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10 mars 2026
Un chien détériore autant, voire plus, la qualité de l'air intérieur d'une habitation qu'un humain

Certes, ils peuvent avoir des tailles très différentes. Pourtant, du chihuahua au mastiff, les chiens contribuent à la détérioration de l'air intérieur de l'habitation de manière mesurable, et pouvant être jusqu'à 15 fois plus importante qu'un humain, selon les polluants ou contaminants considérés… C'est le résultat d'une étude conduite par de nombreux scientifiques, chimistes et chercheurs en architecture européens, qui visait à évaluer en quoi les animaux de compagnie contribuent à la qualité de l'air intérieur – et donc à évaluer si la banalité de posséder un chien impliquait de revoir les normes de ventilation des logements.
Pour leur essai, les auteurs ont utilisé une enceinte climatique de précision de 62 m3, avec une ventilation renouvelant la totalité de l'air en 1h44, selon une température et une hygrométrie constantes (24° C et 50 %, respectivement). La pièce contenait une table et une chaise (pour le maître de l'animal). Pour prendre en compte l'éventail de taille des races canines, les expériences ont été conduites avec des couples propriétaire animal : 4 chihuahuas, 1 mastiff, 1 Terre-Neuve et 1 mastiff tibétain. La seule contrainte était que l'animal n'ait pas été lavé pendant la semaine précédant l'expérience, mais que le maître se soit douché la veille, en n'utilisant pas de savon/shampooing parfumé. Une demi-heure avant d'entrer dans l'enceinte, ils se changeaient (short et T-shirt propres fournis par les expérimentateurs).
Chaque couple maître-chien réalisait deux sessions de 2 h chacune, l'une le matin (pas d'ozone ajoutée, 2 ppb) et l'autre l'après-midi (ozone ajoutée, 28 ppb). « Lors de chaque session, le propriétaire s'asseyait sur la chaise et encourageait le chien à rester calme. Toutes les 30 minutes, il interagissait avec lui pendant 15 minutes, simulant des comportements quotidiens typiques, avant de le calmer à nouveau. Pendant ces interactions, le propriétaire devait promener le chien pendant environ 3 à 4 minutes, suivies d'environ 3 minutes de caresses ». Pour disposer d'un témoin, les maîtres avaient deux sessions (à chaque concentration en ozone) d'une heure seuls, avec des phases d'activité. Pendant ces sessions, ont été mesurées les teneurs en CO2, NH3, composés organiques volatils (VOCs), en aérosols de nanoparticules, en particules de 1 à 10 µm de diamètre, en particules fluorescentes ainsi qu'en bactéries et en éléments fongiques.
Les humains émettent du CO2 et des VOCs par leur respiration, et du NH3 via la peau. Lorsqu'ils sont présents dans l'enceinte avec le chien, la concentration en CO2 et augmentent de manière très significative par rapport à la présence de l'humain seul (pour le CO2, p=10-4 pour les petits chiens et p=10-8 pour les gros chiens ; pour le NH3, p=10-4 pour les petits chiens et p=10-11 pour les gros chiens). Et dans les deux cas, les niveaux d'émissions liés aux chiens sont du même ordre de grandeur que celles des humains, même pour les chihuahuas, et sont liés au métabolisme des sujets. Pour les VOCs, avec un niveau basal d'ozone, les petits chiens émettent 4 composés majoritaires et les grands chiens 10, et dans les deux cas à des niveaux supérieurs à ceux des humains (x 15 pour un composé suspecté d'être de l'acide valérique, chez les grands chiens). En présence d'ozone, les quantités et la diversité des VOCs émis par les chiens augmente, mais dans une moindre mesure par rapport aux humains.
Quelle que soit leur taille, les chiens étaient des sources importantes de particules fines de 1 à 10 μm de diamètre, avec des taux d'émission par chien supérieurs à la moyenne de leurs propriétaires (p=10-12 pour les petits chiens et p=10-5 pour les grands chiens). Les petits chiens émettaient plus de particules fines que les grands (et les humains), en lien avec leur activité physique plus importante (moins calmes). Et parmi ces particules, ce sont celles de 5 à 10 µm de diamètre qui dominent pour les chiens. Les auteurs préviennent donc que l'air respiré par les maîtres peut être régulièrement contaminé par ces particules, qui sont donc inhalées (de plus, en se redéposant sur les objets/surfaces, elles peuvent être sources d'exposition indirecte).
La quantification (par PCR) de la charge microbienne de ces particules montre que :
Toutefois, ces résultats ne peuvent être interprétés comme liés à un risque sanitaire ; ils montrent simplement que « les chiens, comme les humains, émettent des polluants, à la fois par voie endogène (processus métaboliques) et exogènes (transport sur leur fourrure) ». Ainsi, « les animaux domestiques, en particulier les chiens, doivent être considérés comme des contributeurs importants et dynamiques à la composition de l'air intérieur, avec des conséquences potentielles sur la santé ». Et de finir avec une adresse aux architectes : « cela suggère que les normes de qualité de l'air intérieur, la conception de la ventilation des bâtiments et les stratégies plus générales de contrôle environnemental devraient explicitement prendre en compte les animaux domestiques en tant que sources actives d'émissions dans les espaces occupés », vu que plus de la moitié des Français possède un chien et/ou un chat…
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