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31 juillet 2026
C'est confirmé ! Le gigantisme des chiens est délétère pour leur santé et leur longévité

Comme souvent, l'excès nuit à la santé. Initialement, les très grands chiens ont été sélectionnés à titre fonctionnel, comme chien de garde, de berger, de trait, de combat… Ce n'est que plus récemment qu'ils ont suscité un engouement comme chiens de compagnie, avec une sélection tenant moins compte de leur robustesse (bonne santé, longévité), jusque-là préservée, au profit de l'esthétisme et la taille, toujours plus haute.
Ce gigantisme est effectivement associé à une prédisposition à certaines maladies, notamment les tumeurs ou les troubles de l'appareil locomoteur, ce qu'une nouvelle étude épidémiologique menée dans le cadre du programme VetCompass vient confirmer. Les auteurs britanniques de ces travaux, publiés en libre accès, alertent sur les conséquences en matière de bien-être animal.
Conformément au protocole suivi pour les autres études de ce type, les dossiers médicaux des chiens vus en consultation sur une année (2019), dans les cliniques vétérinaires généralistes participant au programme, ont été analysés rétrospectivement.
Ces plus de 2,5 millions de chiens ont été classés par races, parmi lesquelles 29 ont été identifiées comme géantes, puis considérées comme des molosses (le danois par exemple) ou non (le lévrier irlandais par exemple).
Au total, environ 28 300 chiens géants ont ainsi été recensés, ce qui représente 1,26 % de la population canine générale. La proportion de ces chiens reste donc limitée, et relativement stable dans le temps (au vu de leurs dates de naissance). L'attirance du grand public pour ces races est bien inférieure à celle pour les brachycéphales.
Les 5 races les plus fréquentes sont :
Les chiens de cette cohorte sont de divers sexes et âges (4,32 ans en médiane).
Ils sont évidemment lourds, avec un poids médian de 48,8 kg. Toutefois, les poids varient selon les races, les plus légers étant les kuvasz hongrois (31,4 kg en médiane) et les plus lourds les saint-bernards (65,1 kg). Sans surprise, les mâles sont significativement plus lourds que les femelles (52,4 contre 45, kg en médiane). Et les molosses le sont aussi par comparaison aux non-molosses (55,0 contre 41,3 kg).
Une sélection de 4316 dossiers médicaux a été analysée plus précisément, afin d'identifier les troubles de santé touchant préférentiellement ces chiens. Les trois quarts d'entre eux (74 %) présentaient au moins une affection en 2019 (préexistante ou nouvellement diagnostiquée). Les autres ont été pris en charge pour des soins préventifs comme une vaccination ou une stérilisation.
Ce taux de 74 % est plus élevé que celui observé dans la population canine générale, estimé antérieurement à 66 % suivant un protocole d'étude similaire. Les auteurs soulignent toutefois que le format de ces chiens peut freiner la réalisation de certains soins de prévention (au vu du coût), ce qui constitue un biais et limite l'interprétation de cette différence.
Les deux affections les plus fréquentes sont les otites externes (avec une prévalence annuelle de 8,16 %) et un surpoids ou une obésité (prévalence de 8,02 %).
Les chiennes sont significativement plus à risque d'incontinence urinaire et de rupture du ligament croisé antérieur ; les chiens mâles sont davantage sujets aux pyodermites, au prurit et aux complications postopératoires.
Les affections ont été regroupées par systèmes ou organes. Et les principaux groupes touchant ces chiens sont :
Les chiennes ont une plus grande probabilité d'être atteintes d'affections du système urinaire et de maladies tumorales ; les chiens mâles sont plus souvent concernés par les affections dermatologiques et digestives.
Les prévalences des maladies sont variables, pour nombre d'entre elles, selon l'âge du chien. Les variations sont moins répandues, en revanche, selon la morphologie molossoïde ou non.
Les troubles du comportement sont donc fréquents ; et en particulier, la prévalence annuelle de l'agressivité atteint 5,56 %. Cette agressivité est le troisième type de troubles recensé (derrière les otites et l'obésité, donc). Et les chiens mâles sont significativement plus à risque.
L'agressivité concerne nombre de chiens indépendamment de leur race. Mais sa prévalence est plus faible dans la population canine générale (estimée antérieurement à 2,24 %). Et les conséquences sont potentiellement plus graves s'agissant de chiens de grand format. Les auteurs soulignent toutefois un potentiel biais, relatif à l'apparence perçue subjectivement comme agressive de ces chiens au regard de leur morphologie.
Parmi cet échantillon de chiens, 1068 avaient décédé dans l'intervalle, à un âge moyen de 8,94 ans, ce qui est court : l'espérance de vie des chiens toutes races confondues est d'environ 12 ans.
Les chiennes vivent significativement un peu plus longtemps que les chiens mâles, soit 9,31 ans en moyenne versus 8,49 ans.
Le dogue du Tibet présente une espérance de vie particulièrement courte – avec un décès à l'âge moyen de 4,77 ans – et, inversement, le terrier noir russe vit 12,7 ans en moyenne. Les molosses vivent aussi moins longtemps (décès à 8,42 ans contre 9,97 pour les autres races), mais ils sont généralement de plus grand format (comme l'atteste leur différence de poids par comparaison aux autres races géantes).
Les principales causes de décès, lorsque renseignées, sont les maladies tumorales (12,4 % des cas), un collapsus (9,5 %) ou un trouble cardiaque (4,1 %).
Si la répartition des maladies les plus fréquentes chez les races géantes ne diffère que peu par comparaison à la population canine générale, la prévalence globale des troubles de santé apparaît, en revanche, plus élevée, et l'espérance de vie de ces chiens est très raccourcie. Leur croissance rapide entraînerait un plus grand stress oxydatif au jeune âge, prédisposant à certaines maladies et accélérant la survenue d'affections dégénératives. La taille de ces chiens influencerait aussi leur alimentation et leur exercice physique.
Pour préserver le bien-être de ces chiens, les auteurs proposent d'imposer davantage de limites dans les standards de race, et de les harmoniser sur le plan international.
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