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6 mars 2026
Une épidémie de salmonellose humaine attribuée à des passereaux de jardin, via des chats

La prédation féline n'a pas qu'un impact sur la biodiversité locale, elle peut aussi avoir un impact sanitaire sur les propriétaires des félins chasseurs. C'est ce que démontre un article décrivant en Norvège une épidémie de cas humains de salmonellose dont l'épidémiologie moléculaire permet de faire le lien entre portage par des passereaux et infection de chats domestiques.
Il y a très peu de cas de salmonellose humaine en Norvège, du fait d'une politique sanitaire ancienne et intransigeante au regard de ces pathogènes en élevage. C'est donc à un stade précoce qu'un épisode a été suspecté fin juin 2024 : 7 cas humains, survenus dans quatre régions différentes du pays, entre février et mi-juin, étaient tous liés à une souche de Salmonella Typhimurium du groupe ST19. Là où d'autres pays n'auraient pas forcément réagi, une enquête d'ampleur nationale a été lancée.
Le temps que l'enquête démarre, un 8e cas était survenu. Tous les patients ont été interrogés par les autorités sanitaires : « sur les symptômes, leur date d'apparition, d'hospitalisation, les voyages nationaux et internationaux récents, la consommation alimentaire sept jours avant l'apparition des symptômes, la fréquentation de restaurants ou d'autres lieux de consommation alimentaire, la participation à des événements publics ou privés – et le contact éventuel avec des animaux ». La seule chose que semblaient avoir ces cas en commun étaient les contacts avec les animaux : 5 avec des chats et 2 avec des chiens, dont un enfant en contact aussi avec un oiseau malade, à la crèche.
Le temps que cette analyse soit effectuée, trois autres cas ont été détectés qui ont, eux, été avant tout interrogés sur leurs contacts avec des animaux : deux avaient eu des contacts avec des chats et un avec des chiens (soir au total 73 % des cas avaient eu un contact avec des chats ou passereaux une semaine avant de tomber malades). La majorité des 11 cas humains concernaient des enfants (médiane à 3 jours d'âge), bien qu'un cas soit âgé de 69 ans. Du fait de la sévérité des signes cliniques, quatre cas ont été hospitalisés ; tous ont guéri. Ils résidaient dans 6 régions différentes du pays.
An analyse moléculaire, les 11 souches appartiennent au même groupe génétique (MLVA). Elles appartiennent aussi au groupe de souches issues d'oiseaux de jardin en Norvège entre 2011 et 2017. En revanche, la souche n'avait jusque-là jamais été identifiée chez l'homme. Un prélèvement réalisé sur le chat de la famille d'un des patients a fourni la même souche. Ce chat « avait présenté des symptômes gastro-intestinaux dans les jours précédant la maladie de son propriétaire. Salmonella Typhimurium a également été isolée dans un échantillon de fèces d'un poulain, sans lien épidémiologique avec les cas humains. Le poulain avait présenté des symptômes de fièvre et de diarrhée » et la même souche a été retrouvée dans l'environnement du poulain.
Les microbiologistes et épidémiologistes norvégiens ont alors interrogé les données européennes sur cet isolat. Justement, la même souche avait été identifiée :
Les passereaux sont des réservoirs connus de S. Typhimurium, et provoquent un pic d'infection entre février et avril. Or l'institut vétérinaire norvégien (équivalent de l'Anses) avait signalé en mai 2024 « une augmentation des cas de salmonellose chez les chats depuis la fin de l'hiver, dans l'ensemble du pays ». Ainsi, les données collectées « confortent l'hypothèse selon laquelle la souche responsable de l'épidémie était largement présente dans l'environnement et aurait pu se propager par l'intermédiaire des passereaux », et des chats en lien avec leur activité de prédation (et l'aide éventuelle des mangeoires à oiseaux). À titre de prévention, les autorités norvégiennes ont « informé le public, via les médias nationaux pour sensibiliser la population à l'importance du respect des mesures de prévention, notamment l'hygiène des mains, après tout contact avec des chats et des passereaux ». Toutefois, les auteurs reconnaissent que cela a probablement été insuffisant car « en 2025, il y a eu 10 autres cas humains en Norvège et 1 en Suède » causés par cette même souche. Il y a donc besoin « d'une sensibilisation accrue du public concernant les passereaux et les chats en tant que sources potentielles d'infection à Salmonella ».
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