13 juillet 2026
5 min
Bienvenue sur LeFil.vet
L'accès au site web nécessite d'être identifié.
Merci de saisir vos identifiants de connexion.
Indiquez votre email dans le champ ci-dessous.
Vous recevrez un email avec vos identifiants de connexion.
16 juillet 2026
Affection du nerf facial : la présence de troubles oculaires est de mauvais pronostic chez le chien

Les affections du nerf facial sont de diverses origines, même si les paralysies idiopathiques sont les plus fréquentes chez le chien (comme chez l'homme). Les signes cliniques associés sont divers également (asymétrie faciale, perte du tonus des lèvres, oreilles tombantes…). Les conséquences oculaires sont importantes aussi, notamment la diminution du clignement des yeux et de la production lacrymale, qui entraînent un asséchement de la cornée et favorisent ainsi les ulcérations, les infections, voire les perforations dans le pire des cas. Ces lésions sont douloureuses et associées à un risque de perte de la vision.
Afin de mieux caractériser ces troubles oculaires, et d'améliorer leur identification et leur prise en charge, une étude rétrospective a été menée par une équipe espagnole (de l'Université autonome de Barcelone), laquelle en publie les résultats en libre accès dans Veterinary Ophthalmology.
Les cas inclus avaient été pris en charge dans le service d'ophtalmologie du centre hospitalier vétérinaire de l'Université, entre 2009 et 2023. Il s'agissait de cas d'affections du nerf facial confirmés, et ils avaient bénéficié a minima d'un examen ophtalmologique et neurologique complet, et d'examens complémentaires au besoin (une cytologie sur prélèvement de cornée par exemple).
Parmi les 74 chiens ainsi inclus, 10 présentaient une atteinte nerveuse bilatérale, ce qui totalise 84 yeux étudiés.
Ces chiens sont de divers âges (âge médian de 7,45 ans) et de divers sexes et statuts sexuels.
En matière de races, le bouledogue français est largement surreprésenté (20 cas soit 27 % de la cohorte), suivi des croisés (13,5 %), du golden retriever (6,6 %), du boxer (6,6 %), du bichon maltais (5,4 %).
Plus globalement, les chiens brachycéphales représentent près de la moitié des cas : 35 chiens soit 47 % et 40 yeux soit 48 %.
Les affections du nerf facial concernées sont majoritairement une paralysie (perte complète de la fonction motrice), associée à 53 yeux (63 %) ; une parésie (perte partielle de la fonction motrice) touchait 31 yeux (37 %).
Malgré les examens pratiqués (d'imagerie sophistiquée notamment) chez 46 chiens, la cause est restée indéterminée dans 15 % des cas (n=11), caractérisant une affection nerveuse idiopathique. Les autres principales causes sont iatrogéniques (la complication d'une chirurgie de l'oreille en particulier ; n=10 soit 13,5 %) ou auriculaires (otite moyenne ou interne, n=9 soit 12 %). Une méningoencéphalite d'origine indéterminée a été diagnostiquée chez 6 autres chiens (8 %), plus rarement un traumatisme (4 cas) ou une maladie métabolique (2 cas).
Dans les 28 autres cas, la cause était inconnue (non ou insuffisamment recherchée).
Les principales anomalies oculaires observées sont les suivantes :
Des maladies concomitantes ont également été souvent diagnostiquées (chez 46 chiens soit 62 %) dont certaines potentiellement en lien avec l'atteinte du nerf facial, en particulier des affections oculaires (otite, polype), vestibulaires (syndrome vestibulaire), neurologiques (polyneuropathie crânienne, épilepsie…).
Le traitement médical mis-en-œuvre était variable selon l'étiologie de l'affection et les signes présentés : antibiotiques, corticoïdes et/ou antiémétiques le plus souvent par voie générale, associés à divers traitements topiques (lubrifiants, antibiotiques, mydriatiques, AINS, immunomodulateurs…). Ce traitement vise ainsi surtout à protéger la surface de l'œil et à minimiser les complications.
Une intervention chirurgicale a été effectuée d'emblée à 23 % (19/84 yeux), une tarsorraphie par exemple ; et 2 yeux ont été énucléés. Cela illustre les limites de l'efficacité des traitements médicaux seuls.
D'autres chirurgies ont été pratiquées durant le suivi des chiens, en particulier de nouvelles énucléations (12 cas) au motif d'une aggravation de l'ulcération (perforation de la cornée), ce qui les porte à 14 cas au total, soit une proportion relativement élevée de 17 % des yeux.
Le suivi des chiens a montré une évolution souvent insatisfaisante, avec des lésions se révélant irréversibles. En effet, une récupération de la fonction du nerf facial (évaluée pour 63 yeux) n'a été observée qu'à 48 % (30/63) soit moins de la moitié, et complète pour 15 de ces yeux (partielle dans les 15 autres). Seuls le sexe du chien (femelle) et la latéralité de l'atteinte (gauche) étaient associés de manière significative, et assez étonnante, à une récupération favorable. Elle a tendance à l'être aussi pour les atteintes moins graves (parésie du nerf versus paralysie). Inversement, la tendance est négative lors d'affection neurologique ou systémique concomitante.
Le pronostic est également réservé pour les altérations oculaires (55 yeux suivis), avec une évolution satisfaisante (guérison clinique) pour 21 seulement. La rémission clinique est négativement associée à la perte de sensibilité de la cornée et à la présence d'une uvéite.
Les auteurs souhaitaient également évaluer l'influence de la conformation du crâne sur la prévalence et l'évolution de ces lésions oculaires. Ils avaient émis l'hypothèse qu'elles seraient plus graves et de moins bon pronostic chez les brachycéphales.
La cause de l'affection nerveuse est différente chez ces chiens (les atteintes idiopathiques, iatrogéniques et secondaires à une otite sont plus fréquentes), mais pas sa sévérité de manière significative. Et sur le plan oculaire, seule la kératite ulcérative est plus fréquente et plus grave (profonde) chez eux : la perte de sensibilité de la cornée et la baisse de production de larmes ne sont pas différemment affectées par comparaison aux autres chiens. La récupération fonctionnelle n'est pas significativement différente non plus.
Présentant plus souvent des kératites ulcératives dans ce contexte d'affection nerveuse – qui sont de moins bon pronostic –, l'évolution des lésions oculaires est indirectement moins bonne chez les brachycéphales ; parmi les 14 énucléations pratiquées, 9 concernent ces chiens.
D'une manière générale, les auteurs soulignent que les altérations de la cornée sont fréquentes dans les cas de paralysie/parésie du nerf facial, avec un risque élevé de complications et de lésions irréversibles. La préservation de la vision nécessite ainsi une prise en charge précoce. Un test de Schirmer sera donc a minima systématisé lors de la première consultation, puis dans le suivi de ces cas.
13 juillet 2026
5 min
10 juillet 2026
4 min
9 juillet 2026
4 min
8 juillet 2026
8 min
7 juillet 2026
4 min