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14 octobre 2026
Pyodermite chez un animal diabétique : rechercher d'autres affections prédisposantes !
Une pyodermite est considérée comme une affection secondaire, à une autre maladie cutanée ou à une maladie systémique entraînant une dépression de l'immunité. Le diabète sucré fait partie de ces maladies supposées favorisantes, suivant plusieurs mécanismes : l'hyperglycémie peut altérer la barrière cutanée du fait de son effet délétère sur la différenciation et la prolifération des kératinocytes, elle entraîne un stress oxydatif, et le diabète a été associé à une dégénération du collagène, un amincissement de la peau, l'infiltration de cellules inflammatoires… Il s'ensuivrait globalement une plus grande sensibilité aux infections cutanées.
Cette supposition est grandement tempérée par les résultats d'une étude rétrospective sur près de 1200 cas de diabète. Car seuls 3 des animaux ayant développé une pyodermite ne présentaient pas d'autres facteurs favorisants associés.
Cette étude a été menée par des universitaires américains, qui publient leurs résultats en libre accès dans Veterinary Dermatology. Les 805 chiens et 372 chats diabétiques inclus avaient effectivement été pris en charge dans l'un des hôpitaux vétérinaires des universités de l'Iowa et du Colorado, sur une période d'environ 3 ans (août 2019-novembre 2022).
L'analyse des dossiers médicaux de ces animaux a permis d'identifier 76 cas de pyodermite (soit 6,5 % des animaux diabétiques), superficielle ou profonde, confirmée à la cytologie :
Les pyodermites restent donc relativement peu fréquentes chez les animaux diabétiques.
L'analyse a surtout recherché aussi les éventuelles comorbidités (allergies, tumeurs, endocrinopathies, etc.) susceptibles de favoriser les infections cutanées. Et elles ont été identifiées dans la très grande majorité des cas : 59 chiens (soit près de 97 %) et 14 chats (93 %).
Une dermatite allergique était la plus fréquente (observée chez 43 chiens et 11 chats), suivie par une hypothyroïdie (16 chiens) et une maladie tumorale (14 chiens et 3 chats, voir tableau en illustration principale).
Plusieurs comorbidités étaient concomitantes chez 25 chiens (41 %) et chez 3 chats (20 %).
La dermatite allergique est significativement associée à la pyodermite, chez les chiens comme chez les chats diabétiques. Ce qui est évidemment cohérent, le lien étant établi chez les animaux non diabétiques par ailleurs.
Finalement, seuls 2 chiens et 1 chat ayant développé une pyodermite n'avaient pas d'autre affection que leur diabète. Seuls 0,25 % des 1177 chiens et chats diabétiques inclus ont donc développé une pyodermite sans autre facteur favorisant identifié. Sur le plan statistique, l'absence de comorbidité est même un facteur protecteur des pyodermites.
Le sexe n'est pas associé au risque de pyodermite chez ces chiens ou chats diabétiques.
En matière de races en revanche, chez le chien, le westie y est significativement davantage prédisposé, mais il ne le reste pas dans l'analyse multivariée. La race est par ailleurs prédisposée aux dermatites allergiques.
Concrètement, les pyodermites sont bien davantage associées à d'autres comorbidités chez les diabétiques. Les auteurs recommandent donc, en pratique, de rechercher cette cause sous-jacente, afin de la traiter et ainsi de traiter aussi la pyodermite plus efficacement.
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