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5 juin 2026
Analyse de la fréquence cardiaque : tenir compte du comportement et de l'état émotionnel du chien

La mesure de la fréquence cardiaque fait partie de l'examen clinique général du chien. Elle peut également être mesurée dans des contextes hors clinique, comme le fait un collier connecté par exemple, ou dans le cadre de la recherche.
Le rythme cardiaque n'est pas linéaire, il est régulé par le système nerveux autonome. Sa variabilité est ainsi relativement importante lorsque l'animal est calme, et moindre lorsqu'il est actif. Dans le cadre de mesures ponctuelles, elle est intéressante à connaître, afin de faciliter et fiabiliser l'analyse des données (à l'ECG notamment). Car d'autres paramètres (démographiques, sanitaires, physiologiques) sont susceptibles d'interférer.
Des chercheurs finlandais (des Universités de Jyväskylä et d'Helsinki) ont donc mené une étude dans cet objectif, dont les résultats sont publiés en libre accès dans Applied Animal Behaviour Science.
Les 29 chiens de compagnie inclus dans cette expérimentation (14 mâles et 15 femelles) étaient de format moyen (10-30 kg), et sans brachycéphalie (ils étaient mésocéphales ou dolichocéphales). Ils étaient de diverses races et âges. Une maladie cardiaque ou un traitement à visée cardiaque était un critère d'exclusion.
Les mesures de la fréquence cardiaque (par ECG) se sont déroulées dans une même pièce, en présence du propriétaire, dans 5 contextes comportementaux naturels : repos (chien couché, potentiellement endormi), jeu actif (avec un jouet), halètement, reniflement spontané (lorsque présenté) et recherche de nourriture (reniflement provoqué à l'aide d'un tapis odorant).
Les séquences étaient filmées, permettant d'évaluer l'intensité de l'activité physique du chien.
Les résultats étaient globalement conservés dans chacun des contextes de mesures.
Quelques différences, à la marge, sont également notées selon la taille et le sexe du chien : les mâles et les grands chiens présentent des fréquences cardiaques moyennes plus basses que les femelles et les plus petits chiens en phase de recherche de nourriture, ce qui est cohérent avec les résultats d'autres travaux. Aucune influence de l'âge ni du poids, en revanche, n'est notée ici, mais la cohorte était peu diversifiée sur ces critères.
Au-delà de l'activité physique, la respiration du chien est un facteur d'influence de la fréquence cardiaque et de sa variabilité : elle est particulièrement rapide chez le chien qui halète, mais rapide également lorsqu'il renifle (spontanément ou en recherche de nourriture) alors qu'il n'est pas particulièrement actif physiquement. Dans ces deux phases, les fréquences cardiaques moyennes étaient plus élevées et la variabilité moindre qu'au repos (le halètement de ces chiens n'était pas nécessairement provoqué par l'activité précédente, mais plutôt spontané).
Les auteurs soulignent aussi l'influence de l'état émotionnel du chien. Une forme de plaisir est associée au jeu, laquelle a probablement amplifié l'augmentation de la fréquence cardiaque. De même, l'excitation positive associée à la recherche de nourriture peut expliquer en partie les différences observées par comparaison au reniflement spontané.
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