7 août 2026
4 min
Bienvenue sur LeFil.vet
L'accès au site web nécessite d'être identifié.
Merci de saisir vos identifiants de connexion.
Indiquez votre email dans le champ ci-dessous.
Vous recevrez un email avec vos identifiants de connexion.
10 août 2026
Un nouveau virus apparenté au Schmallenberg identifié chez des bovins laitiers en France

En cas de baisse de la production de lait, de fièvre et de diarrhée chez des vaches laitières, il faut désormais penser (aussi) au virus Shamonda.
Dans une note d'information datée du 4 août, la plateforme européenne d'épidémiosurveillance en santé animale (ESA) annonce en effet l'identification d'un nouveau virus responsable sur notre territoire d'une épizootie de diarrhée chez des vaches laitières depuis début juillet. Ce virus est un orthobunyavirus, de type Shamonda (SHAV). Il est apparenté au virus Schmallenberg, apparu en Europe en 2011, et qui cause surtout des avortements et des malformations congénitales, en particulier chez les ovins.
L'information est reprise depuis le 7 août par le ministère de l'agriculture sur son site Internet, alertant que « la situation est évolutive ».
Après avoir écarté les causes possibles des troubles, dont les effets nutritionnels et métaboliques de la canicule et les agents infectieux usuels responsables d'entérite (coronavirus) ou de syndrome fébrile (virus Schmallenberg inclus), une étude métagénomique (sur échantillon de plasma et fèces) a permis de mettre en évidence un virus très proche du SHAV. Cet orthobunyavirus appartient au sérogroupe Simbu, qui compte aussi les virus Schmallenberg (SBV), Shamonda (SHAV) donc, et Akabane (AKAV).
La première description du SHAV remonte au milieu des années 1960 en Afrique (Nigéria). Il est signalé depuis de manière sporadique en Afrique (de l'Est, de l'Ouest et Australe), ainsi qu'au Japon.
Les orthobunyavirus sont des virus au génome segmenté (3 segments), ce qui favorise les réassortiments et complique ainsi leur détection.
Le SHAV, comme les autres virus du groupe Simbu, se transmet via des insectes vecteurs, en particulier des moucherons piqueurs de type culicoides. Les insectes du genre Culicoides sont aussi les vecteurs de la FCO (fièvre catarrhale ovine) et de la maladie hémorragique épizootique (MHE) qui touchent les ruminants. Une transmission verticale est possible, durant la gestation.
Les vaches cliniquement touchées présentent une diarrhée aiguë, associée à de la fièvre (épisode fébrile de courte durée, non systématique), un abattement et une chute de production laitière, temporaire mais conséquente.
À ce jour, l'impact clinique est jugé faible. Mais il reste à évaluer l'effet de l'infection sur les veaux à naître, ainsi que sur les ovins et les caprins. Un suivi de la reproduction dans les élevages concernés est recommandé aux vétérinaires : détection d'une baisse de fertilité, survenue d'avortements, surveillance de la santé des veaux.
Les cas ont été observés jusqu'à présent dans une dizaine d'élevages laitiers de 5 départements de l'est de la France : le Doubs, l'Ain, le Jura, la Savoie et la Haute-Savoie. D'autres ont été signalés dans des régions limitrophes : la Suisse et le sud de l'Allemagne (Bade-Würtemberg et Bavière).
La plateforme ESA prévient que « les cas se sont multipliés ces derniers jours ». Ils sont rapportés par de nombreux vétérinaires des départements concernés. La vigilance est donc de mise, y compris dans les territoires voisins.
Le potentiel zoonotique de ce nouveau virus est probablement nul, comme celui des autres virus du groupe Simbu. Le risque de contamination humaine est donc écarté, y compris lors de consommation de lait ou de viande, selon le ministère de l'agriculture.
Le ministère rappelle aussi que la maladie n'est pas réglementée en France ni en Europe ou ailleurs : « le SHAV n'est pas une maladie catégorisée au titre de la législation sur la santé animale de l'Union européenne (LSA), elle n'est soumise à aucune mesure officielle de surveillance et de lutte. Cette infection n'est pas non plus réglementée au niveau international par l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) ».
La lutte repose donc actuellement sur le contrôle des insectes vecteurs (élimination des sites de ponte, désinsectisation des véhicules de transport).
Il n'existe pas de vaccin disponible. Le traitement est symptomatique.
7 août 2026
4 min
6 août 2026
7 min
4 août 2026
10 min
3 août 2026
4 min
31 juillet 2026
5 min