15 juin 2026
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Il n'y aura au final eu que quatre mois sans nouveau foyer d'infection de vaches laitières par le virus H5N1 outre-Atlantique. Le dernier foyer de la première vague remonte au 13 décembre 2025, dans l'état du Wisconsin (États-Unis). C'est le 13 avril que ce qui allait devenir une seconde vague a démarré, avec la confirmation officielle de l'infection de 5 élevages laitiers de l'Idaho, d'emblée.
Et ce nombre est resté le même pendant un mois, avant que, à la mi-mai, plus d'une dizaine de nouveaux foyers ne soient détectés dans le même état. Puis de nouveaux foyers ont été détectés très régulièrement, au point que le site d'actualisation du ministère américain de l'Agriculture recensait au 10 juin 53 foyers, dont un au Texas et deux dans l'Utah, tous les autres étant concentrés dans l'Idaho. De manière étonnante, le site officiel du ministère de l'Agriculture de cet état ne mentionne pas l'identification de ces cas.
De même, aucune information n'est disponible sur la souche en cause : s'agit-il de celle ayant circulé chez les bovins depuis le début (nommée B3.13), de la souche aviaire dominante récemment plus récemment passée au bovin (la D1.1) et n'ayant pas diffusé avec le même succès dans cette filière, ou d'une autre (nouvelle ?) introduction ? Il n'est pas non plus précisé si les élevages ont été identifiés du fait de signalement d'éleveurs ou de vétérinaires (l'infection des vaches laitières n'est pas à déclaration obligatoire dans la plupart des états des USA), ou en lien avec la surveillance (RT-PCR) mise en place dans les laiteries (obligatoire).
En revanche, une publication très récente vient éclairer l'ampleur de la diffusion virale au sein d'un élevage laitier infecté. Il s'agit d'une étude conduite dans des élevages touchés au cours de la première vague d'infection, entre avril et décembre 2024 (le premier cas a été détecté en mars, mais le virus circulait déjà en élevages depuis plusieurs mois). Les auteurs, des virologistes de deux universités vétérinaires américaines, souhaitaient étudier l'effet de trois comorbidités (BVD, leucose bovine et paratuberculose) sur l'expression clinique et l'excrétion du H5N1 chez les laitières. Ils ont proposé aux élevages fraîchement confirmés comme infectés de participer, mais n'ont eu que 11 exploitations volontaires, réparties dans trois états : la Californie (n=3), le Colorado (n=7) et le Michigan (n=1, le plus à l'est). Ces élevages détenaient de 1 000 à 4 000 vaches en lactation, et avaient tous eu un diagnostic confirmé d'infection par la souche H5N1 B3.13. Leur participation reposait sur le suivi des mêmes vaches laitières sur 10 semaines : 20 vaches à signes cliniques attribuables au H5N1 (chute de lait, hyperthermie, écoulement nasal, mauvais état général), et 10 vaches indemnes (459 bovins inclus en tout). Les prélèvements étaient sanguins (2 fois par semaine), de lait, d'urine et un écouvillonnage nasal (1 fois par semaine). Au total, 42,1 % ont présenté un résultat positif au test RT-PCR H5N1 dans le lait. Et même « 64,7 % des vaches en phase cliniques excrétaient le H5N1, tandis que 27,2 % des vaches non cliniques, 18,9 % des vaches fraîchement vêlées et 2,2 % des génisses sans signes cliniques de H5N1 était positives » en RT-PCR (le détail des voies d'excrétion n'est pas fourni dans la publication). Comme 91 % des vaches malades et 90 % des vaches saines étaient séropositives, cela souligne l'ampleur de la circulation du virus dans les élevages infectés…
Sur les 459 bovins prélevés, aucun résultat positif n'a été obtenu au regard du BVDV. En revanche, 100 % des exploitations comportaient des sujets séropositifs pour la leucose (de 8 à 82 % de séroprévalence intra-troupeau) et 72 % pour Mycobacterium avium subsp. paratuberculosis (MAP, de 2 à 19 % de séroprévalence intra-troupeau). Lorsqu'ils modélisent les résultats en analyse multivariée, les auteurs observent que :
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