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Proplan

2 juin 2026

Recourir au financement participatif pour le pacemaker du chien est rarement couronné de succès

par Vincent Dedet

Temps de lecture  3 min

Bien que faible, il y a une association statistiquement significative, négative, entre l'objectif d'une collecte et la proportion couverte par les dons, lors de campagne de crowdfunding pour l'implantation d'un pacemaker à un chien, aux USA. Rishniw, 2026.
Bien que faible, il y a une association statistiquement significative, négative, entre l'objectif d'une collecte et la proportion couverte par les dons, lors de campagne de crowdfunding pour l'implantation d'un pacemaker à un chien, aux USA. Rishniw, 2026.
 

Le message est clair : « les clients ne devraient pas s'attendre à collecter des fonds suffisants pour couvrir les coûts d'implantation d'un stimulateur cardiaque grâce au financement participatif, et les vétérinaires devraient expliquer les probabilités de succès des telles campagnes ». C'est ce que conclut un ancien chercheur de l'UC Davis (USA) spécialisé dans l'accompagnement des démarches cliniques pour les vétérinaires via un réseau social dédié (vin.com).

De 5 à 10 000 $ l'intervention…

L'auteur explique que c'est à la suite d'une étude en médecine humaine ayant porté sur les cagnottes en ligne ouvertes par des patients pour se faire aider à payer leurs soins qu'il a eu l'idée de se pencher sur la question des simulateurs cardiaques pour les chiens. En effet, aux USA, l'intervention est facturée de 5 à 10 000 $. Pour les blocs atrioventriculaires de type III, seule cette intervention est de nature à améliorer le pronostic vital de l'animal. Les propriétaires impécunieux (et non assurés) n'ont donc pas beaucoup de choix pour rassembler les fonds avant l'intervention. L'hypothèse de l'auteur était que de telles campagnes n'auraient pas un taux de succès moyen supérieur à celles réalisées en humaine.

… et plus abordable en Europe

L'auteur a également interrogé des spécialistes de chirurgie cardiaque vétérinaire sur trois continents, sans que ce “sondage” ait un caractère représentatif, pour connaître les prix d'intervention pratiqués. Il apparaît que « l'implantation de simulateur cardiaque était la moins coûteuse en Europe (médiane : 5 900 $ ; intervalle interquartile : 5 700 $ à 6 800 $) et la plus coûteuse en Amérique du Nord (médiane : 9 000 $ ; IIQ : 7 900 $ à 9 500 $), avec un coût intermédiaire en Australie/au Royaume-Uni (médiane : 7 600 $ ; IIQ : 6 800 $ à 8 100 $) ».

76 campagnes de crowdfunding

Il a donc recherché sur la principale plateforme de financement participatif aux USA (GoFundMe) toutes les campagnes ayant eu lieu depuis la création de cette plateforme en 2010 jusque fin janvier 2026. Pour chacune des campagnes trouvées (76 au total), il a extrait le montant espéré par l'auteur de la campagne, la durée pendant laquelle elle a été ouverte et les contributions obtenues. Il définit un succès comme le fait de collecter 80 % au moins de la somme attendue.

16 % de succès

Huit des campagnes ne comportaient pas d'objectif financier : elles n'ont recueilli aucun don. Pour les 68 restantes, l'objectif moyen était de 6 000 $ (de 1 200 à 15 000 $), mais deux d'entre elles n'ont pas non plus collecté de fonds. Le taux de succès était de 16 % des campagnes, dont les trois quarts (9/12) ont collecté 90 % au moins de l'objectif. Seules 5 ont atteint ou dépassé l'objectif (120 % dans un cas).

Tout se joue sur les premières semaines

Sans réelle surprise, il y a une association négative statistiquement significative entre le montant attendu et les dons recueillis (voir l'illustration principale). De manière plus surprenante il y a une association négative statistiquement significative entre la durée de la campagne et le montant recueilli : pour l'essentiel, les fonds sont collectés sur les premières semaines d'une campagne.

Comme en humaine

L'auteur retient donc que « les campagnes de financement participatif sont généralement un moyen inefficace de couvrir les coûts d'implantation de stimulateur cardiaque chez les chiens, en particulier lorsque ces coûts dépassent 10 000 $ » pour l'intervention sans la prise en charge des complications. Le taux de succès « est du même ordre de grandeur que pour les campagnes visant à des soins en humaine », puisque les études citées par l'auteur rapportent une valeur médiane de succès 4 à 20 %. Dans le cas présent, l'auteur n'a pas pu savoir si l'échec de la collecte a ou non été suivi de l'intervention.

Il conclut donc que « les vétérinaires peuvent suggérer aux clients ayant des difficultés financières pour couvrir les coûts d'interventions telles que l'implantation d'un stimulateur cardiaque de recourir à un financement participatif, mais la probabilité de couvrir au moins 80 % du prix de l'intervention est faible, et une campagne sur deux n'arrive pas à collecter 50 % des coûts ».