8 juin 2026
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Dans l'espèce canine, plusieurs facteurs influencent le nombre de chiots au sein d'une portée : l'âge de la chienne, le moment et la méthode de fécondation et, bien sûr, le format de la race. En général, les chiennes de petite taille font naître des portées de taille réduite par rapport aux plus grandes, bien que cette tendance ne se vérifie pas dans les races géantes.
Des chercheurs danois ont tenté de décrire plus précisément la relation entre le format racial et la taille des portées, en testant 2 hypothèses :
Leur analyse a porté sur 115 races, en prenant aussi en compte deux phénotypes particuliers, la brachycéphalie et la chondrodysplasie, dont les effets potentiels sur la taille des portées n'avaient pas encore été étudiés.
L'étude a porté sur les portées enregistrées par le Danish Kennel Club (DKC) entre août 2022 et juillet 2023. La base de données initiale comportait des enregistrements pour 258 races, mais l'analyse a finalement porté sur 115 d'entre elles seulement car celles qui comptaient moins de 10 portées enregistrées ont été exclues.
Le fait de considérer des races étroitement apparentées comme des races distinctes pouvait a priori entraîner un risque de pseudorépétition. La base de données a donc finalement été réduite à 102 races, en procédant de la manière suivante :
Les informations sur le poids médian au sein de chaque race proviennent également du DKC.
La fiabilité des résultats dépendait de l'objectivité des déclarations faites par les éleveurs quant à la taille des portées. Le nombre de chiots mort-nés au sein des portées, et non-déclarés, pouvait en effet biaiser les résultats.
Les chercheurs ont cependant supposé que ces non-déclarations de chiots mort-nés devaient concerner l'ensemble des races de manière uniforme.
La relation entre la taille de la portée et le poids des chiens a été étudiée de manière logarithmique. Le seuil de significativité a été fixé à 0,05. Les caractères brachycéphale et chondrodysplasique étaient inclus comme des covariables.
Le modèle complet analysé était le suivant :
log2 (N) = β1log2 (PC) + β2 (log2 (PC))² + βCC + βBB + β0 + ϵ
Avec N la taille moyenne des portées au sein de la race, PC le poids corporel médian, B une variable prenant la valeur 1 pour les races brachycéphales et 0 dans le cas contraire, C une variable prenant la valeur 1 pour les races chondrodysplasiques et 0 dans le cas contraire, ϵ le résidu aléatoire normal, β (0,1,2, B, C) les coefficients de régression fixes et log2 le logarithme en base 2.
Ce modèle a été progressivement simplifié en utilisant la méthode d'analyse de la variance (Anova).
L'étude statistique confirme que le format racial et la taille de la portée sont intimement liés : le poids médian d'une race est un prédicteur puissant de la taille moyenne des portées au sein de cette race.
Les résultats des analyses mettent en relief l'existence d'une relation curvilinéaire : dans les races non-brachycéphales, les races les plus grandes et les plus petites ont des portées plus réduites que ce que laisserait supposer une loi de puissance du premier ordre (du type : f1 (PC) = 1,116 + log2 (PC) x 0,297, pouvant aussi s'exprimer comme : N = 2,167 x PC 0,297).
Selon les auteurs de l'étude, ces différences pourraient s'expliquer par des contraintes biologiques : chez les petits chiens, la taille relative des fœtus par rapport à la mère peut limiter la taille de la portée, tandis que chez les races géantes, c'est l'espace disponible dans l'utérus qui imposerait une limite physique au nombre de chiots.
Une équation de second ordre a été mise en évidence pour traduire ces observations :
f2 (PC) = 0,029 + log2 (PC)2 x (-0,089) + log2 (PC) x 0,956.
Pour les races de poids intermédiaire, le doublement du poids médian augmente la taille de portée attendue d'un facteur de 20,297 - 1 ≈ 23 %. En ne prenant en compte que les races dont le poids moyen est inférieur à 40 kg, le doublement du poids s'accompagnerait même d'une augmentation de la taille de la portée de 29 %.
Par ailleurs, les résultats montrent que l'effet de la brachycéphalie sur la taille de la portée est hautement significatif : dans les races brachycéphales, la taille moyenne de la portée est inférieure de 25 % à celle qui serait attendue en ne tenant compte que du poids médian au sein de la race (voir figure ci-dessous). Cette conclusion n'a pas été affectée par le fait d'éliminer certaines races étroitement apparentées et de se limiter aux 102 races sélectionnées parmi les 115 initialement retenues.
Les points noirs représentent les données obtenues dans des races non-brachycéphales et les points rouges dans des races brachycéphales. Les courbes en pointillés traduisent la relation entre la taille de la portée et le poids selon une équation de premier ordre (ligne bleue) et de second ordre (ligne rouge). La seconde est plus représentative des données enregistrées. D'après Egeriis et al., Acta Vet. Scand., 2026.
C'est la première fois qu'un lien est établi entre un paramètre congénital (telle que la brachycéphalie) et la taille de la portée.
En revanche, le phénotype chondrodysplasique ne semble pas avoir d'influence significative sur la taille de la portée, d'après cette étude.
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