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Proplan

3 novembre 2026

Espérance de vie des chiens : des confirmations et une surprise

par Vincent Dedet

Temps de lecture  3 min

Graphiques en forêt des médianes et des étendues interquartiles (25e et 75e percentiles) de la durée de vie des chiens inclus dans le Dog Aging Project (USA) jusqu'en 2024, stratifiés par classe de taille, statut racial et sexe. Chiu et coll., 2026.
Graphiques en forêt des médianes et des étendues interquartiles (25e et 75e percentiles) de la durée de vie des chiens inclus dans le Dog Aging Project (USA) jusqu'en 2024, stratifiés par classe de taille, statut racial et sexe. Chiu et coll., 2026.
 

Certes, il s'agit de chiens vivant aux USA, mais la taille de la population suivie et étudiée (plus de 40 000 sujets âgés) donne une portée plus large aux résultats du projet de recherche sur le vieillissement des chiens, le Dog Aging Project.

Plus de 90 000 chiens-années

La cohorte analysée par les auteurs est celle des chiens dont les données démographiques, de santé et de vie quotidienne ont été complétées par leurs maîtres jusque fin 2024, y compris ceux dont le décès est survenu entre leur inscription dans le projet et la fin de cette année-là. Cela représente 41 047 chiens et chiennes, dont 11 739 décès (soit un total de 90 230 chiens-années documentés). Les formats des chiens ont été classés à partir des données du standard de la race pour les chiens à pédigrée et à partir des poids fournis par les maîtres pour les autres sujets. Les auteurs ont complété leurs analyses par une étude des facteurs de risque pour les 16 races les plus représentées dans la cohorte. Il y avait un nombre comparable de chiens de race (n=20 962) et de croisés (n=20 085) dans la cohorte. Toutefois, les taux de mortalité sont plus élevés pour les premiers (138,6 pour 1 000 chiens-années) que pour les seconds (122,1 pour 1 000 chiens-années), une différence hautement significative (p=1 10-11).

C'est toujours la taille qui compte…

L'étude permet d'observer « une diminution monotone de la durée de vie médiane, allant des catégories de plus petite taille (13–14 ans chez les chiens de très petite taille/petits chiens) aux catégories de plus grande taille (9–10 ans pour les races géantes), avec une variabilité de la durée de vie remarquablement constante (écart interquartile ≈ 4 ans) au sein de chaque » catégorie (voir l'illustration principale). C'est évidemment une confirmation de résultats déjà connus. Autre confirmation : les chiens de race ont une espérance de vie moindre de celle des croisés, « avec des écarts plus importants chez les mâles (0,7 à 1,6 an) que chez les chiennes (0,4 à 0,6 an) (p < 3 10-5), ce qui concorde avec un léger effet de vigueur hybride ».

… Et le sexe aussi, un peu

À nouveau sans réelle surprise, « les femelles présentaient une durée de vie légèrement plus longue (de moins d'un an) dans la plupart des catégories [de taille] ; ces différences n'étaient toutefois statistiquement significatives que chez les chiens de race appartenant aux catégories “standard”, “grande” et “géante” » – recoupant ainsi probablement d'autres facteurs génétiques. Dans l'analyse des races les plus fréquentes, les auteurs identifient 4 d'entre elles pour lesquelles l'écart d'espérance de vie mâle/femelle dépasse un an : le berger allemand, le berger australien, le danois et le boxer.

Et la zone géographique !

La surprise offerte par cette étude provient du croisement du taux de mortalité des humains vivant dans chaque état des USA au risque de mortalité des chiens du même état à partir des données de la cohorte. Les auteurs observent alors que « les états où le risque de mortalité canine est plus élevé correspondent, en moyenne, à des états présentant des taux de mortalité humaine plus élevés et une espérance de vie humaine plus faible » (r=0,43, p=0,0017). Ce qui confirme le rôle des animaux de compagnie comme sentinelles de la santé humaine, puisqu'ils « partagent la qualité de l'air, le climat, les caractéristiques socio-économiques, l'accès aux soins vétérinaires, et potentiellement même les modes de vie propres à la communauté qui constituent le cadre de vie des humains ». Enfin, d'autres facteurs que géographiques sont aussi trouvés associés à une moindre espérance de vie canine : le mauvais état de santé du propriétaire, ou encore une moindre activité physique (même le fait d'avoir des escaliers à son domicile a un effet significatif sur le risque de mortalité). De même, un changement dans l'appétit du chien sur les 12 mois précédents est associé à un sur-risque de décès de 40 %. Ces facteurs de risque ne sont que des associations et les auteurs insistent sur l'importance de les analyser plus avant, en particulier au travers du suivi de cohorte que représente le Dog Aging Project.