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Proplan

20 octobre 2026

Deuil de l'animal familier : 7 Français sur 10 « jugent important » de lui rendre un dernier hommage

par Vincent Dedet

Temps de lecture  3 min

L'enquête, réalisée en mars dernier par le Crédoc pour le Syndicat de l'Art Funéraire et publiée courant octobre montre que la place que prend l'animal familier dans les foyers français est de plus en plus celle d'un proche, y compris dans la mort. Crédoc, 2026.
L'enquête, réalisée en mars dernier par le Crédoc pour le Syndicat de l'Art Funéraire et publiée courant octobre montre que la place que prend l'animal familier dans les foyers français est de plus en plus celle d'un proche, y compris dans la mort. Crédoc, 2026.
 

En soi, l'enquête réalisé par le Centre de Recherche pour l'Étude et l'observation des Conditions de Vie (Crédoc) confirme le lien étroit tissé par les Français avec leur animal de compagnie : « pour huit propriétaires sur dix, la disparition d'un animal représente une perte importante, parfois comparable à celle d'un proche », indique la synthèse publiée en ligne à la mi-octobre. Elle met aussi en lumière « un besoin de choisir comment dire adieu à son animal et d'entretenir son souvenir ».

84 % de relations fortes

Cette enquête a été réalisée « pour le Syndicat de l'Art Funéraire en mars 2026 », auprès « d'un échantillon représentatif de 2 000 personnes âgées de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine », selon la méthode des quotas. Une correction a été introduite car pour ajuster l'échantillon à la proportion connue de personnes ayant un animal de compagnie à leur foyer (c'est le cas de 55 % de la population en France). Ce sondage confirme la place de l'animal au foyer des Français :

  • Pour 42 % des répondants, l'animal est « un membre du foyer comparable à un membre de la famille » ;
  • Ils sont autant (42 %) à le considérer comme « un compagnon affectif, une présence au quotidien » ;
  • Pour 6 % des répondants, il est « essentiellement destiné aux enfants » ;
  • Pour les autres répondants, c'est soit un compagnon de loisirs (4 %), soit un être ayant une fonction utilitaire (gardien, chasse, etc., 2 %), soit autre chose (4 %)…

Perte comparable à celle d'un proche

Et « cette relation affective se prolonge au moment du décès. La disparition d'un animal est souvent vécue comme un véritable deuil » : pour 85 % des répondants, il s'agit d'une perte importante, voire « comparable à celle d'un proche » (voir l'illustration principale). Il n'est donc pas surprenant que « sept propriétaires sur dix jugent important de rendre un dernier hommage à leur animal, par un geste ou un rituel ». Plus inattendu, « cette attente dépasse même le cercle des propriétaires : la moitié des personnes n'ayant jamais vécu avec un animal considèrent elles aussi qu'un tel hommage est important, attestant de la force du lien affectif que les humains accordent à la relation avec un animal », précisent les deux analystes du Crédoc ayant rédigé la synthèse. Ils précisent aussi que les pratiques d'inhumation diffèrent selon qu'il s'agit d'un chat ou d'un chien (voir le graphique ci-dessous) : « les chats sont beaucoup plus souvent inhumés : 52 % des personnes dont le dernier animal décédé était un chat ont choisi cette solution. Pour les chiens, c'est au contraire l'incinération qui prédomine. L'incinération est également plus fréquente pour les petits mammifères ».

Selon l'enquête du Crédoc de mars dernier, il y a plus d'incinérations pour les chiens et d'inhumations pour les chats. Ici les réponses à la question “lors du dernier décès de votre animal de compagnie, avez-vous choisi… ? (Réponses en %)”. Crédoc, 2026.

 

Sépulture conjointe minoritaire

Toutefois, s'il y a un besoin assez général de rituels, l'assimilation de l'animal au cercle familial ne va pas jusqu'à lui faire une place parmi les morts humains. Malgré tout, pour 44 % des propriétaires (et 35 % de ceux n'ayant jamais eu d'animal de compagnie) une sépulture conjointe (humain-animal) « paraît socialement acceptable », bien que la loi l'interdise (les sépultures dans un cimetière communal sont strictement réservées aux personnes humaines). Les proportions sont les mêmes pour le cas d'une « inhumation dans un cimetière communal accueillant à la fois des humains et des animaux ». Enfin, ce qui paraît le plus acceptable (par 47 % des propriétaires et 45 % des autres), c'est « la dispersion des cendres dans un jardin du souvenir ou dans un cimetière communal accueillant à la fois des humains et des animaux ». Mais les analystes relèvent que « les jeunes se montrent nettement plus ouverts à de telles solutions » (voir le graphique ci-dessous).

Selon l'enquête du Crédoc de mars dernier, les jeunes sont plus favorables à une évolution de la loi qui permettrait l'inhumation d'animaux dans les cimetières communaux. Ici les réponses à la question “personnellement êtes-vous favorable à une modification de la loi autorisant les inhumations d'animaux dans les cimetières communaux ?” (Réponses en %). Crédoc, 2026.

 

Choisir comment dire adieu

Enfin, la majorité des répondants « éprouvent le besoin de garder une trace de la présence [de l'animal de compagnie décédé] et de faire vivre son souvenir comme planter des fleurs ou un arbuste (58 %). Près de la moitié (47 %) aimeraient conserver un souvenir personnalisé comme une photographie, une empreinte de patte ou un objet intégrant ses cendres. Quatre sur dix souhaiteraient conserver ses cendres dans une urne ». Ce que les rapporteurs analysent comme « un besoin de choisir comment dire adieu à son animal et d'entretenir son souvenir, à la mesure des liens tissés avec lui ».