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Elanco & Proplan

19 février 2026

Chirurgie digestive : plus d'un chat sur 10 développe une infection du site opératoire

par Agnès Faessel

Temps de lecture  3 min

 

L'antibioprophylaxie demeure nécessaire lors de chirurgie digestive chez le chat : selon une large étude rétrospective, publiée en libre accès dans le JFMS, le taux d'infection du site opératoire (ISO) dépasse en effet les 10 %.

188 cas avec un suivi de 30 jours (au moins)

Le motif d'une chirurgie digestive – fréquente chez les animaux de compagnie – est variable : retrait d'un corps étranger, d'une masse, traitement d'une intussusception… Malgré cette fréquence, le taux de complications infectieuses restait peu étudié, en particulier chez le chat, ce qui a motivé une étude rétrospective réalisée à la clinique vétérinaire de la Faculté VetSuisse (Zurich).

Sur la période d'étude (octobre 2017-mars 2023 soit près de 5 ans), 188 cas ont été inclus. Un suivi d'au moins 30 jours devait être renseigné dans le dossier médical de l'animal, ou obtenu auprès du propriétaire (par téléphone) et du vétérinaire traitant le cas échéant.

  • Ces chats sont des mâles en majorité (114 soit 61 %). Ils sont de diverses races (23 races différentes, avec 43 % d'european shorthair et 20 % de maine coon).
  • Les chirurgies étaient majoritairement des entérotomies (à 43 %), suivies des gastrotomies (23 %), des entérectomies (23 %), puis de combinaisons de celles-ci (12 %).
  • Dans les trois-quarts des cas, le motif de l'intervention était le retrait d'un corps étranger. Dans 13 % des cas, le chat présentait une intussusception et dans 6 %, la chirurgie visait à retirer une masse.
  • Enfin, le site d'intervention était l'estomac à 23 %, le duodénum à 10 %, le jéjunum à 50 %, et plus sporadiquement l'iléon, le côlon ou le caecum ; la localisation était multiple à 14 %.

Un risque d'ISO relativement élevé

Le premier objectif était d'évaluer le taux d'ISO de ces chirurgies. Et elles sont fréquentes, rapportées chez 20 chats, soit 10,6 % de l'effectif suivi ici.

Il s'agissait d'ISO superficielle à 55 % (11/20). Mais dans 4 cas (20 %), l'infection touchait les plans profonds, et dans les 5 derniers cas (25 %), un organe ou la cavité péritonéale (péritonite).

Des antibiotiques en prévention, en périopératoire seulement

Le second objectif était d'évaluer l'intérêt d'une antibioprophylaxie périopératoire pour limiter ces ISO. Quatre groupes ont ainsi été distingués,

  • A : pas d'antibioprophylaxie (n=21 soit 11 % des cas) ;
  • B : antibioprophylaxie peropératoire (n=105 soit 56 %) ;
  • C : antibioprophylaxie périopératoire (per et post-opératoire sur 24 heures ; n=14 soit 7 %) ;
  • D : antibioprophylaxie périopératoire prolongée en postopératoire (en prévention ou en traitement ; n=48 soit 26 %).

Le taux d'ISO est le plus élevé dans le groupe A (52,4 %), suivi des groupes B (6,7 %) et C (7,1 %) et enfin du groupe D (2 %, voir tableau en illustration principale).

Le risque d'ISO est associé à plusieurs paramètres dans l'analyse univariée (âge du chat, localisation de l'intervention, durée de l'anesthésie et antibiothérapie). Mais dans l'analyse multivariée, seule l'administration d'antibiotiques demeure liée au risque d'infection, lequel est alors significativement réduit.

Il convient ainsi de systématiser la couverture antibiotique préventive pour ce type de chirurgie. En revanche, aucun bénéfice supplémentaire n'est obtenu avec une administration préventive prolongée, en particulier au-delà de 24 heures après l'intervention. Et dans cette étude, la gravité de l'infection (notée ici sur une échelle de 1 à 5) ne dépend pas de l'antibioprophylaxie.