17 juillet 2026
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Selon le pathogène transmis par la tique, l'infection de l'hôte ne se passera pas au même moment, par rapport au début de la morsure, et certains sont transmis dès le début. C'est la conclusion d'une étude réalisée en conditions expérimentales avec deux espèces de tiques importantes en France, et dirigiée par des chercheurs de Boehringer Ingelheim.
Les membres de cette équipe internationale ont travaillé sur trois couples majeurs tique/pathogène :
Bien que les auteurs ciblent des couples pertinents pour l'espèce canine, les deux derniers pathogènes sont également zoonotiques.
Pour déterminer la « vitesse de transmission », c'est-à-dire le moment où le pathogène transmis par la morsure de tique est détectable chez l'hôte, ils ont utilisé un même modèle expérimental dans les trois cas. Pour obtenir des tiques capables de transmettre chaque pathogène, des nymphes de chaque espèce, élevées en laboratoire, ont été gorgées sur des animaux infectés expérimentalement par l'un ou l'autre de ces agents.
Pour l'évaluation de la transmission, une chambre contenant des tiques avait pour plafond une membrane (associant du boyau de bœuf, une membrane de silicone et des poils de chien) au-dessus duquel circulait du sang (de bovin ou de chien), citraté ou hépariné, chauffé à 37°C. Les tiques se fixaient au plafond de leur chambre, et toutes les 3 heures, le sang circulant au-dessus de la membrane était prélevé pour analyse PCR, afin d'évaluer la diffusion du pathogène au-delà du site de la morsure. Dans le cas de B. burgdorferi, en plus, les auteurs écouvillonnaient régulièrement la face externe (exposée au sang) de cette membrane pour détection du pathogène par PCR. L'écouvillonnage détache du sang adhérent à la membrane, ce qui permet d'évaluer une transmission locale. Chaque expérience a été réalisée en 4 à 6 réplicats. Les auteurs préviennent que la détection n'est pas forcément synonyme de transmission : la dose minimale infectieuse pour le chien de chacun des pathogènes n'est pas connue et seule la première détection en PCR est prise ici en compte.
Une fois introduites dans la chambre, les auteurs observent qu'il faut 3 heures aux premières tiques pour se fixer à la membrane. Le taux de fixation est maximal (90 % des tiques introduites) à 57 heures de leur entrée dans la chambre.
Pour E. canis, le premier résultat positif dans le sang a été obtenu à 6 heures de la première fixation de tique : la transmission se fait donc entre 3 et 6 heures après la morsure. Pour A. phagocytophilum, la première détection a lieu à 15 heures de la première fixation, donc une transmission se produisant entre 12 et 15 heures après la fixation de la tique. Les auteurs s'en remettent, pour prévenir ces infections à transmission plus rapide que la maladie de Lyme, à « des acaricides répulsifs, qui bloquent le gorgement, ou tuent rapidement les tiques ». Enfin, pour l'agent de la maladie de Lyme, les auteurs distinguent la détection locale (3 heures après la première fixation) et dans le sang (45 heures après la première fixation). Ce qui pourrait correspondre au fait que « les spirochètes restent dans la peau du chien avant de rejoindre la circulation ».
Pour les auteurs, ces résultats valident le dispositif expérimental utilisé. Ils sont cohérents avec ceux publiés dans d'autres essais. Aussi estiment-ils intéressant de réaliser les essais dans le même dispositif expérimental pour Babesia canis.
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