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3 juin 2026
Carcinome hépatocellulaire canin : la survie est raccourcie lors de thrombocytose ou de neutrophilie

Le carcinome hépatocellulaire est la tumeur hépatique primaire la plus fréquente chez le chien. Le plus souvent, il se présente sous la forme d'une masse unique, circonscrite à un seul lobe (forme dite massive), ce qui facilite son traitement chirurgical. Une large étude rétrospective sur plus de 100 cas le confirme, et identifie des paramètres sanguins de valeur pronostique.
Cette étude, dont les résultats sont publiés en libre accès dans Veterinary Record, a impliqué 8 centres de référés (aux États-Unis et en Espagne), lesquels ont transmis les dossiers médicaux de 106 cas diagnostiqués entre 2007 et 2017, tous confirmés à l'histologie. Les chiens décédés en périopératoire (dans les 14 jours suivant la chirurgie) avaient été exclus.
Sans surprise, ces chiens sont relativement âgés au moment du diagnostic (11 ans en médiane). Aucune prédisposition de race ou de sexe n'est mise en évidence (d'autres travaux avaient suspecté une prédisposition des chiens mâles et de plusieurs races dont le scottish terrier ou le schnauzer nain).
Les signes cliniques sont aspécifiques ; une léthargie est communément rapportée, ainsi qu'une perte d'appétit et de poids.
Plusieurs formes tumorales sont décrites pour le carcinome hépatocellulaire.
À 47 % (50 cas), c'est un lobe hépatique gauche qui était touché.
Ce cancer est associé à diverses anomalies aux examens sanguins, en particulier une thrombocytose (26 % des cas), une anémie (20 %), une neutrophilie (15 %), une augmentation de l'activité des enzymes hépatiques (PAL et ALAT, 94 %). Une protéinurie était présente à 36 %.
Des comorbidités sont également fréquentes, mais potentiellement en lien avec l'âge des chiens (maladies métaboliques, endocriniennes, tumorales).
Le traitement usuel est chirurgical, mis en œuvre pour 104 chiens. Les formes massives sont ainsi plus facilement opérables, et associées à un pronostic favorable. La durée de survie médiane post-diagnostic est alors en effet de 1000 jours (plus de 2,7 ans).
Les formes nodulaires et diffuses, plus rares donc, sont aussi plus graves : leur pronostic est moins bon. Elles sont plus difficilement opérables, elles métastasent plus fréquemment, et la durée de survie post-diagnostic est significativement raccourcie (à 710 et 583 jours en médiane, respectivement).
Une chimiothérapie adjuvante avait été réalisée chez 17 chiens (suite à la chirurgie ou en traitement d'une récidive), mais sans prolonger de manière significative l'espérance de survie.
Outre la forme tumorale, parmi tous les paramètres étudiés (démographiques, biologiques, thérapeutiques…), seuls trois sont identifiés comme significativement associés à la durée de survie dans l'analyse multivariée (voir courbes en illustration principale) :
Ces désordres hématologiques méritent ainsi d'être détectés et corrigés le cas échant, afin de tenter de prolonger la survie du chien. En effet, les plaquettes sont susceptibles de favoriser la progression du cancer (échappement au système immunitaire, angiogenèse, formation de métastases). La neutrophilie, quant à elle, favorise inflammation et nécrose.
En revanche, ni la présence d'une anémie, ni les marqueurs hépatiques sanguins ne sont associés au pronostic ; l'intérêt pronostique de ces derniers était controversé selon les résultats inégaux de précédentes études.
En cas de forme massive, le lobe hépatique touché est sans impact sur le pronostic.
D'une manière générale, les auteurs de l'étude recommandent le suivi médical de ces chiens au long terme, afin de détecter une progression tumorale (récidive, métastases) et la prendre en charge.
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