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Elanco & Proplan

10 février 2026

Les premiers cas européens d'infection de bovins laitiers par un virus H5N1 sont néerlandais

par Vincent Dedet

Temps de lecture  3 min

Localisation de la commune néerlandaise dans laquelle 5 bovins d'un même élevage ont été confirmés séropositifs pour le virus H5N1, courant janvier. Carte: LeFil, d'après GoogleMaps. 
Localisation de la commune néerlandaise dans laquelle 5 bovins d'un même élevage ont été confirmés séropositifs pour le virus H5N1, courant janvier. Carte: LeFil, d'après GoogleMaps. 
 

Il ne s'agit a priori pas de la même souche que celle des USA, mais l'Europe dispose aussi à présent de ses premiers cas d'infection de vaches laitières par un virus H5N1. Aux USA, où près de 1 100 foyers ont été détectés entre fin mars 2024 et fin décembre 2025, il s'agit d'une souche spécifique (B3.13) dans la plupart des cas, mais une souche directement d'origine aviaire et homologue de la souche alors dominante dans l'avifaune (D1.1) d'Amérique du nord. Pour l'Europe, et les Pays-Bas plus précisément, il s'agit probablement aussi de la souche provoquant cet automne une forte mortalité dans l'avifaune locale (et différente des souches américaines). Toutefois, le diagnostic d'infection a été établi sur la base de sérologie : sauf surprise, la séquence génétique du virus en cause ne sera pas connue.

Le petit chat est mort (de H5N1)

C'est dans une lettre au Parlement néerlandais envoyée par la ministre démissionnaire de l'Agriculture le 23 janvier que l'information a été publiée pour la première fois. Dans ce courrier, il s'agit d'une seule vache laitière séropositive, dans une exploitation de la Frise (nord du pays, commune de Noardeast-Fryslân, voir l'illustration principale). Le point de départ des investigations a été à la détection d'un cas félin de H5N1 le 24 décembre dernier. L'animal est décédé, mais l'origine de son infection n'était pas claire et une enquête a été diligentée par les services vétérinaires néerlandais. Cette enquête a « révélé un contact pertinent avec une exploitation laitière ; le chat en question provenait de cette exploitation ». Dans l'épizootie nord-américaine, c'était aussi la mortalité de chats en exploitations laitières qui avait fait suspecter une infection des vaches par un virus H5N1, les chats étant exposés au lait refusé (infectieux car issu des vaches malades, à mammite) et s'étant contaminés par voie alimentaire.

Vache malade en décembre

Suspectant que ledit chat se soit infecté de la même façon, les autorités néerlandaises ont réalisé une inspection de l'exploitation le 15 janvier. À cette date, aucun des bovins ne présentait de signes cliniques. Des prélèvements de lait (individuels et lait de tank) ont été réalisés, qui ont fourni un résultat négatif en RT-PCR. Des prises de sang ont également été réalisées et le 20 janvier, l'une des vaches a été confirmée séropositive. « La vache en question avait souffert de mammite et de problèmes respiratoires en décembre », dont elle a guéri. Cette date correspond à une exposition possible du chat. En revanche, mi-janvier, « aucune circulation virale active du virus n'a été constatée parmi les vaches laitières de cette exploitation [ni] dans d'autres exploitations ».

Cinq séropositives

Les services vétérinaires ont donc « effectué une nouvelle visite à l'exploitation le 22 janvier. Lors de cette visite, des échantillons de sang et de lait ont été prélevés sur tous les bovins présents. Un échantillon de lait de tank a également été prélevé ». Toutes les analyses en RT-PCR ont été négatives (pas de génome viral). En sérologie, 5 bovins ont fourni un résultat douteux, mais « en lien une erreur de test en laboratoire ». Les sérums ont été analysés à nouveau la semaine suivante et au final, ce sont bien 5 vaches de cet élevage qui ont été trouvées séropositives. Pour le volet santé publique, le « chat ayant été testé positif à proximité de l'exploitation [en décembre], les personnes y travaillant ou y vivant étaient déjà connues des services de santé publique [dans le cadre de leur exposition possible au chat infecté]. Depuis, ces personnes n'ont présenté aucun symptôme compatible avec l'influenza aviaire. Par mesure de précaution, un test de dépistage d'une infection active ou passée sera proposé à toutes les personnes ayant été en contact avec la vache infectée ». Et le lait de l'exploitation n'est pas utilisé dans une filière lait cru.

Des dispositions complémentaires de surveillance sont attendues pour courant février, mais n'ont pas encore été annoncées à date.