6 juillet 2026
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Une fois n'est pas coutume, ce Fil s'adresse aux praticiens mixtes, qui prennent aussi en charge des équidés. Chez ces grands animaux, en alternative à l'anesthésie générale, réalisée en structure spécialisée, une sédation permet de réaliser sur animal debout certains gestes, chirurgicaux (ophtalmologiques ou orthopédiques par exemple) ou à visée diagnostique (examens d'imagerie avancée, tels qu'un scanner ou une IRM). Elle combine l'administration parentérale des molécules anesthésiques à des blocs locorégionaux.
Ces protocoles ne sont toutefois pas sans risque, révèlent les résultats d'une étude publiée en libre accès dans Equine Veterinary Journal : le taux de mortalité à moyen terme (7 jours) n'est effectivement pas négligeable.
Cette étude, prospective et observationnelle, a impliqué 61 centres dans 23 pays, répartis sur 4 continents (5 cliniques en France).
Elle a ainsi concerné une cohorte de 12 307 équidés, tous tranquillisés de manière relativement prolongée (maintien par perfusion à débit constant, généralement), entre le 1er novembre 2020 et le 30 juin 2023, soit près de 3 ans. Les sédations en vue d'une euthanasie étaient exclues.
Seuls les chevaux et poneys étaient considérés (pas les ânes ni les mules). Les cas de « coliques » (chirurgie abdominale urgente, césarienne, rupture vésicale) étaient distingués des autres cas.
Les résultats montrent que le taux de mortalité à 7 jours est de 0,15 %.
Parmi les 19 cas de décès, 16 appartiennent au groupe « non coliques ». Le taux de mortalité atteint donc 0,13 % dans ce groupe, contre 4,29 % dans le groupe « coliques » (3 décès sur 70 prises en charge). En référence, le taux de mortalité rapporté pour des anesthésies générales (cheval couché) est de 1,2 % ; il est de 4,2 % pour les cas de coliques traités sous anesthésie générale, un chiffre très proche donc.
Les cas d'euthanasie, suite à la découverte d'une lésion incurable par exemple, ou en lien avec la maladie sous-jacente, c'est-à-dire indépendamment de la procédure de tranquillisation, sont dénombrés à 67 : 10 dans le groupe « coliques » et 57 dans l'autre groupe.
De quoi sont morts ces 16 individus qui ne présentaient pas de coliques initialement ?
Dans l'analyse multivariée, seul le risque anesthésique (stade ASA) est significativement associé au risque de décès. La maladie sous-jacente demeure donc un paramètre fondamental de risque de complications et de mort.
Ces décès interviennent d'ailleurs en large majorité suite à des complications observées dans les 48 heures suivant la sédation (dans plus de deux tiers des cas). Elles surviennent plutôt au réveil dans les cas d'anesthésie générale (à 40 %), et souvent en lien avec des fractures au relevé, que la sédation sur cheval debout permet d'éviter.
Un autre objectif de cette étude était de caractériser les protocoles de sédation dans ce contexte.
Conformément aux hypothèses des auteurs, les alpha-2-agonistes (la détomidine en général) et les morphiniques (butorphanol), associés au non à l'acépromazine, sont les molécules les plus employées par voie générale (à 80 % ici). Une maintenance par voie intraveineuse (bolus ou perfusion à débit constant) est usuelle.
Dans à peine plus d'un tiers des cas, un bloc anesthésique locorégional était associé à la sédation.
Les auteurs de cette étude constatent ainsi que ces procédures ne sont pas sans risque et, surtout, que des cas de décès inattendus surviennent.
Ils relèvent aussi que le monitoring de ces équidés est généralement limité (suivi de la température à 5,8 %, ECG à 3,8 %...). Et seuls 24 % des équidés ont reçu une fluidothérapie. En cas d'administration intraveineuse compromise, une réhydratation par voie entérale reste possible, soulignent-t-ils.
Le risque non négligeable de complications fatales de ces cas mérite probablement une surveillance plus attentive. L'intérêt et les risques d'une mise à jeun (peu fréquente ici) mériteraient aussi probablement d'être explorés.
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