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19 août 2026
Diabète sucré félin : laisser au propriétaire un éventail d'options thérapeutiques possibles

Lorsqu'un diabète sucré est diagnostiqué chez un chat, 10 % des propriétaires préfèrent demander l'euthanasie plutôt que de tenter un traitement. Ces demandes sont notamment motivées par l'appréhension de devoir faire des injections, par le coût du traitement, l'importance du suivi, mais aussi du fait de l'inquiétude concernant le bien-être de l'animal (voir aussi LeFil du 1er juillet 2025). Nombre de chiens diabétiques subissent le même sort (voir LeFil du 14 août dernier).
Au cours des 12 mois qui suivent le diagnostic, 10 % des chats traités sont également euthanasiés ; la présence d'une maladie concomitante (maladie rénale chronique, tumeur…), l'âge avancé du chat, les difficultés d'observance du traitement et les répercussions sur la qualité de vie du propriétaire viennent s'ajouter aux raisons de l'euthanasie immédiate.
Une bonne connaissance des coûts et de la disponibilité des traitements destinés aux chats diabétiques permet au vétérinaire d'en discuter avec les propriétaires, et de leur expliquer qu'il existe plusieurs manières de prendre en charge le diabète félin. Un entretien approfondi est de toute façon essentiel pour identifier leurs objectifs et leurs capacités.
Une équipe australo-américaine a formulé des propositions concrètes pour répondre aux préoccupations (légitimes) des propriétaires et ainsi réduire le taux d'euthanasie des chats diabétiques. Elles sont publiées en libre accès dans le JFMS. Dans de nombreux cas, les protocoles de traitement et de suivi peuvent en effet être adaptés aux contraintes budgétaires et quotidiennes des propriétaires, sans nuire à la santé du chat.
Globalement, selon que la synthèse d'insuline endogène est suffisante ou non pour prévenir l'acidocétose, et selon les préférences des propriétaires, trois stratégies thérapeutiques peuvent être envisagées pour traiter un cas de diabète félin.
Lors de prédiabète ou de diabète subclinique (lorsque la glycémie est comprise entre 7 et 10 mmol/l soit 126 à 180 mg/dl), une transition vers une alimentation humide pauvre en glucides (< 2 g/100 kcal) et le retour à une condition corporelle satisfaisante seront préconisés en première intention pour tenter d'obtenir une rémission du diabète. La perte de poids réduit la résistance à l'insuline mais l'obtention d'un poids correct peut demander 6 à 12 mois : le taux d'échec est alors élevé, sauf si un suivi vétérinaire régulier de la perte de poids est accepté par le propriétaire.
Si la dysglycémie ne répond pas au régime hypoglucidique, un traitement hebdomadaire par un agoniste du récepteur du peptide 1 similaire au glucagon (GLP-1) peut être envisagé (hors AMM dans cette indication). Chez le chat, ce type de médicament augmente la sécrétion d'insuline et peut favoriser la perte de poids.
Dans tous les cas, et même chez les chats ne recevant aucun médicament, il est recommandé de surveiller régulièrement la glycémie à domicile, afin de détecter toute aggravation de la dysglycémie. Un examen vétérinaire sera justifié en cas de changement de comportement, de perte de poids involontaire ou de modifications de la prise de boisson ou de l'émission des urines, car une acidocétose diabétique (ACD) peut se développer rapidement.
Que le diabète soit au stade préclinique ou clinique, il est possible de compléter les préconisations nutritionnelles par l'administration d'un inhibiteur des transporteurs du glucose au niveau rénal (iSGLT2). Ces médicaments, tels que les glifozines, peuvent être prescrits chez les chats cliniquement stables et présentant un bon appétit.
En France, la commercialisation récente de la vélagliflozine (par Boehringer Ingelheim), qui s'administre oralement, pourrait contribuer à réduire les réticences de certains propriétaires à traiter leur chat diabétique.
Chez la plupart des chats, les iSGLT2 normalisent la glycémie en 1 à 7 jours, avec une faible variabilité glycémique et un risque minimal d'hypoglycémie. Selon les résultats d'une étude du laboratoire ayant comparé les effets de la vélagliflozine et de l'insuline lente porcine sur des chats diabétiques, les taux respectifs de réussite thérapeutique globale s'établissent à 54 % et 42 %, respectivement.
Chez le patient humain diabétique, associer un régime pauvre en glucides à un iSGLT2 augmente le risque d'ACD. Le métabolisme glucidique du chat est différent de celui de l'homme, mais par précaution, il est conseillé de traiter le chat avec un iSGLT2 pendant au moins deux semaines avant de modifier le régime alimentaire.
Pendant cette période, la réponse au traitement sera surveillée de près, notamment via la cétonémie ou la cétonurie, le suivi du poids corporel et l'évolution de la glycémie. Bien que rare, le développement d'une acidocétose euglycémique indique que le chat ne produit pas assez d'insuline endogène pour inhiber la formation de cétones ; une insulinothérapie se révèle alors nécessaire.
En l'absence d'ACD, le protocole de suivi d'un traitement par un iSGLT2 est généralement moins exigeant que celui d'une insulinothérapie, un critère apprécié par de nombreux propriétaires.
L'insulinothérapie (avec une insuline glargine, une insuline protamine-zinc ou une insuline porcine lente) est indiquée pour les chats présentant un diabète clinique, surtout s'il s'accompagne d'une ACD, d'une perte d'appétit, d'une léthargie ou d'autres signes généraux.
Dans les cas nouvellement diagnostiqués où l'objectif visé par les propriétaires est d'obtenir une rémission du diabète, l'insulinothérapie sera aussi davantage indiquée, pour contrôler la glycémie de manière stricte. Il faut cependant que les propriétaires soient capables de réaliser des injections sous-cutanées (le cas échéant, les stylos injecteurs sont souvent plus faciles à utiliser qu'une seringue avec une aiguille), et d'assurer un suivi attentif de la glycémie à domicile, malgré les difficultés techniques rencontrées et la disponibilité que cela exige.
Certaines formes d'insuline peuvent aussi se révéler moins coûteuses qu'un iSGLT2 et ainsi répondre aux préoccupations financières du propriétaire. Il n'existe actuellement aucune donnée probante permettant d'affirmer qu'une formulation d'insuline produise de meilleurs résultats à long terme qu'une autre ; le choix peut donc se porter vers la plus économique.
L'intensité de la surveillance des chats traités par insuline dépend du contrôle glycémique souhaité. Cette surveillance peut s'appuyer sur les seuls signes cliniques lorsque la rémission n'est pas l'objectif visé ; en revanche, des contrôles plus étroits sont nécessaires si la cible est une glycémie plus basse.
Le niveau de glycémie visé chez un chat diabétique ne doit pas être trop bas (entre 150 et 400 mg/dl, soit 8 à 22 mmol/l) chez les individus présentant des comorbidités entraînant une perte d'appétit et des vomissements, car ils sont exposés à un risque accru d'hypoglycémie. Il en est de même pour les chats dont l'espérance de vie est limitée, ou ceux qui présentent des antécédents d'hypoglycémie récurrente.
Quel que soit le mode de traitement d'un chat diabétique, le contrôle glycémique doit toujours être évalué à la lumière des signes cliniques.
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