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29 février 2024

Bandelette urinaire : le rapport protéines sur densité affine la détection d'une protéinurie

par Agnès Faessel

Temps de lecture  3 min

 

À la bandelette urinaire, la détection d'une protéinurie se base essentiellement sur le dosage semi-quantitatif de l'albuminurie. Cette analyse rapide et peu coûteuse manque de fiabilité, car le résultat est affecté par d'autres paramètres comme le pH urinaire ou la densité urinaire. Des faux-positifs comme des faux-négatifs sont possibles.

Pour confirmer une protéinurie persistante à la bandelette, une analyse de laboratoire et le calcul du RPCU (rapport protéines sur créatinine urinaires) sont donc requis. En alternative, le rapport protéines sur densité urinaires (RPD), utilisé en médecine humaine, a été proposé chez le chien et le chat, en prenant la valeur de 1,5 comme seuil d'interprétation (soit une protéinurie à 1+ pour une densité de 1,020).

Afin de confirmer l'intérêt de cette mesure, et la véracité du seuil proposé, une équipe américaine a mené une étude rétrospective à partir des données de près de 400 analyses urinaires. Ses conclusions permettent de proposer de nouveaux seuils.

Examen urinaire complet

L'étude s'est déroulée à l'école vétérinaire de l'Université de l'Iowa. Les cas recrutés avaient fait l'objet d'un prélèvement d'urine, pour analyse urinaire (bandelette, mesure de la densité au réfractomètre, examen du culot), calcul du RPCU et mise en culture, réalisés dans les 24 heures après le prélèvement :

  • 308 chez des chiens,
  • Et 70 chez des chats.

Formule de calcul du RPD

La protéinurie mesurée à la bandelette a été évaluée selon les indications du fabricant, avec les correspondantes suivantes :

  • Traces = 15 mg/dl
  • + = 30 mg/dl
  • ++ = 100 mg/dl
  • +++ = 300 mg/dl
  • ++++ = 2000 mg/dl

Le RPD a été calculé par la formule :

Protéinurie (en mg/dl) / ([densité-1] x 1000)

Par exemple, une protéinurie à 1+ (soit 30 mg/dl) pour une densité urinaire de 1,015 permet d'établir un RPD de 2 (30/15).

Corrélation positive entre RPD et RPCU

À la bandelette, seuls 8 chiens et 4 chats ne présentaient aucune trace de protéinurie ; cette faible proportion n'est pas étonnante dans un contexte d'étude où le RPCU avait été renseigné.

Ces RPCU ont révélé la présence d'une protéinurie significative (selon la classification IRIS) chez 255 chiens (RPCU > 0,5) et 37 chats (RPCU > 0,4), soit 83 et 53 % des animaux.

Les résultats de l'analyse d'urine ont permis de calculer les RPD de tous les animaux. Leur correspondance avec celle des RPCU a été évaluée, montrant une corrélation positive modérée entre les deux, dans les deux espèces, et indépendamment de la densité urinaire.

L'étude a également permis de vérifier l'absence d'impact sur la corrélation de la présence d'une glycosurie (détectée chez 8,8 % des chiens et 10 % des chats), d'un culot urinaire actif (présence de leucocytes et/ou d'érythrocytes, observée chez 19,8 % des chiens et 28,6 % des chats), ou du pH urinaire.

Risque de faux-négatifs

Les performances du RPD comme prédicteur d'une protéinurie ont été calculées, et les sensibilité, spécificité et valeurs prédictives négative et positive ont été établies avec les valeurs seuils optimales pour chaque catégorie de RPCU (voir tableau en illustration principale).

La détection d'une protéinurie selon les critères de l'IRIS est relativement sensible et spécifique avec une valeur seuil de PRD de 1,4 chez le chien et 2,1 chez le chat. Un résultat positif est fortement suggestif d'une protéinurie vraie (valeurs prédictives positives élevées). En revanche, les valeurs prédictives négatives sont faibles : un résultat négatif ne permet donc pas avec une bonne fiabilité d'écarter l'absence de protéinurie.

Pour une protéinurie sévère, le PRD est moins performant.

Le RPCU demeure nécessaire pour quantifier la protéinurie. Et dans tous les cas, l'hypothèse d'une protéinurie s'envisage en cohérence avec les signes cliniques présentés.