11 mai 2026
3 min
Bienvenue sur LeFil.vet
L'accès au site web nécessite d'être identifié.
Merci de saisir vos identifiants de connexion.
Indiquez votre email dans le champ ci-dessous.
Vous recevrez un email avec vos identifiants de connexion.
12 mai 2026
Déclin cognitif chez les chats âgés : des biomarqueurs pour l'anticiper

Des signes cliniques de déclin cognitif sont rapportés chez 28 % des chats âgés de 11 à 14 ans et chez plus de 50 % de ceux âgés de 15 ans et plus. Les changements comportementaux peuvent parfois être si invalidants qu'ils conduisent à l'abandon ou à l'euthanasie de l'animal. Intervenir à un stade précoce pourrait pourtant permettre de ralentir l'évolution vers des dysfonctionnements plus graves.
Pour mieux détecter l'apparition d'un déclin cognitif, deux stratégies complémentaires peuvent être associées :
Avec l'âge, l'équilibre entre les cytokines pro-inflammatoires et anti-inflammatoires est en effet perturbé, les premières devenant prédominantes. Cette situation résulterait notamment du cumuls de facteurs de stress et d'épisodes inflammatoires récurrents au cours de la vie. Ce déséquilibre contribue à une inflammation chronique de faible intensité, aussi nommée inflamm'aging (voir LeFil du 7 février 2025).
La dérégulation de la réponse immunitaire liée à l'âge (immunosénescence) est la principale responsable des changements comportementaux classiquement observés chez les chats âgés : signes d'anxiété, désorientation, baisse de l'activité, léthargie, retrait social, altération de l'appétit et perturbations du cycle veille-sommeil.
En vue de proposer des outils aux vétérinaires pour les aider à reconnaître l'inflamm'aging à un stade précoce, avant que des dysfonctionnements plus graves ne se manifestent, une étude multicentrique a été menée à l'Université de Pennsylvanie (États-Unis). L'objectif était d'identifier des biomarqueurs permettant de prédire les changements comportementaux et cognitifs chez des chats âgés cliniquement sains.
Les critères d'inclusion dans l'étude exigeaient en effet que les chats soient cliniquement en bonne santé, et âgés d'au moins 7 ans. Ils ont été sélectionnés au cours d'examens vétérinaires de routine, et des analyses ont ensuite permis de vérifier l'absence de maladies sous-jacentes.
À la fin de la sélection, 90 chats ont été retenus : 51 femelles et 39 mâles, tous stérilisés, âgés de 7 à 16 ans (médiane de 9,3 ans.) La plupart d'entre eux (n=79) étaient de type européen.
Leur indice de condition corporelle (ICC) variait de 4 à 8 sur une échelle de 9 points ; la médiane était de 5,5, ce qui correspond à un embonpoint correct pour cette tranche d'âge.
Au final, le questionnaire comportemental Fe-BARQ a été rempli pour 82 chats, le FCDRC a pour 85 chats et les mesures des cytokines ont été effectuées chez 75 chats.
Les résultats de l'étude suggèrent que, même en l'absence de troubles cliniques évidents chez des chats vieillissants, des changements cognitifs peuvent être associés avec un état d'inflammation chronique. L'analyse des réponses au FCDRC a révélé que le cycle veille-sommeil, l'anxiété, l'activité, la malpropreté et les interactions sociales sont significativement associés à des marqueurs sanguins spécifiques, ainsi qu'à l'ICC.
Un lien entre inflammation et anxiété a déjà été mis en évidence chez plusieurs espèces. Lorsque la réponse inflammatoire est bien équilibrée, les cytokines peuvent moduler les circuits impliqués dans la régulation de l'anxiété, tandis que l'anxiété elle-même favorise la survie, en augmentant la vigilance et en favorisant les réponses aux menaces potentielles.
Une autre étude récente (2025), utilisant le questionnaire Fe-BARQ, avait déjà mis en évidence une association entre des maladies inflammatoires chroniques et des comportements anxieux chez des chats en bonne santé, dont l'âge moyen était de 8 ans. Les comportements observés incluaient un toilettage excessif, une peur accrue de la nouveauté et une demande accrue d'attention.
Cette nouvelle étude est la première à établir un lien direct entre l'ICC et les changements cognitifs. Cet indice est effectivement directement associé à quatre des cinq variables indépendantes du FCDRC : une augmentation d'une unité d'ICC entraîne une probabilité accrue de 36 % de troubles du cycle veille-sommeil, de 35 % de troubles anxieux, de 21 % d'altérations du comportement social, et de 22 % de malpropreté.
Ces observations pourraient être partiellement reliées à l'inflamm'aging puisqu'une association positive entre l'ICC et une inflammation chronique de faible intensité a déjà été documentée chez le chat. Le tissu adipeux blanc favorise la production de médiateurs pro-inflammatoires et induit une lipotoxicité par le biais des adipokines, augmentant ainsi le risque de comorbidités inflammatoires chez les individus en surpoids.
Comme l'ICC peut être facilement surveillé par les propriétaires de chats, il semble essentiel que les vétérinaires les sensibilisent à l'importance de maintenir leur chat en bon état corporel, puisque cela peut contribuer à prévenir ou à retarder l'apparition d'un déclin cognitif.
Le suivi régulier de plusieurs marqueurs biologiques pourrait donc aider à détecter précocement le déclin cognitif chez le chat, une étape indispensable avant de proposer la mise en place de mesures de soutien chez les animaux âgés.
Les cytokines font l'objet d'études de plus en plus nombreuses, mais leurs taux fluctuent considérablement en fonction du stress, de l'alimentation et des rythmes circadiens. Ces molécules ne font donc généralement pas l'objet d'un suivi en pratique clinique.
Les résultats de cette étude suggèrent en revanche que la surveillance régulière des biomarqueurs utilisés lors des visites de routine (ALAT, PAL, créatinine, albumine, globulines, et surtout ICC) pourrait être utile pour repérer l'inflamm'aging et anticiper le vieillissement cérébral des chats. Tous ces paramètres seront confrontés à l'évaluation de la fonction cognitive des animaux. Des changements comportementaux précoces, souvent subtils, peuvent en effet être associés à une inflammation chronique.
11 mai 2026
3 min
7 mai 2026
4 min
6 mai 2026
3 min
5 mai 2026
5 min
4 mai 2026
3 min