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1er octobre 2026

Cannabidiol : des bénéfices contre l'arthrose et l'épilepsie canine, qui restent à conforter

par Agnès Faessel

Temps de lecture  3 min

 

Comme chez l'homme, l'usage du cannabidiol chez les animaux de compagnie s'est récemment démocratisé, en lien avec sa disponibilité et une certaine demande des propriétaires, mais sans encadrement scientifique solide de ses effets, bénéfices et risques. Un vétérinaire universitaire japonais s'est donc attelé à une revue de la littérature, afin de proposer un état des connaissances actuelles à ce propos. Il émet ainsi quelques recommandations pratiques pour les vétérinaires.

Constat est fait que des données cliniques intéressantes émergent (voir tableau en illustration principale). Mais l'hétérogénéité des indications, des produits (formulations) et des protocoles utilisés (doses, durées, traitements concomitants) complique l'interprétation des résultats rapportés, et en limitent la portée à ce jour.

Bénéfice inconstant contre la douleur arthrosique

L'usage chez les chiens arthrosiques est le plus documenté ; il a fait l'objet, notamment, d'études randomisées contrôlées, avec des résultats toutefois inconstants. Ainsi, des effets positifs sur la douleur et la mobilité sont rapportés dans une étude en aveugle utilisant des grilles d'évaluation validées chez le chien. Mais dans une autre étude en double aveugle, aucune différence significative n'a été observée versus placebo, selon des outils de mesure objectifs.

Chez le chat, les données sont bien plus parcellaires et les protocoles d'études moins robustes.

Globalement, plusieurs études menées suggèrent un bénéfice du cannabidiol en cas d'arthrose canine, mais l'hétérogénéité des protocoles, l'administration concomitante d'antalgiques et le petit nombre de chiens inclus ne permet pas de l'affirmer de manière probante.

En pratique, l'auteur indique que le cannabidiol n'est pas voué à remplacer les traitements antalgiques usuels de l'arthrose (AINS en première intention). Il peut s'envisager pour apporter un bénéfice supplémentaire, si le soulagement est insuffisant ou lors d'intolérance à ces traitements.

Réduction des crises d'épilepsie

Chez le chien encore, le cannabidiol a montré un effet positif lors d'épilepsie réfractaire, en réduisant la fréquence des crises, de 33 % en médiane dans une première étude. Il s'inscrivait en complément des antiépileptiques. Le taux de réponse et l'ampleur de la réduction sont toutefois variables dans les résultats d'études ultérieures.

En pratique, le cannabidiol pourrait donc s'envisager chez les chiens épileptiques, mais en se limitant aux cas d'épilepsie réfractaire. Il ne peut être conseillé en première intention.

Un effet sur le stress chronique

L'effet anxiolytique du cannabidiol a aussi été exploré, avec des effets intéressants sur le stress chronique chez le chien : transport, séparation. Les résultats sont plus irréguliers lors de stress aigu. Et les données sont limitées chez le chat.

L'auteur souligne ainsi qu'il n'est pas judicieux d'envisager le cannabidiol comme anxiolytique dans les situations de stress intense.

Données balbutiantes en dermatologie, en oncologie…

Parmi les autres domaines d'application explorés figurent la dermatologie (dermatite atopique par exemple), les maladies buccodentaires (gingivostomatite chronique féline), l'oncologie. Mais les données sont issues d'études très limitées, voire préliminaires ou précliniques (in vitro ou sur d'autres espèces) dans la plupart des cas.

L'intérêt clinique du cannabidiol dans ces contextes reste donc à être clairement établi.

Relative bonne tolérance

Les effets indésirables rapportés sont légers et transitoires. Il s'agit surtout de désordres digestifs (diarrhée, vomissements) et de somnolence ou léthargie.

L'usage répété du cannabidiol chez le chien a été associé à une augmentation isolée des PAL. Leur suivi et plus globalement celui des marqueurs hépatiques sont donc raisonnablement à envisager dans ce cadre.

Des bénéfices à consolider

Au final, les données actuellement disponibles sont cruellement limitées et hétérogènes, dans leurs protocoles d'étude et leurs résultats. L'auteur souligne aussi que la qualité des produits commercialisés peut être variable (composition concentration, stabilité…).

L'usage pratique restera prudent, envisagé au cas par cas, surtout chez le chat, et dans le cadre d'une thérapie complémentaire.

Les interactions avec les autres traitements restent d'ailleurs à évaluer. Et plus généralement, de nouvelles études larges et standardisées se révèlent indispensables pour établir les posologies et la sécurité d'emploi à long terme du cannabidiol, et son éventuel usage dans d'autres domaines cliniques que l'arthrose, l'épilepsie réfractaire et les troubles anxieux.