27 août 2026
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En 2025, avec la loi du 24 mars, la possibilité à des non-vétérinaires de réaliser des actes vétérinaires a été élargie aux ASV et aux étudiants vétérinaires (article L243-3 alinéas 14° et 15° du code rural). Elle l'était déjà, par exemple, aux éleveurs pour vacciner leurs animaux, ou aux maréchaux-ferrants pour les maladies des pieds…
Durant cet été, les textes d'application de cette nouvelle délégation importante ont été publiés (5 en tout). Ils précisent notamment les modalités de formation et de certification des personnes délégataires, ainsi qu'une liste des actes délégables.
À titre transitoire, un dispositif spécifique va permettre de reconnaître les compétences des ASV expérimentés, qui pratiquaient déjà ces actes, mais en toute illégalité. Une telle légalisation de pratiques finalement courantes était attendue d'une bonne partie de la profession vétérinaire, depuis plusieurs années (voir LeFil du 22 mars 2024).
Un arrêté du 30 juillet (publié le 2 août) fixe la liste des actes délégables. Il s'agit des actes de médecine et de chirurgie de premier niveau, car la législation prévoit à l'avenir la possibilité de délégation d'actes de deuxième niveau (plus techniques).
Cette première liste classe les actes en 3 catégories (voir tableau) :
Les actes nécessitant une certification (certains prélèvements ou vaccins par exemple), sont exclus.
Sauf exception (pour les équidés), et sauf mention contraire du vétérinaire déléguant, ces actes s'appliquent à toutes les espèces animales soignées dans l'établissement.
Les propriétaires des animaux sont tenus informés de cette délégation. Et ils peuvent s'y opposer, « de principe ». Les actes seront alors réalisés par un vétérinaire.
Les Conditions générales de fonctionnement de l'établissement (CGF), devenues obligatoires pour tous les vétérinaires en exercice (voir LeFil du 24 août), comportent désormais en effet, pour chaque vétérinaire : la liste du personnel délégataire, ainsi que les actes concernés pour chaque ASV.
Car dans une même clinique, la délégation n'est pas uniforme entre les ASV : chacun pourra réaliser une liste distincte d'actes (parmi ceux possibles bien entendu).
Selon la loi, ces personnes délégataires sont des salariés d'un vétérinaire (ou d'une société d'exercice vétérinaire). Il ne s'agit donc pas de créer une nouvelle profession libérale d'infirmiers vétérinaires.
Les actes réalisés se déroulent dans l'établissement de soins (cabinet, clinique, centre de référé, CHV) et non à l'extérieur, en élevage ou à domicile notamment.
La responsabilité incombe toujours au vétérinaire, qui doit être présent dans les locaux, c'est-à-dire en capacité d'intervenir (ce n'est pas nécessairement le vétérinaire employeur).
Le décret du 27 juillet précise que la délégation d'actes entre le vétérinaire délégant et le délégataire (ASV ou étudiant) est formalisée par un écrit signé ; le vétérinaire peut le modifier ou y mettre un terme à tout moment. Un vétérinaire peut refuser de déléguer certains actes délégables, il pioche finalement dans la liste selon ses besoins.
Le vétérinaire (présent dans l'établissement de soins) assurera lui-même la réalisation des actes délégués si le client le demande ou si le délégataire rencontre des difficultés ou une complication.
Le décret du 27 juillet et, surtout, l'arrêté du 29 juillet précisent les modalités de la formation du personnel délégataire (ASV et étudiants). Le personnel auxiliaire éligible à la délégation se limite ainsi aux ASV (auxiliaire spécialisé vétérinaire) qui disposent d'un an au moins d'expérience professionnelle. Ces ASV doivent donc suivre une formation – dans le cadre de la formation continue (nécessitant donc un contrat de formation) – d'une durée :
Enfin, une épreuve théorique (format QCM) organisée par le Conseil national de l'Ordre des vétérinaires (CNOV) aboutit, en cas de réussite, à la certification et l'inscription sur une liste (tenue par l'Ordre).
À charge ensuite au vétérinaire employeur de prendre « les dispositions nécessaires à l'entretien et au perfectionnement des connaissances » de l'ASV délégataire certifié. Celui-ci conserve son livret de compétences, lequel pourra être étoffé ultérieurement, suite à l'acquisition de nouvelles compétences, sur une autre espèce animale par exemple.
L'habitation des centres de formation (par le ministère de l'agriculture), le modèle de livret de compétences, le règlement des épreuves et les frais d'inscription (fixés par le CNOV) sont soumis à une Commission des actes vétérinaires, au rôle consultatif. Le rôle et les missions de cette commission ont été fixés par un autre décret (du 26 juin). Elle est présidée par le président du CNOV et est composée de représentants des syndicats (vétérinaires et ASV), des organismes techniques (Afvac, SNGTV, Avef), du ministère de l'Agriculture (DGAL et DGER) et d'un enseignant vétérinaire.
Un dispositif transitoire prévoit toutefois que des ASV ayant déjà pratiqué ces actes puisse bénéficier d'un allègement de cette procédure. L'esprit est de faire reconnaître les compétences acquises (bien qu'illégalement), sans suivre de nouvelle formation, afin d'être directement évalué et certifié. Il s'agit ainsi d'une forme de légalisation de pratiques courantes.
Les ASV éligibles à ce dispositif doivent respecter 3 exigences :
Ces ASV pourront ainsi – jusqu'à fin 2030 – demander à s'inscrire sur la liste des ASV certifiés délégataires (la liste tenue par l'Ordre). Ils demanderont à passer seulement l'épreuve QCM, qu'ils devront réussir (avant fin 2031).
Pour faciliter cette validation des acquis, l'employeur peut continuer à déléguer des actes à son ASV expérimenté, mais jusqu'à fin 2029, et pas au-delà sans être (à nouveau) dans l'illégalité.
Les étudiants vétérinaires bénéficient aussi de cette possibilité de délégation d'actes, suivant la même liste que les ASV.
La formation des promotions suivantes se déroule par étapes, comme suit :
En pratique, la délégation des actes vétérinaires aux ASV est bel et bien en marche. Il restera à évaluer si elle contribue à enrayer la désertification vétérinaire observée dans certains territoires. Car elle s'inscrit initialement dans le cadre de la pénurie de main d'œuvre vétérinaire, et son objectif est d'optimiser le travail des vétérinaires, qui pourront ainsi se recentrer sur des actes à plus forte valeur ajoutée.
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