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13 octobre 2015
Chiots et chatons interdits de vente entre particuliers en 2016 sauf… à devenir professionnel
Le Journal Officiel du 8 octobre 2015 a publié une ordonnance relative au commerce des animaux de compagnie. Cette ordonnance conduira au 1er janvier 2016 à placer dans l’illégalité tout particulier qui cède à titre onéreux un chiot (ou un chaton) issue de sa chienne (ou de sa chatte) sauf à s’inscrire comme éleveur auprès de la chambre d’agriculture… Toute une histoire.

J’imagine que vous avez parmi vos clients des propriétaires d’une chienne ou d’une chatte gravide qui, sans être vraiment des éleveurs, même amateurs, ont décidé d’aller jusqu’à la mise-bas. Souvent, ils ont l’intention de céder les chiots ou les chatons à titre onéreux. Ce n’est pas nécessairement à but lucratif, mais juste pour rembourser « les frais » notamment de vaccination et d’identification.
Jusqu’au 31 décembre 2015, une telle cession de « particulier à particulier » ne pose pas vraiment de problème réglementaire tant que les animaux cédés sont identifiés et âgés d’au moins huit semaines.
À compter du 1er janvier 2016, c’est une toute autre histoire. Le gouvernement vient en effet de publier au journal officiel une ordonnance législative du 7 octobre 2015 relative au commerce des animaux de compagnie qui n’entrera en vigueur qu’au 1er janvier prochain. Ces particuliers ne pourront plus que soit céder gratuitement les chiots ou les chatons, soit faire les démarches pour être reconnus comme « éleveur » auprès de la chambre d’agriculture et disposer d’un numéro SIREN au titre des activités agricoles. Ces démarches administratives en dissuaderont beaucoup.
L’objectif de ce texte législatif, prévu par la loi d’avenir du 13 octobre 2014 est – on peut s'en douter – louable. Il s’agit de lutter contre les « faux particuliers » qui, notamment, profitent d’internet pour vendre des chiots ou des chatons sans garantie, particulièrement sanitaire.
Les vrais acteurs professionnels de cette filière, animaleries, éleveurs professionnels… dénoncent cette « concurrence déloyale ». D’autant que depuis le 1er janvier 2015, de nouvelles normes sanitaires s’appliquent à ces professionnels.
Le marché de la vente d’animaux de compagnie représenterait un marché 1,5 milliard d’euros. Les prestations induites, telles que les soins vétérinaires, le toilettage, le gardiennage… sont estimées à 3 milliards d’euros.
Nouvelles définitions des éleveurs de chiens ou de chats et de la vente

Source : d’après le Code rural (LegiFrance)
Jusqu’au 31 décembre 2015, l’élevage de chiens et de chats consiste en la détention d’au moins une femelle reproductrice et à la vente d’au minimum deux portées par an. En dessous de ce seuil, la vente occasionnelle d’un chiot ou d’un chaton issu d’une seule portée par an, voire d’une gestation accidentelle, n’était pas rattachée à la notion d’élevage.
Au 1er janvier 2016,
Seule la cession à titre gratuit de tous les chatons ou des chiots d’une portée ne constitue pas une activité d’élevage pour les particuliers qui détiennent une femelle gravide. À défaut de la gratuité de la cession, les particuliers deviennent des éleveurs au sens de la loi, avec les nouvelles obligations associées (voir tableau ci-dessous).
Tous les élevages, même les plus petits, sont ainsi tenus de disposer d’installations conformes aux règles sanitaires et de protection animale. Ces règles ont été fixées par l’arrêté du 3 avril 2014 (JO 17 avril 2014). Elles ont aussi été précisées par une note de service du ministère de l’agriculture du 24 décembre 2014 à quelques jours de leur entrée en vigueur au 1er janvier 2015 (voir ce lien).
Obligations pour les activités liées aux animaux de compagnie

Source : d’après le Code rural (LegiFrance)
En outre, l’immatriculation des activités d’élevage (au premier chaton ou chiot vendu) ou de vente à titre commercial devient obligatoire au 1er janvier 2016 auprès de la chambre d’agriculture au titre des activités agricoles. Toutes ces personnes disposeront d’un numéro d’immatriculation SIREN. Ce numéro sera à faire figurer dans les petites annonces.
Ces obligations, si elles sont connues, devaient décourager beaucoup de particuliers de mettre à la reproduction leurs chiennes ou leurs chattes ou de conserver les portées des gestations accidentelles en vue de leur vendre.
Aussi, une dérogation a été prévue pour les petits éleveurs amateurs de chiens ou de chats de race (pas plus d’une portée par an), dont les produits sont tous inscrits à un livre généalogique. Dans ce cas, l’immatriculation à la chambre d’agriculture n’est pas obligatoire.
Au 1er janvier 2016, le certificat de capacité est supprimé et remplacé par :
Obligations pour les ventes et les cessions à titre gratuit ou onéreux

Source : d’après le Code rural (LegiFrance)
La vente en libre-service devient interdite pour tout animal vertébré.
Toute cession, même gratuite, d’un animal de compagnie est déjà interdite dans les foires, marchés, brocantes, salons ou les expositions à l’exception de celles dédiées aux animaux de compagnie. Au 1er janvier, plus aucune dérogation ne pourra être accordée pour les chiens ou les chats.
Les mentions obligatoires des petites annonces de vente ou de cession sont révisées pour y inclure, entre autres :
Les documents associés à la cession d’un animal de compagnie

Source : d’après le Code rural (LegiFrance)
Comme pour les chiens, la vente ou la cession gratuite d’un chat nécessitera un certificat vétérinaire dans tous les cas (en sus d’une identification). Jusque-là, un certificat de bonne santé était exigé seulement pour les cessions à titre onéreux entre particuliers.
L’âge minimal de huit semaines pour la vente d’un chiot ou d’un chaton sera aussi applicable à la cession gratuite. L’identification de ces animaux cédés reste évidemment obligatoire.
Les infractions à ces règles sont sanctionnées dans le code rural par une amende pénale de 7500 € maximum.
En cas de mauvais traitement aux animaux, les personnes physiques risquent aussi jusqu’à six mois de prison. L’ordonnance permet d’y associer d’autres sanctions comme :
Enfin, dans les cas d’abandon, une association de protection animale pourra désormais se porter partie civile.
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