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Moins de singes, plus de chats, plus d'exposition des moins de trente ans et plus d'exposition dans des pays comme le Maroc et la Turquie… Les profils des voyageurs néerlandais ayant potentiellement été exposés à la rage suite à un contact avec un animal dans un pays où l'infection est enzootique ont évolué sur les 12 dernières années. Le nombre de voyageurs signalant à leur retour un risque de rage contractée à l'étranger « a considérablement augmenté ces dernières années », indiquent des spécialistes de santé publique néerlandais. Ils viennent de publier une étude rétrospective de tous les signalements (n=553) à la structure néerlandaise spécialisée sur la rage, au retour des voyageurs internationaux entre 2014 et 2025. Si la proportion des personnes qui s'étaient d'elles-mêmes rapprochées de l'animal à l'origine du contact à risque reste la même (50 %), plusieurs évolutions sont observées.
Sur la période, 40 % des personnes exposées l'ont été dans un pays d'Asie du sud-est, avec en premier lieu l'Indonésie et la Thaïlande. Suivent l'Europe (Turquie principalement) avec 16 %, les Amériques (15 %) et la « Méditerranée occidentale », soit le Maroc (14 %). Les auteurs précisent qu'à l'achat des billets, lorsque la destination est un pays d'enzootie rabique, il est explicitement recommandé au futur voyageur d'éviter les contacts avec les mammifères lors du voyage. Ils distinguent le « contact provoqué », qui correspond à un voyageur qui s'est approché activement de l'animal, « par exemple pour le caresser, le prendre dans ses bras, le nourrir ou jouer avec lui » d'un contact non provoqué (l'animal s'est approché ou a réagi, par exemple lorsqu'on lui a marché sur la queue ou que l'on est passé à côté à vélo ou en courant). La proportion de ces deux catégories d'incidents est équivalente (172 et 175 cas, respectivement, sur 347 cas pour lesquels cette donnée était renseignée. En revanche, « une différence est apparue entre les différents groupes d'âge (p < 0,001) : les voyageurs les plus jeunes [jusque 30 ans] provoquaient plus fréquemment le contact avec l'animal. Le contact provoqué était particulièrement fréquent avec les chats : dans 67 % des incidents impliquant un chat (66 sur 99), c'est le voyageur qui avait approché l'animal ». Et pour les cas où l'animal n'était pas approché activement, les auteurs soulignent que « 35 % impliquaient tout de même une action à risque, comme le fait de posséder de la nourriture, ou un contact/une proximité accidentels ».
Au cours des 12 années étudiées, la part des incidents impliquant des chats a augmenté, passant de 13 % entre 2014 et 2017 à 34 % entre 2022 et 2025 (p < 0,001, voir l'illustration principale). Mais le chien reste l'espèce dominante, impliquée dans 44 % des incidents. Ces incidents canins « ont plus souvent entraîné une morsure (n = 167, soit 69 %). Les chats, en revanche, ont griffé plus fréquemment (n = 100, 66 %). Seuls 32 incidents étaient dus à un léchage, toujours infligé par un chien ». Une chauve-souris était impliquée dans 19 incidents (3,4 %). Le recul de la proportion de singes peut partiellement être liée au développement des centres antirabiques dans les pays correspondants, où les personnes reçoivent la totalité de la prophylaxie post-exposition (et donc ne se présentent pas au retour aux Pays-Bas). « Des corrélations ont [aussi] été observées entre l'espèce animale et le continent où l'incident s'est produit. Par exemple, les incidents impliquant des singes se sont produits principalement en Asie du Sud-Est (71 %) et en Afrique (12 %) », en lien avec la présence naturelle de ces espèces. Les incidents impliquant un chien (n = 241) étaient plus fréquents en Asie du Sud-Est (40 %) et aux Amériques (20 %). En Europe (Turquie) et dans la région de la Méditerranée occidentale (Maroc), « plus de la moitié des incidents impliquaient un chat ». D'ailleurs pour ce pays, une augmentation a été observée pour les incidents « de 5 % du total entre 2014 et 2017 à 17 % entre 2022 et 2025. Et la part des incidents en Europe [Turquie] est passée de 12 % en 2014-2017 à 19 % en 2022-2025 ». De même, « entre 2014 et 2017, 58 % des incidents se sont produits en Asie du Sud-Est, tandis que cette proportion a diminué à 35 % entre 2014 et 2017 (p<0,001) ».
Pour les auteurs, les résultats de cette étude devraient permettre de « renforcer les conseils aux voyageurs, en mettant l'accent sur leur comportement envers les animaux, notamment chez les jeunes adultes et plus particulièrement en ce qui concerne les chats ». Ils espèrent que « des recherches complémentaires puissent s'orienter vers le développement d'interventions encourageant des comportements sûrs et responsables envers les animaux, notamment chez les jeunes adultes ».
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