2 février 2026
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Au cours des dernières décennies, les changements climatiques et environnementaux ont favorisé l'activité et la dispersion des tiques en Europe. Protéger les animaux de compagnie contre ces parasites et les maladies qu'ils transmettent nécessite la détection précoce des tiques après leur fixation sur l'hôte. Pour certains propriétaires réticents à utiliser des produits acaricides, c'est même le seul moyen de contrôle de l'infestation.
Connaître les sites de fixation privilégiés par les tiques et les facteurs pouvant influencer leur localisation peut donc augmenter l'efficacité du dépistage.
C'est ainsi pour évaluer les sites d'attachement des tiques le plus fréquemment collectées et améliorer les connaissances sur le risque d'exposition des carnivores domestiques à ces parasites en Europe qu'une étude à grande échelle a été réalisée entre 2020 et 2021.
Des tiques ont été collectées sur des chiens et des chats présentés dans 219 cliniques vétérinaires allemandes et autrichiennes. Au total, 18 292 tiques ont été extraites : 10 287 provenaient de 6 335 chiens et 8 005 de 4 248 chats.
Ixodes ricinus est l'espèce la plus souvent identifiée chez les chiens comme chez les chats, suivie de Dermacentor reticulatus chez le chien et I. hexagonus/I. canisuga chez le chat. D'autres espèces ont été identifiées mais n'ont pas été incluses dans l'évaluation des facteurs de risque.
Parmi les facteurs de risque d'infestation, sans surprise, l'infestation par de multiples tiques est beaucoup moins fréquente chez les chiens et chats vivant en milieu urbain que chez ceux vivant en milieu rural.
Les chiens de grand et très grand format sont nettement plus souvent infestés par plusieurs tiques que les chiens de petite taille. Le caractère « oreilles tombantes » augmente aussi le risque d'infestation multiple.
En revanche, aucune influence significative de la longueur du pelage des chiens n'a été mise en évidence dans cette étude, même si la densité du sous-poil peut être considérée comme un facteur probable de risque. Les chiens à poil long sont sans doute toilettés plus fréquemment que les autres, ce qui favoriserait la détection précoce des tiques par les propriétaires.
Une durée plus longue de gorgement (> 48 heures) a été constatée pour les tiques provenant de chiens âgés, par rapport à celles collectées chez de jeunes adultes. La durée de gorgement est aussi plus longue chez les tiques provenant de chiens de travail et d'utilité, qui passent probablement plus de temps à l'extérieur et ayant moins de contacts avec leur propriétaire. Ces chiens sont donc particulièrement à risque vis-à-vis des maladies vectorielles.
Contrairement au chien, les chats de grande taille sont significativement moins souvent infestés par plusieurs tiques que les individus de petit format. Mais l'infestation multiple est plus fréquente chez les chats à poil long.
Les infestations multiples deviennent significativement moins fréquentes avec l'âge, et comme pour les chiens, la probabilité d'un temps de gorgement supérieur à 48 heures est plus élevée pour les tiques provenant de chats âgés.
En matière de localisation des parasites, importante pour l'inspection de l'animal, l'étude montre que la plupart se concentre sur la tête et le cou des chiens et des chats, bien que d'autres localisations soient possibles.
Cependant, les tiques ont été collectées lors d'examens vétérinaires et celles précédemment retirées par les propriétaires n'ont pas été incluses. Les données de localisation sont donc probablement biaisées ; elles correspondent visiblement à des zones où les tiques passent plus souvent inaperçues pour les propriétaires.
La majorité des tiques I. ricinus collectées sur des chiens (de loin les plus nombreuses par rapport aux autres espèces identifiées) ont été trouvées sur la tête (à 35,3 %), dont 28,9 % sur les oreilles. Les principaux autres lieux de fixation sont la croupe (24,3 %), le cou (20,7 %) et les extrémités (18,6 %). Le site de fixation dépend quand même du stade de développement de la tique : si les parasites adultes sont principalement prélevés sur la tête, les stades immatures sont fixés à la tête et aux antérieurs dans des proportions presque égales.
La distribution globale varie pour D. reticulatus : la plupart ont été collectées sur la croupe (33,3 %), 28,0 % sur le cou et 25,3 % sur les extrémités. Seuls 10,3 % des spécimens de D. reticulatus collectés se trouvaient sur la tête (dont 40,5 % sur les oreilles), tandis que d'autres tiques étaient fixées sur la queue, la région anogénitale et d'autres parties du corps.
La biologie comparée des tiques indique que la recherche d'un hôte a lieu à une hauteur moyenne de 55 cm dans le cas d'I. ricinus, et de 66 cm dans le cas de D. reticulatus. Comme les chiens ont souvent la tête plus basse que le dos lorsqu'ils reniflent, cela pourrait expliquer pourquoi la tête est une zone de prédilection pour I. ricinus, alors que la croupe est préférée par D. reticulatus.
I. ricinus et I. hexagonus/I. canisuga sont les tiques le plus fréquemment identifiées chez les chats mais, toutes espèces de tiques confondues, la plupart ont été collectées au niveau du cou (44,8 %) puis de la tête (32,9 %, dont 39,7 % sur les oreilles). La tête des chats est le premier site de contact avec les nids des hérissons, principaux hôtes d'I. hexagonus, ce qui pourrait expliquer cette prédilection pour cette zone.
Les tiques adultes ont été principalement collectées sur le cou (à 46,1 %), tandis que les stades immatures (nymphes et larves) étaient principalement localisés au niveau des oreilles (25,0 %) et d'autres parties de la tête (27,8 %).
Seuls quelques spécimens de D. reticulatus ont été collectés sur des chats : ces tiques étaient principalement fixées sur le cou (37,5 %), les extrémités (20,8 %), la tête (22,9 %), la croupe (14,6 %), plus rarement sur d'autres parties du corps (4,2 %).
Connaître les facteurs qui peuvent augmenter le risque d'infestations multiples par les tiques (ou leur durée de gorgement) peut aider les propriétaires à améliorer la prévention. En sachant où rechercher les tiques en priorité, sans négliger la tête ni le cou, les propriétaires auront plus de chances de contribuer à l'élimination précoce de ces parasites, ce qui réduira le risque de transmission d'agents pathogènes.
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