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Proplan

28 octobre 2026

Le traitement médical d'un pyothorax donne d'aussi bons résultats que la chirurgie

par Agnès Faessel

Temps de lecture  5 min

Les chiens de travail comme le springer anglais étaient surreprésentés parmi ces cas de pyothorax (cliché Pixabay).
Les chiens de travail comme le springer anglais étaient surreprésentés parmi ces cas de pyothorax (cliché Pixabay).
 

L'évolution à court et long terme des cas rapportés de pyothorax chez le chien et le chat est très variable. Et des vétérinaires britanniques ont souhaité mieux la caractériser. Ils ont donc mené une étude rétrospective de plus d'une centaine de cas. Les 65 chiens et 38 chats inclus avaient été pris en charge sur la période 2015-2021 dans l'un des deux centres de référés participant. Les auteurs ont surtout comparé les taux de survie durant l'hospitalisation et les taux de récidive, en fonction du type de traitement entrepris. Les cas euthanasiés suite au diagnostic sans tentative de traitement avaient été exclus.

Traitement médical en première intention

Car le traitement de ces pyothorax est médical ou chirurgical.

  • Le traitement médical consiste en l'évacuation du liquide d'épanchement par thoracocentèse ou la pose de drains thoraciques. Il a été mis-en-œuvre chez 40 chiens (62 %) et 29 chats (76 %) de l'étude. Un lavage pleural leur est souvent associé, chez 44 % des chiens et 73 % des chats ici.
  • La chirurgie repose sur une sternotomie ou une thoracotomie médiane, à des fins exploratoire et thérapeutique (débridement, lavage, lobectomie lorsqu'indiquée). Elle a été réalisée chez 25 chiens (38 %), dont un en seconde intention après échec du traitement médical, et 9 chats (24 %), dont 3 en seconde intention.

De jeunes animaux, plus souvent des mâles

La cohorte était composée de 43 chiens mâles et 22 chiennes (avec une prédominance significative des premiers), et de 22 chats mâles et 16 chattes (prédominance non significative).

L'âge médian était de 48 mois, dans les deux espèces.

Trois races étaient surreprésentées chez les chiens : le springer anglais (21 cas), le cocker (9) et le labrador (6), soit des chiens « de travail », ce qui est concordant avec d'autres résultats d'étude. Mais ce sont aussi des races relativement populaires outre-Manche.

Les principaux signes cliniques initialement présentés étaient plutôt généraux (léthargie, anorexie) et respiratoires (dyspnée, tachypnée, toux). Des signes digestifs (vomissements, diarrhée) sont possibles, mais moins fréquents. Les auteurs relèvent que les signes respiratoires ne sont pas systématiques, et que les examens d'imagerie thoracique sont donc importants lors de troubles aspécifiques.

Dans plus de 8 cas sur 10, des antibiotiques avaient été prescrits avant de référer l'animal.

La cause primaire reste peu identifiée

Dans la majorité des cas (51 % des chiens et 61 % des chats), la cause primaire du pyothorax n'a pas été déterminée, ce qui était déjà précédemment rapporté.

  • Chez le chien, lorsqu'identifiée, cette cause est le plus souvent une invasion bactérienne depuis une infection pulmonaire (pneumonie par aspiration par exemple) ou la migration d'un corps étranger (inhalé), diagnostiquée dans 11 cas chacune (17 %).
  • Chez le chat, ce sont également ces deux causes qui dominent, mais avec 6 et 3 cas respectivement (soit 16 % et 8 % de l'ensemble des cas).

Des taux de survie indépendants du type de traitement

Les taux de survie à court terme (durant l'hospitalisation) sont élevés : 85 % chez les chiens et 87 % chez les chats.

Ils ne présentent pas de différence significative selon le type de traitement, médical ou chirurgical (88 % versus 80 % chez les chiens, et 90 % versus 78 % chez les chats), bien que les chirurgies soient potentiellement décidées pour les cas les plus graves. Notamment, le traitement médical des cas de migration d'un épillet n'est pas associé à un plus grand risque de mortalité ici, alors qu'une chirurgie est souvent recommandée dans ce contexte.

Les cas de décès surviennent rapidement, dans les 48 heures suivant le diagnostic (14 cas sur les 15).

Chez les chats, tous les cas traités médicalement par des drains thoraciques ont survécu.

Les auteurs de l'étude soulignent que le pronostic des pyothorax est donc plutôt favorable, et que la stratégie de traitement s'adapte individuellement au cas : sa gravité, sa chronicité (la durée des signes cliniques avant présentation était variable, jusqu'à 180 jours chez le chien), le risque de sepsis, etc.

Peu de paramètres biologiques pronostiques

Les paramètres du bilan sanguin ont été analysés afin de rechercher des facteurs pronostiques. Chez le chien, la créatininémie varie significativement entre les cas traités médicalement ou chirurgicalement, et surtout entre les survivants et les décédés durant l'hospitalisation (elle est plus élevée chez ces derniers). Chez le chat, les leucocytes sont significativement plus élevés chez les survivants par comparaison aux cas de décès.

Des pasteurelles chez les chats

Lorsque réalisée, la cytologie sur liquide d'épanchement a révélé la présence de bactéries intracellulaires à 75 % chez les chiens et à 91 % chez les chats.

Et l'isolement sur culture bactérienne a montré la prédominance de Pasteurella multocida chez les chats, présente dans 10 cas sur 34 analysés, et surtout 10 sur les 24 dont l'examen s'est révélé positif, ce qui est cohérent avec d'autres travaux d'étude. Chez les chiens, les espèces de bactéries impliquées sont très variées.

Lorsqu'évaluée par antibiogramme, une multirésistance aux antibiotiques a été mise en évidence pour 29 % des isolats canins (7/24), et pour 21 % des isolats félins (5/24).

Les récidives restent rares

Le suivi à long terme, lorsque disponible, montre que des récidives sont survenues chez seulement 8 % des chiens (4/51) et 8 % des chats également (2/24).

Ces cas représentent 5 % des chiens traités chirurgicalement et 9 % de ceux traités médicalement ; chez les chats, tous avaient été pris en charge médicalement, ce qui représente un taux de récidive de 12 %.

Lors de traitement médical, la pose de drains thoraciques semble limiter le risque de récidive. En outre, chez les cas traités par cette technique, la combinaison avec un lavage thoracique est associée à un moindre risque de décès à court terme, presque significatif chez le chien. Les 16 chiens traités ainsi ont tous survécu. L'intérêt de ces lavages serait donc intéressant à évaluer, et leur protocole à valider (composition du liquide de lavage, fréquence, etc.).