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30 janvier 2026
Le chien crie sans raison (apparente) : penser à une hernie discale cervicale

« Aïe ! » : le chien qui crie soudainement sans raison est un motif de consultation. Ces vocalises dites spontanées sont caractérisées par une plainte de tonalité aiguë, soudaine et furtive, pouvant survenir lorsque l'animal est déplacé alors qu'il était couché (endormi ou non), ce qui suggère une réaction de douleur. L'origine de cette douleur étant inconnue et variable, et l'examen clinique ne révélant parfois aucune anomalie notable, il est complexe de hiérarchiser les hypothèses diagnostiques et les examens complémentaires à proposer.
La connaissance des origines les plus fréquentes seraient une aide pour les prioriser. Et c'est bien dans cet objectif qu'une étude a été menée à l'école vétérinaire de Cambridge (Angleterre).
Le protocole de cette étude rétrospective est relativement simple : sur la période 2016-2022, tous les cas présentés pour vocalises spontanées, associées ou non à d'autres signes cliniques, ont été recensés. Ces vocalises avaient tout de même été répétitives, et non déclenchées isolément à la palpation lors de l'examen clinique.
Les dossiers médicaux des 115 chiens ainsi retenus ont été analysés afin d'établir la prévalence des diagnostics finalement établis, et la localisation préférentielle des lésions.
Exclusion faite des croisés (23 cas), quelques races sont surreprésentées, en particulier le cavalier king-charles (10 cas), le bouledogue français (9 cas), le cocker (7 cas), mais une multitude de races étaient représentées.
Les mâles sont bien plus nombreux que les femelles, dans une proportion de près de 2/3 pour 1/3 (65,2 % versus 34,8 %).
La plupart des chiens (n=93 soit 81 %) avaient été pris en charge en consultation de neurologie, moins souvent d'orthopédie (n=13, 11 %). Les autres avaient été orientés en médecine interne (n=5) ou dans divers services, selon les signes cliniques concomitants (cardiologie, dermatologie, chirurgie…).
Au total, 98 chiens ont bénéficié d'un examen clinique neurologique, mettant notamment en évidence :
Dans plus de 1 cas sur 5, la localisation neuroanatomique de la lésion est en C1-C5 : elle totalise 21 cas, soit 21,4 %.
Chez la majorité des chiens (n=55 soit 56,1 %), la localisation est cervicale, avec des lésions en C1-C5 (n=21), C1-T2 (n=11) ou C6-T2 (n=9), ou une hyperesthésie cervicale (sans trouble neurologique associé, n=14).
En matière de diagnostic, une extrusion discale est – de loin – la plus fréquente : elle représente 35,7 % des cas (41 cas, voir figure en illustration principale). Et elle est donc le plus souvent cervicale, avec 8 cas touchant spécifiquement le segment C3-C4.
Les autres diagnostics majeurs sont une tumeur (7,8 % des cas), de diverses localisations (dont 2/9 en C2), une protrusion discale (n=7, 6,1 %), un syndrome méningite-artérite cortico-répondant (n=7, 6,1 %), une méningo-encéphalite ou encéphalomyélite d'origine indéterminée (n=6, 5,2 %).
Une hernie discale (extrusion ou protrusion) apparaît donc à envisager en priorité (sa prévalence atteint 42 % ici). Notamment, une telle hernie a été diagnostiquée chez tous les bouledogues français (9/9), et elle est le diagnostic le plus fréquent chez les autres races majoritaires : le cavalier king-charles (4/10) et le cocker (4/7).
En l'absence de cause plus probable, ces données permettront de cibler les examens de première intention vers l'hypothèse d'une douleur cervicale, et de rechercher en priorité un trouble neurologique, en particulier une hernie discale, et une hyperesthésie cervicale en l'absence de signes neurologiques. L'objectif est d'accélérer le diagnostic face à des symptômes pouvant être déroutants voire préoccupants pour le propriétaire. Selon les auteurs, les troubles orthopédiques et les otites représentent aussi des causes de douleur aiguë à ne pas négliger dans l'examen clinique.
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