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Proplan

21 août 2026

La consommation française de viandes rouges en détresse en 2025

par Vincent Dedet

Temps de lecture  3 min

La part des importations dans la consommation des viandes, par espèce, en France en 2025. Agreste, 2026.
La part des importations dans la consommation des viandes, par espèce, en France en 2025. Agreste, 2026.
 

Une note de synthèse du service de statistiques du ministère de l'Agriculture tire la sonnette d'alarme pour les viandes rouges en France : non seulement la consommation poursuit sa chute, en viande bovine comme ovine, mais la part des importations continue d'augmenter (voir l'image principale). Il s'agit de la consommation au- et hors-foyer.

Bilan globalement positif ?

Pourtant, pour les viandes prises ensemble, le bilan est en apparence positif : « en 2025, la consommation globale de viande a augmenté de 1,3 % en France, après une hausse de 2,3 % en 2024 », et un nadir en 2024, en lien avec le début du retour de l'inflation. Les viandes blanches affichent une consommation soutenue, en porc (+2,7 % sur un an) et volailles de chair (+3,3 %), et les importations représentent respectivement 29 et 52 % de ces secteurs. Pour la volaille, cette augmentation soutenue des importations est aussi un motif d'inquiétude : la note met l'accent sur « la dépendance croissante aux importations », avec 35 % de la consommation, toutes espèces confondues.

Retour au niveau de 2016

Au total, la consommation moyenne de viande par habitant (exprimée en kg équivalent-carcasse) a été de 85,7, en croissance sur un an (+1,1 %). Cet indicateur est lui aussi en hausse pour la seconde année consécutive, et revenant à « un niveau comparable à celui de 2016 ». Plus précisément, il représente (voir le graphique ci-dessous) :

  • 20,1 kgec/hab. de viande bovine,
  • 2,3 kg/hab. de viande bovine,
  • 31,5 kgec/hab. de viande porcine,
  • et 31,7 kgec/hab. de viande de volailles (poulets, poules de réforme, canard, dinde).

 

Poursuite de la hausse de consommation apparente de viandes en France en 2025. tec : tonne équivalent-carcasse. kec : kg équivalent-carcasse. Agreste, 2026.

 

Bovins : plus bas historique

Cela devient presque systématique, malgré la stabilisation liée aux deux années Covid, la viande bovine poursuit son recul, cette fois-ci de 3 % sur 2025 (après - 2,2 % en 2024 et - 4,1 % en 2023). C'est un « plus bas historique » en volume, notent les statisticiens du ministère, mais aussi au regard des autres viandes (23 % de la consommation carnée moyenne d'un Français, contre 29 % en 2005). Seul signal positif : la baisse des importations, qui se poursuit pour la 3e année consécutive (-0,8 % en 2025). Ces importations représentent tout de même plus du quart (26 %) de la consommation de viande bovine de 2025. Ce recul est lié à l'inflation : les achats des ménages ont reculé de 7,4 % cette année-là (-10,4 % pour la viande à la découpe), avec une inflation importante (+8,5 % des prix moyens). Même le haché, pourtant produit phare de la transformation, est affecté : sa consommation a reculé en 2025, pour le frais (-4,1 % des achats pour un prix ayant augmenté de 7,5 %) comme pour le congelé (-6,6 et +5,3 %, respectivement). En fait, le recul de consommation a touché tous ces produits (brochettes : - 9,5 % en volume, plateaux pour grillades et barbecue : - 8,3 %, produits préparés à cuire - 4,1 %. Une exception : les brochettes marinées aromatisées (+ 1,8 %).

Importations : 6,2 sur 10 kg de mouton consommés

Le recul de consommation est encore plus important pour la viande ovine (-5,9 % sur un an). La part de la viande ovine dans la consommation carnée des Français se limite à 2,3 kg/hab., contre 4 kgec/hab. en 2005. Ce recul est encore plus marqué pour les achats des ménages (-12,2 % sur un an), en lien avec une hausse des prix moyens (+9,7 %). Il y a ainsi une « baisse structurelle de la demande, observée depuis plusieurs années ». Et la santé de la filière est également fragilisée par la part des importations, qui représente 62 % de la viande ovine consommée en 2025. Ces aspects sont également aggravés par « la concurrence accrue d'autres viandes plus accessibles, en particulier la volaille (9,92 €/kg) et le porc (12,24 €/kg), ce qui contribue également à la contraction de la demande en viandes ovine et bovine »