfaite de la glycémie, mais le contrôle des signes cliniques sans hypoglycémie. Un point important concerne la rémission diabétique, phénomène presque spécifique au chat. Une rémission est définie comme une normoglycémie de plus de quatre semaines sans traitement hypoglycémiant. Elle survient fréquemment dans les premiers mois suivant le diagnostic, lorsque l'insulinorésistance et la toxicité glucidique régressent. Les recommandations soulignent toutefois qu'un chat en rémission n'est pas guéri et qu'une rechute reste possible.
Les recommandations 2026 insistent sur l'importance de « surveiller le chat, pas seulement les chiffres ». L'un des changements les plus marquants est l'abandon des courbes de glycémie hospitalières comme méthode de suivi de routine. Le stress induit par l'hospitalisation est considéré comme un facteur limitant majeur de leur interprétation. Les courbes réalisées à domicile et surtout les systèmes de mesure du glucose en continu (CGM) prennent désormais une place centrale. Les CGM permettent de suivre les tendances glycémiques sur plusieurs jours et de détecter des hypoglycémies infracliniques avant l'apparition de signes cliniques. La surveillance ne doit toutefois pas reposer uniquement sur les données glycémiques. L'évolution du poids corporel, de l'appétit, de la consommation d'eau, du comportement et des signes cliniques reste fondamentale. La fructosamine conserve un intérêt, surtout lorsqu'elle est suivie dans le temps plutôt qu'interprétée isolément.
L'alimentation constitue un complément essentiel du traitement. Les recommandations privilégient des aliments riches en protéines et pauvres en glucides, idéalement sous forme humide. Chez les chats obèses, l'objectif est une perte de poids progressive afin de réduire l'insulinorésistance. Toutefois, les auteurs rappellent que certaines comorbidités peuvent modifier les priorités nutritionnelles. Un chat présentant à la fois un diabète et une insuffisance rénale avancée pourra ainsi bénéficier prioritairement d'un aliment rénal plutôt que d'un aliment spécifiquement dédié au contrôle du diabète.
Enfin, les recommandations mettent fortement l'accent sur l'éducation des propriétaires. L'adhésion thérapeutique, la compréhension des objectifs du traitement et la capacité à reconnaître les complications conditionnent largement le succès à long terme. Les auteurs rappellent qu'un contrôle glycémique « adéquat », et non nécessairement parfait, permet à de nombreux chats diabétiques de vivre confortablement pendant plusieurs années.
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