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Proplan

4 juin 2026

Les résidus de colle de ruban adhésif ne concentrent pas la contamination, et n'inhibent pas la désinfection

par Vincent Dedet

Temps de lecture  3 min

La première étude sur l'éventuel rôle de "niche à microbes" des résidus de colle des rubans adhésifs souvent utilisés en milieu de soin est rassurante : ces résidus ne retiennent pas plus de bactéries que la surface sur laquelle ils figurent. Cliché DR.
La première étude sur l'éventuel rôle de "niche à microbes" des résidus de colle des rubans adhésifs souvent utilisés en milieu de soin est rassurante : ces résidus ne retiennent pas plus de bactéries que la surface sur laquelle ils figurent. Cliché DR.
 

Qui n'a pas collé du ruban adhésif sur une paroi/surface pour y inscrire le nom d'un animal, une date de sortie, ou fixer provisoirement une tubulure ? Ces usages se rencontrent aussi « très fréquemment » en milieu de soin en humaine, et une équipe de microbiologistes, hygiénistes et épidémiologistes de l'hôpital de l'université de Caroline du nord (USA) a mis en place une expérimentation pour savoir si cette pratique représentait potentiellement un réservoir de germes.

Des étiquettes autocollantes

Les auteurs l'assurent : c'est la première étude sur le sujet. Le modèle expérimental qu'ils ont choisi est celui de plaques d'acier inoxydables. Ces plaques ont été stérilisées, puis elles ont été :

  • laissées intactes (témoin négatif),
  • ou une étiquette de type étiquette blanche autocollante plastifiée pour adresses a été appliquée et laissée intacte,
  • ou ce même type d'étiquette plastifiée a été gratté avec une pointe métallique (de haut en bas, latéralement, et depuis les angles, 160 fois en tout),
  • ou une étiquette papier a été collée, puis retirée, laissant sur toute cette surface de contact des résidus de colle.

Les auteurs précisent avoir utilisé des étiquettes car le ruban adhésif qu'ils ont testé initialement ne laissait pas assez de résidu de colle… Enfin, des gouttes de suspension contenant 104 UFC/ml de staphylocoque doré ont été déposées et laissées séchées sur l'ensemble de la surface des plaques (45 minutes, sous la hotte à flux laminaire).

Désinfection à la lingette

Une fois sèche, une plaque de chaque catégorie a été désinfectée à l'aide d'une lingette imbibée d'ammoniums quaternaires (4 frottements verticaux, horizontaux et diagonaux), puis laissées à sécher pour 2 minutes. Puis les prélèvements de contamination de surface ont été réalisés avec un écouvillon humide, de manière identique pour chaque plaque. Puis les écouvillons ont été placés dans leur milieu de transport et ensemencés pour isolement bactérien au laboratoire, avec dénombrement au terme de 48 h d'incubation. Chaque test a été réalisé en doublon.

Toutes les plaques sont bien désinfectées

Premier résultat : en l'absence de désinfection, la surface qui comporte le résidu de colle est celle qui a la charge bactérienne la plus proche de la surface témoin, avec environ 20 % de la charge bactérienne initiale récupérée. Le taux de recouvrement était nettement plus faible pour les deux autres types d'étiquettes (intacte : 11 % et grattée : 2 %), mais cette différence n'était pas significative par rapport au témoin. Il est possible que la différence numérique soit liée au fait qu'une partie de la charge bactérienne a été enlevée avec la surface des étiquettes. Second résultat : aucun staphylocoque doré n'a été cultivé sur les plaques qui ont été désinfectées. Ainsi, « malgré l'aspect visuellement peu hygiénique de la présence de restes de colle de ruban adhésif sur les surfaces environnementales des structures de soins, ces données confirment que ces surfaces ne présentent pas de niveaux de contamination plus élevés et n'entravent pas une désinfection complète ».

Les auteurs « recommandent donc aux responsables de la prévention des infections en milieu de soins de s'en tenir aux faits plutôt qu'aux apparences : les résidus de ruban adhésif présentent un faible risque, tandis qu'un nettoyage et une désinfection appropriés des surfaces fréquemment touchées permettent de prévenir les véritables infections ».