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9 septembre 2026
Stérilisation des chiens et des chats : que nous apprend la base de données britannique

Depuis 2005, des équipes vétérinaires britanniques contribuent à une vaste base de données consacrée aux résultats à court terme des interventions de stérilisation et de castration chez les animaux de compagnie. Initialement baptisé VetAUDIT, le projet a été renommé National Audit for Small Animal Neutering (NASAN) en 2018. Son objectif : constituer une base de données suffisamment robuste pour établir des références nationales et « aider la profession à améliorer, sur la base de données objectives, la prise en charge » des animaux stérilisés/castrés. Le rapport résumant les données des 20 dernières années vient d'être publié par RCVS Knowledge.
Entre 2005 et 2025, 90 363 interventions ont ainsi été enregistrées, dont 50 214 ovariectomies/ovariohystérectomies et 40 149 castrations, toutes espèces confondues. Les résultats sont connus pour 76 222 interventions (voir l'illustration principale). Les données concernent principalement les chiens et les chats, et, depuis 2024, les lapins. Le NASAN permet de comparer les résultats postopératoires selon une classification en cinq catégories, inspirée du système de classification Clavien-Dindo, largement utilisé pour graduer les complications chirurgicales. Une intervention peut ainsi être considérée comme : sans anomalie ; présentant une anomalie ne nécessitant aucun traitement ; nécessitant un traitement médical supplémentaire ; une nouvelle intervention chirurgicale ; voire, dans les cas les plus graves, entraîner le décès du patient.
Dans l'ensemble, les résultats apparaissent rassurants. Selon l'espèce et le type d'intervention, les taux de résultats sans anomalie se situent généralement entre 75 et 86 % pour les femelles et entre 75 et 95 % pour les mâles (voir le tableau ci-dessous).
Les chiens présentent davantage d'anomalies postopératoires que les chats. La majorité de ces événements restent toutefois des complications ne nécessitant pas de traitement ou pouvant être prises en charge médicalement. Un élément important à prendre en compte est la perte de suivi : les résultats ne sont pas connus pour environ 12 % des stérilisations et 20 % des castrations. Les chiffres doivent donc être interprétés à la lumière de cette limite.
Résultats des interventions de stérilisation et de castration compilées dans la base de données du NASAN entre 2005 et 2025, pour les évolutions connues, plus en détail, avec intervalle de confidence de Wilson (NASAN, 2026).
Les données portant sur les chiens représentent 47 312 interventions. Parmi les races canines les plus fréquemment représentées figurent notamment le Labrador retriever, le cocker spaniel, le cockapoo, le teckel et le bouledogue français. En 2025, parmi les stérilisations de chiennes dont l'issue était connue, 81 à 87 % n'ont été associées à aucune anomalie, selon les catégories considérées. Chez le chat, 41 201 interventions ont été enregistrées, avec une proportion plus importante de stérilisations de femelles (59 %). Les résultats sont globalement meilleurs que chez le chien : 86 % et 95 % pour la stérilisation et la castration chez le chat, comparé à 76 % et 75 % pour ces mêmes interventions chez le chien, respectivement.
Depuis 2024, NASAN recueille également des informations sur la voie d'abord chirurgicale. Les données restent cependant limitées et ne permettent pas de tirer de conclusion définitive sur des bénéfices éventuels d'une technique. Chez les chiennes, 80 % des interventions laparoscopiques et 79 % des interventions par abord médian étaient associées à l'absence d'anomalie. Pour les castrations, les taux variaient selon la technique : 79 % pour les interventions ouvertes-fermées, 73 % pour les interventions ouvertes et 75 % pour les interventions fermées. Chez les chattes, les résultats suggèrent également des différences selon la voie d'abord : 90 % des stérilisations par abord latéral – l'abord communément pratiqué au Royaume-Uni pour les ovariectomies et ovariohystérectomies dans cette espèce – ne présentaient aucune anomalie, contre 74 % pour les interventions par abord médian. Pour les castrations, les taux étaient de 98 % avec une technique fermée et 95 % avec une technique ouverte. Ces comparaisons doivent elles aussi être interprétées avec prudence. La période d'observation est courte, les effectifs sont parfois réduits et de nombreux facteurs – l'âge, le poids, la race, l'état de santé de l'animal, expérience du chirurgien ou encore l'indication de l'intervention - peuvent influencer les résultats.
Les données concernant les lapins sont beaucoup moins nombreuses, avec 1 850 interventions enregistrées et une majorité de castrations (60 %). Les résultats disponibles montrent notamment que, parmi les stérilisations pour lesquelles la voie d'abord était connue (n=27), 63 % n'étaient associées à aucune anomalie. Un décès était enregistré dans 7,4 % des cas. Pour les castrations (n=44), les données sont également limitées. Elles montrent une proportion de résultats sans anomalie de 83 % pour la technique fermée ou ouverte et de 75 % pour la technique ouverte-fermée. Ces chiffres illustrent surtout l'intérêt de disposer de données plus nombreuses avant de pouvoir comparer les différentes approches chez cette espèce de manière robuste.
Les données de 2025 permettent également de mesurer l'évolution des résultats. Cette année-là, 9 854 interventions ont été enregistrées, dont 7 559 avec des résultats connus. Chez le chien, la proportion d'interventions sans anomalie était de 80,5 % en 2025, contre 75,4 % sur l'ensemble de la période 2005-2025. Chez le chat, elle atteignait 86,9 % en 2025, contre 95,2 % sur l'ensemble de la période. Le taux de mortalité enregistré en 2025 était de 0 %, contre 0,7 % sur l'ensemble de la période. NASAN précise toutefois que la base de données ne fournit pas d'interprétation des résultats. Elle constitue avant tout un outil permettant de documenter les pratiques et leurs issues à grande échelle. Leur intérêt principal réside donc moins dans la recherche d'une technique « gagnante » que dans la possibilité de disposer de références issues de la pratique réelle. Pour les vétérinaires, elles peuvent contribuer à mieux informer les propriétaires sur les résultats attendus, tout en rappelant qu'une comparaison pertinente doit tenir compte du profil des animaux, des indications et des modalités de prise en charge.
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