5 novembre 2026
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Il faudra encore un peu de patience avant d'en disposer : deux médicaments, l'un pour les chiens, l'autre pour les bovins, ont bénéficié d'un avis favorable du CVMP (le comité vétérinaire de l'Agence européenne du médicament) pour l'obtention d'une autorisation de mise sur le marché (AMM).
Le CVMP se réunit une fois par mois. Et c'est à sa dernière réunion, tenue du 6 au 8 octobre, que ces avis ont été émis. La suite de la procédure prévoit donc l'obtention d'une AMM par décision de la Commission européenne (suivant une procédure centralisée, c'est-à-dire valable dans l'UE). Ensuite seulement, les vétérinaires auront accès aux produits, s'ils sont commercialisés dans leur pays.
Car c'est le laboratoire espagnol EquiCord S.L. qui a développé Stemyca°, médicament à base de cellules souches destiné aux cas d'entéropathies inflammatoires chroniques du chien. EquiCord est spécialisé dans ce type de médicaments. On lui doit Horstem° et Dogstem° (distribué par Dômes Pharma), indiqués contre l'arthrose des chevaux et des chiens, respectivement.
Stemyca° contient des cellules souches mésenchymateuses d'origine équine (cellules prélevées dans le cordon ombilical). Il sera indiqué pour la « réduction des signes cliniques de l'entéropathie inflammatoire chronique ne répondant pas au changement d'alimentation » chez les chiens.
Il représente ainsi un traitement inédit pour cette affection. La transplantation de microbiote fécal (TMF) est une autre technique en plein essor, mais dont la mise en œuvre reste exigeante.
Dans son avis motivé, le CVMP indique que Stemyca° est un médicament vétérinaire « anti-inflammatoire à visée intestinale ». Les cellules souches agiraient via la sécrétion de prostaglandines ainsi que via leurs propriétés immunomodulatrices et anti-inflammatoires (démontrées in vitro).
Le CVMP précise aussi qu'aucun effet indésirable n'a été observé chez les chiens traités, ni à la dose recommandée, ni à double dose. Il conclut à une balance bénéfices/risques favorable.
Le CVMP a octroyé un autre avis favorable, pour le vaccin Bovilis° Lumpyvac du laboratoire MSD Santé Animale. Ce vaccin protège contre la dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNC), dont l'entrée en Europe, et particulièrement en France, a occasionné il y a quelques mois une crise profonde.
MSD avait déjà obtenu une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) le 28 juillet 2025 pour Bovilis° Lumpyvac-E, l'un des deux vaccins utilisés pour la vaccination d'urgence des bovins en 2025 (voir LeFil du 24 juillet puis du 9 octobre 2025).
Le nouveau vaccin bénéficiera d'une AMM « sous circonstances exceptionnelles », une procédure qui concerne généralement les pathologies rares. Elle est accordée sous réserve du respect d'obligations spécifiques concernant la sécurité du médicament, mais prévoit l'impossibilité du demandeur à fournir des renseignements complets sur l'efficacité et la sécurité du médicament dans les conditions normales d'emploi. Le maintien de l'AMM est soumis à réévaluation annuelle de ces obligations et de leur respect par le titulaire.
Dans son communiqué du 9 octobre, le CVMP précise que cette AMM « sous circonstances exceptionnelles » vise à garantir la disponibilité rapide du produit dans toute l'Europe. Outre les données habituelles exigées dans un dossier d'AMM, l'évaluation du vaccin a également reposé sur « les données issues de l'utilisation du vaccin en conditions de terrain ».
Ce vaccin injectable est composé d'une souche vivante atténuée du virus de la DNC (souche Neethling). Il réduit les signes cliniques de la maladie ainsi que la virémie. La protection débute trois semaines après la vaccination et se prolonge pendant un an.
La tolérance est bonne, avec des effets indésirables « peu fréquents » (chez 0,1 à 1 % des bovins vaccinés) et relativement bénins : œdème local au point d'injection, baisse de la production laitière et anorexie. Son innocuité pour les personnes qui l'administrent et pour l'environnement a également été démontrée.
La situation au regard de la DNC s'étant stabilisée, on ne peut qu'espérer qu'il ne soit plus utilisé dans un cadre d'urgence.
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