30 mars 2026
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L'arthrose est une maladie douloureuse qui peut entraîner une réduction de l'activité spontanée des chiens et des chats. Les moniteurs d'activité physique (MAP), qui enregistrent les mouvements et les déplacements des animaux dans leur environnement, permettent de préciser la perte de mobilité et les effets des traitements mis en place. Les données produites sont cependant influencées par de nombreux facteurs, liés à la technologie des appareils et aux animaux eux-mêmes. Une revue récente de la littérature scientifique fait le point sur l'état des connaissances dans ce domaine.
Les MAP fonctionnent grâce aux données captées par un accéléromètre, lequel produit des signaux électriques traduisant l'intensité des mouvements de l'animal. Les données sont enregistrées dans la mémoire de l'appareil, puis téléchargées ou transférées vers des systèmes de stockage. Les MAP sont généralement associés à un logiciel de présentation des données.
La fréquence d'échantillonnage est mesurée en hertz (Hz) : un appareil réglé sur 50 Hz capturera par exemple des données 50 fois par seconde. Plus la fréquence est élevée, plus l'information est précise.
Les données sont ensuite filtrées, afin de supprimer les signaux sans intérêt. Mais le mode de filtrage varie d'un MAP à l'autre, expliquant en partie les différences de résultats observées.
Un MAP est généralement bien toléré par l'animal quand il est attaché au collier. Placé dans la partie ventrale de la région cervicale, l'accéléromètre donne des résultats fiables.
Chez le chien, la sensibilité de la détection est cependant améliorée si le MAP est placé dans une pochette fixée à un harnais.
Comme la fixation de la laisse au collier perturbe l'acquisition des données, il est recommandé d'utiliser un collier exclusivement dédié au MAP pour éviter tout risque d'interférence.
La douleur articulaire chronique tend à faire diminuer l'activité spontanée de l'animal, mais des nuances doivent être apportées car le lien n'est pas toujours évident. Trois paramètres – l'âge, l'espèce et l'environnement de vie – influencent aussi son niveau d'activité.
Il convient ensuite d'être prudent dans l'interprétation de l'effet d'un traitement. Ainsi, lorsqu'une augmentation du niveau d'activité des animaux arthrosiques est constatée après l'administration d'un analgésique, la question à se poser est si cela est cliniquement significatif. Dans le cadre d'une étude, la réponse dépend du nombre d'animaux inclus, de l'importance de l'effet observé et de la manière dont les données sont analysées.
Même au sein d'une population d'individus arthrosiques, il est important de tenir compte de la variabilité individuelle du niveau d'activité. Évaluer le pourcentage d'évolution pour chaque individu peut être plus pertinent que de se baser sur la moyenne obtenue pour un groupe.
De même, il est important de suivre l'évolution de l'effet du traitement analgésique au cours du temps. L'hypothèse selon laquelle le niveau d'activité serait stable chez les animaux recevant un placebo et augmenterait chez les animaux traités est en effet à relativiser. Dans des essais cliniques menés sur des chats, l'activité des témoins diminuait progressivement, même sur une période de 8 à 9 semaines seulement. À l'inverse, l'administration d'un AINS à des chiens arthrosiques peut entraîner une augmentation initiale de l'activité suivie toutefois d'une diminution progressive au cours des semaines qui suivent.
Les accéléromètres actuellement intégrés aux MAP capturent des données basées sur le mouvement et la vitesse ; ils ne permettent donc pas d'analyser les comportements d'un animal lorsqu'il ne se déplace pas. En outre, l'analyse qualitative des mouvements serait utile, car si la douleur peut conduire les animaux à bouger moins, elle perturbe aussi la fluidité des mouvements. Pour juger de l'efficacité d'un analgésique, il serait donc intéressant de pouvoir apprécier comment chaque activité est effectuée.
Dans ce but, l'accéléromètre peut être associé à d'autres capteurs (gyroscope, magnétomètre, inclinomètre…) afin de préciser le comportement de l'animal pendant des activités spécifiques. Ces combinaisons de capteurs sont appelées des unités de mesure inertielle (IMU). De tels dispositifs ont, par exemple, permis de détecter des différences entre des chats en bonne santé et des chats arthrosiques, rien qu'en analysant leur comportement lorsqu'ils s'apprêtent à sauter.
Le succès de cette approche implique bien sûr d'affiner la connaissance des comportements des animaux et des altérations pouvant être observées selon le type d'arthrose considéré. Une douleur chronique ne perturbe pas tous les gestes et activités de la même manière : une activité peut être difficile à réaliser, tandis qu'une autre ne sera pas affectée. La douleur n'entraîne pas non plus les mêmes effets selon sa localisation.
Des capteurs implantables seront probablement disponibles à l'avenir, qui recueilleront les données d'activité des animaux en temps réel. Des biobatteries sont d'ailleurs en cours de développement pour augmenter leur autonomie, qui constitue aujourd'hui une limite à leur utilisation.
À ce jour, il reste beaucoup à apprendre sur la manière dont la douleur influence l'activité et la façon d'utiliser les MAP de manière optimale pour évaluer l'efficacité d'un traitement analgésique. L'évolution de la technologie et la sophistication des algorithmes incorporés à ces appareils permettront probablement de collecter davantage d'informations et d'améliorer la sensibilité des mesures. L'objectif final est d'améliorer la capacité des propriétaires et des vétérinaires à identifier les premiers signes de changements comportementaux liés à des douleurs chroniques, afin de tenter de les soulager le plus tôt possible.
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